5 désastres de festival

Le Fyre Festival est loin de faire cavalier seul.

On peut dire sans exagérer que la saison des festivals vient de commencer. Les premiers line-ups sont sortis (et les mauvaises langues se font aller pour en critiquer le contenu. Moi le premier. J’adore bitcher sur les line-ups de festival. C’est comme être gérant d’estrade, mais pour les mélomanes. Bref!). Les billets commencent à se vendre. Les vacances d’été et les road trips se planifient. Vous voyez le genre. 

Le frémissement collectif autour des festivals cache aussi un peu de confusion. Woodstock 50, vendu comme LE gros festival de l’été, est finalement annulé, ou non? On a qu’à penser aux déboires du Fyre Festival pour avoir de bonne raison de s’inquiéter de l’avenir de Woodstock. On s’imagine aussi les nombreux dangers qui guettent les organisateurs trop négligents. Finalement, la saison des festivals, c’est aussi beaucoup d’angoisse.

Question de vous donner encore plus le goût d’acheter vos passes 3 jours à 280 piasses, j’ai compilé ici quelques cas infâmes de festivals qui ont mal tourné. À tous les indécourageables festivaliers, j’insiste avec amour : hydratez-vous bien comme il faut, et apportez-vous toujours des bottes à cap et des genouillères. Et des kayaks.  Sait-on jamais ? 

Roskilde festival — 2000 — Un mosh pit plutôt moche

En plein cœur de l’été 2000, des milliers de Danois sont rassemblés devant un concert de Pearl Jam, tête d’affiche du vénérable Roskilde Festival. Au pied du stage, un mosh pit pullule d’êtres humains avides de rentrer dans d’autres êtres humains à coup de coudes et de genoux. Peut-être un peu trop. Le pit se transforme rapidement en *CONTENU SENSIBLE* bouillie humaine. Piétinés et barouettés d’une marre de boue à l’autre, une dizaine d’individus périssent. Le festival a continué ses opérations, mais une pierre commémorative rappelle désormais le sombre événement aux festivaliers. « Que nous sommes fragiles » y est à jamais gravé.

Erie Canal Soda Pop Festival — 1972 — Quand le maire dit non, c’est non

Le cas du Erie Canal Soda Pop Festival pourrait sûrement servir de leçon aux quelques téméraires qui poussent encore pour Woodstock 50 après le retrait de son principal investisseur. Dans le cas du Soda Pop, c’est la municipalité d’Evansville, censée recevoir le festival, qui s’est désistée au dernier moment. Résultat : 200 000 festivaliers se sont retrouvés dans un no man’s land marécageux devant des scènes vides, plusieurs artistes ayant quitté la programmation. Les émeutes et le chaos qui ont suivi ont certainement fait passer le Soda Pop Festival à l’histoire, et certainement pas pour les bonnes raisons. 

Love Parade — 2010 — Une parade en manque d’amour

Bien planifier son festival, c’est aussi penser à la logistique derrière les allées et venues des festivaliers. Faire passer un demi-million de fêtards dans un seul tunnel plutôt étroit qui débouche sur des escaliers descendant, pas la meilleure des idées. C’est ce qu’a appris à leurs dépens les organisateurs de la 21e édition de la Love Parade, une célébration annuelle de la culture rave, ayant lieu un peu partout dans le monde. Les 21 morts et les 500 blessés lors d’un incident fatal auront finalement eu raison de la parade. 

Glastonbury — 2005 — Bouette, gadoue et rock & roll 

On peut contrôler bien des paramètres pour faire de son festival un succès, mais s’il est une chose sur laquelle l’organisateur n’a pas le contrôle, c’est bien la température. Peu de gens auraient pu prévoir que l’été 2005 allait être l’un des plus pluvieux au Royaume-Uni. En plus de leurs bas et leurs souliers, les mélomanes festifs ont vu leur tente prendre quelques bons pieds d’eau. Inspiré par le dicton « the show must go on », le festival a bon gré mal gré suivi son cours. Un exemple dégoulinant de ténacité.

Et au Québec? Montebello Rockfest — 2013 — La fameuse rivière d’urine

Je ne sais pas exactement pourquoi je m’acharne sur la mouture 2013 du Rockfest de Montebello. Après tout, pas mal toutes les éditions du défunt festival (qui renaîtra de ses cendres sous une nouvelle appellation) ont, à un moment ou à un autre, fait mauvaise presse. Que ce soit le manque de toilettes chimiques en 2013, la dangereuse grande roue en 2015 ou le scandale des pornos improvisés en 2016, le Rockfest trouve toujours une façon de nous surprendre dans sa broche-à-foin-itude. À bien y penser, c’est probablement ce chaos fumant et cauchemardesque qui attire autant de gens à Montebello chaque année.

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