5 mots du lexique jazz expliqués

Question de prendre ça cool quand on swing la bacaisse dans le fond de la boîte à blues.

Ben oui, c’est la journée internationale du jazz aujourd’hui.

Il existe tellement de façons d’aborder ce genre musical. Remonter le fil de son histoire, explorer l’infinité de ses ramifications. S’abandonner aux œuvres des nombreux talents qui ont monté la barre, creusé les bas-fonds, fait exploser les conventions. Plonger dans ses notions, ses codes, ses règles. Le jazz a tout un vocabulaire. Ses mots se sont immiscés dans la culture populaire à de nombreuses reprises, jusqu’à nous faire demander si tel ou tel terme vient du jazz ou si c’est le jazz qui se l’est approprié.

Les 5 mots suivants, vous les avez certainement déjà eus aux lèvres, dans un contexte musical ou non. Cinq expressions fabuleuses qui explorent le jazz et ses facettes, et que nous allons revisiter ensemble aujourd’hui.

Swing

À la fois un concept rythmique et un sous-genre fondateur du jazz, le swing a définitivement une odeur. Celle des musiciens en cohésion les uns avec les autres qui unissent leurs efforts pour ne faire qu’un dans la cadence. Le cœur de la formation (piano et/ou guitare, batterie, basse), les ensembles de cuivres et de vents et les vocalistes qui sont réunis sur une même scène, galvaudés par les feux des projecteurs, le front qui perle. On pourrait aussi pointer du doigt les danseurs en duo qui remplissent, encore à ce jour, les salles et les agoras. Quelqu’un qui swing sort toujours un peu de l’ordinaire et brave sa peur de la sueur pour pimenter le cours des choses et rendre le monde plus palpitant.

Fusion

Le père spirituel de Flying Lotus, Prefuse 73, a choisi son nom en hommage à l’ère où le jazz était encore très peu contaminé par le rock. Les aventures de Miles Davis au pays de Bitches Brew, le saut funk de Betty Davis ou d’Herbie Hancock et ses Headhunters, notamment, ont changé la donne. Plus électrifié, plus robuste, plus caméléon, le genre s’est également ampoulé jusqu’à donner naissance au pire groupe que l’humanité n’ait jamais entendu. Comme la lave en fusion, le jazz en fusion est une matière mobile, incandescente, mais hautement dangereuse. 

Cool

Prendre ça cool, c’est ce qu’ont fait Miles, Bill Evans, Chet Baker, June Christy dès les années 40. L’après-guerre appelait à un relâchement des troupes, à plus d’espace et de temps dans les morceaux enflammés du bebop en vogue à l’époque. En ralentissant le tempo, en optant pour la subtilité et la parcimonie, le jazz, prêt pour l’introspection, se dénoue et nous invite, nous aussi, à enfin se délasser. 

Blues

Bleu, bleu, le jazz est bleu. Dans ses racines les plus profondes, celles d’une Amérique d’avant le 20e siècle, marquée par la ségrégation raciale; dans ses structures les plus dépouillées, formées de langueurs et de résolutions; dans ses gammes particulières, ses mélodies et ses notes, qui jouent d’ambiguïté pour faire résonner d’autres émotions; dans ses maisons de disques fondatrices, ses pochettes célèbres, ses chansons

Jazz

C’est plus facile d’identifier les origines du jazz que les origines du mot « jazz ». On hésite, entre autres parce que le terme serait un dérivé de « jism » (un archaïsme désignant fougue et énergie), proche parent de « jizz » (je vous laisser errer sur le urban dictionary pour en découvrir le plein sens). À moins que la communauté francophone de La Nouvelle-Orléans y ait mis du leur, en « jasant » dans les clubs, sur le stage et dans les rues. Si la trame est ambiguë, c’est pour encore mieux faire état de la fluidité du jazz, de cette capacité à laisser sa trace dans tous les autres genres de musique, et d’encore aujourd’hui, faire jaser, jaser, jaser.

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