5 choses auxquelles on a pensé en découvrant le nouvel album de Gorillaz

The Now Now

Quand un nouvel album de Gorillaz sort, c’est un peu comme quand un nouveau film de Disney sort. Au-delà de l’aspect cartoon du projet, il faut mentionner aussi la capacité à Damon Albarn de créer un univers lyrique unique et engageant. Alors, est-ce que The Now Now a de la graine de blockbuster? C’est ce que je vais tenter d’élucider en 5 points.

1

Je me sens tout de suite plus interpellé que par leur opus précédent, Humanz, sorti d’ailleurs il y a à peine 4 mois. La raison? Les textures chatoyantes des éléments percussifs. Throwback à l’époque de l’opus Plastic Beach, un album que j’ai découvert à ma piscine intérieure de quartier. Les deux albums ont cette même qualité : ils sonnent à merveille dans des vestiaires humides.

2

The Now Now n’arbore cependant pas la même chaleur que Plastic Beach. On est ici en présence d’un objet à forte tendance électro, même que ça sent le dancefloor album (Confessions on a Dancefloor de Madonna, vous connaissez? [oui oui je compare du Gorillaz à du Madonna]) avec un milieu moelleux (la tendre pièce Idaho). Le ton de l’album est ultra concis. On n’est pas dans un film de Disney en noir et blanc, mais on n’est pas loin. Les teintes sont bleutées, à l’image des fonds marins de la Petite Sirène (sous le sparkle d’une boule disco).

3

Damon Albarn a toujours marché sur une certaine corde raide avec son projet virtuel. Comment aborder l’épuisement, le cynisme, la déconfiture, sans soi-même sonner fatiguant? On dirait qu’un bon album de Gorillaz en est un en équilibre entre l’acide des propos et le sucré de la musique. Demon Dayz en est un parfait exemple. The Now Now, sauf pour quelques exceptions (Kansas, Idaho, Magic City) sonne plutôt blasé. Si vous voulez avoir un exemple récent et captivant de cette acrobatie, écoutez le featuring d’Albarn sur le dernier album de Kali Uchis (la chanson In my Dreams).

4

Tous les albums de Gorillaz sont hautement collaboratifs. The Now Now fait presque exception. Seulement deux ou trois amis. On retrouve notamment la légende de la guitare jazz/funk/disco Georges Benson, prenant juste assez de place sur le morceau d’ouverture. Snoop Dogg se permet un rap bien old school sur Hollywood, une track qui se veut une « grosse » track mais qui à mes oreilles sonne comme du Shamir trop sophistiqué.

5

En définitive, The Now Now n’a pas le gallon d’un grand album. Il n’est pas désagréable non plus. C’est qu’il n’éveille tout simplement pas les passions. Si cette œuvre était un film de Disney, on parlerait ici d’un « direct to video », la suite probable d’un grand succès, suivant sa recette sans trop de surprises. Le Roi Lion 1 1/2 vous connaissez? Ben c’est à peu près ça.

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