5 groupes franco-canadiens à découvrir

Message à Doug Ford : la musique canadienne francophone n'est pas près de disparaître.

C’est arrivé la semaine dernière comme une pluie de clous dans une poutine : Doug Ford, à la tête du gouvernement ontarien, s’est dit que la petite dépense qu’occasionnait la francophonie à sa province était parfaitement évitable. Ça fait que shlack : fini les projets d’une université en francophone, fini aussi le commissariat consacré à la langue de Molière.

Le problème, c’est que l’Ontario compte environ 600 000 francophones. Non seulement les locuteurs sont nombreux, mais en plus, et c’est important de se le rappeler, la francophonie à l’extérieur du Québec est le berceau d’une culture rayonnante, surprenante, envoûtante. Bref une culture tentante (je vous jure que c’est ma dernière rime en -ante) mais qui manque de ressources.

Malheureusement, la francophonie québécoise n’est pas toujours au jus de ce qui se passe chez ses provinces voisines. C’est pour cette raison qu’on a s’immisce au coeur de la musique franco-canadienne, en plus d’en profiter pour faire beaucoup de jeux de mots douteux.

Ponteix vous va, un point c’est tout.

Quand notre chroniqueur a découvert Ponteix en 2016, il a aussi découvert le terme Fransaskoi. Fran pour francophone, saskoi pour Saskatchewan : on vous assure que les Fransaskois sont beaucoup plus nombreux que les sasquatchs et que leur culture s’étend bien plus loin que l’ombre d’un séquoia. On aurait pu nommer Étienne Fletcher ou Shawn Jobin comme porte-étendard de la province la plus rectangulaire du Canada, mais le groupe nommé en l’honneur d’un minuscule village et mené par le multi-instrumentiste Mario Lepage, étonne par sa créativité hors du commun et ses performances toujours assumées. Quand on sait quel est le prix d’un billet Regina-Montréal allez-retour, on comprend pourquoi la formation trime dur pour se faire connaître hors de ses frontières et mérite qu’on aille la voir sur les planches du Québec.

Mehdi Cayenne, le secret dans la sauce franco-ontarienne.

La prochaine personne à nous dire qu’Ottawa est plate va se mériter un « Explique-nous donc Mehdi Cayenne alors?? » bien senti. Le natif d’Algérie est un peu le cauchemar de Doug Ford : immigrant, francophone, artiste, engagé par-dessus le marché. Son dernier album, Aube, sorti en 2016 était plein de rebondissements. L’auteur-compositeur-interprète jouit d’un rayonnement que tout artiste émergent aimerait bien avoir : il joue un peu partout dans le monde, est souvent invité à la radio et fait l’objet de beaucoup de « j’aime » sur les réseaux sociaux. On y ajoute définitivement le nôtre.

Rayannah, ou trouver l’amour dans un endroit inespéré.

Vous vous doutez déjà qu’une des plus grandes communautés francophones se trouve au Nouveau-Brunswick, mais vous allez être estomaqué.e.s sur un moyen temps en réalisant que le Manitoba est aussi un organe vital du français, avec ses 75 000 locuteurs seulement dans la ville de Winnipeg. Parlant de Winnipeg, une étoile montante y scintille plus que jamais grâce à son électro-chanson-expérimentale absolument contagieuse. Rayannah a définitivement trouvé son public cible en allant se produire en Europe sur les scènes alternatives de l’Allemagne et de la France. Elle est passée furtivement par Montréal début novembre, mais on est prêts à gager que si à go on crie assez fort, elle va nous entendre et reprendre l’avion pour nous faire un petit concert intime. 1 2 3 go. AAAAAAAAAAH

LES Bluecharms schtroumpfent le Nouveau-Brunswick

C’est pas les Bluecharms, c’est LES Bluecharms, ok? 4 filles de Kedgwick qui en ont d’dans et qui n’attendront pas votre feu vert avant d’envahir la francophonie avec leur bluegrass Néo-Brunswickois. N.B. … Des initiales qui nous ont donné tellement de bonne musique en français. On pense aux Lisa Leblanc, Radio Radio et Hôtesses d’Hilaire de ce monde, mais notre choix s’est arrêté sur une formation encore à ses premiers ébats (du genre à pas avoir de bandcamp, mais d’être sur reverbnation parce qu’on a juste une vie à vivre tsé). La musique du quatuor a de quoi vous faire rêver à des riffs de banjo des nuits durant.

Combien lui doit-on à Julie Doiron ?

On triche un peu parce qu’elle habite désormais à Montréal et chante la plupart du temps en anglais (ou en espagnol!?), mais COME ON. Julie Doiron! Julie, c’est un peu comme une Kim Gordon made in Moncton, une Patti Smith acadienne, le genre d’artiste qui a toujours offert une sublime musique et repoussé les barrières, album après album, tout en restant plus ou moins dans les méandres de l’anonymat. En 2001, elle lance Désormais, un opus encensé par nul autre que Pitchfork (qui s’essaie à écrire une critique dans un français maladroit, mais oh combien cute). Si Nickelback a fait s’écrouler votre estime pour la musique canadienne, cette artiste-là devrait vous permettre de recoller les morceaux.

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