5 questions, 5 chansons avec Jean-Sébastien Girard

La musique borde la vie de l'animateur.

Depuis les balbutiements de La soirée est encore jeune, on a la chance (ou pas) d’entendre l’étendue de l’univers musical de Jean-Sébastien Girard chanté de sa voix de rossignol…

Et voilà qu’avril se terminait avec une belle surprise, Jean-Sébastien animera l’émission JS Tendresse dès le 23 juin à Ici Musique. Tous les dimanches à 14 h, il révèlera les chansons francophones des années 70 à 2000 qui l’ont fait vibrer. 

On a voulu connaître les souvenirs qui teintaient les choix musicaux de l’animateur. 

5 questions…

Tu joues beaucoup avec ton « talent » de chanteur à La soirée est (encore) jeune. Est-ce qu’on pourrait s’attendre un jour à un projet alliant humour et chanson?

C’est loin d’être impossible! C’est peut-être même la prochaine chose que je rayerai de ma bucket list, qui sait?!

Ton émission Js Tendresse va couvrir la musique des années 70 à 2000, mais as-tu des coups de cœur musicaux actuels?

J’écoute beaucoup d’albums instrumentaux quand je travaille, surtout du piano. J’ai passé la dernière année accompagné de Gonzales, d’Alexandra Stréliski et surtout de Jean-Michel Blais, qui me touche infiniment. J’ai découvert aussi avec grand ravissement l’univers du pianiste islandais Víkingur Ólafsson.

En chanson, j’ai eu un gros coup de cœur pour l’album de Jérôme 50. C’est mon disque de char depuis plusieurs mois. Dave Chose et Les Louanges, ça me parle aussi, de même que Eddy de Pretto. Je danse dans mon salon!

Dans un autre registre, j’ai été très ému par La Renarde (sur les traces de Pauline Julien). Et Meilleur après de Diane Dufresne, est un très bel album. Et je ne vous cacherai pas que j’ai éprouvé un certain plaisir à écouter le plus récent album de Ginette Reno, À jamais. Loin d’être transcendant, mais rigoureusement efficace!

Qu’est-ce qui a le plus changé selon toi sur la scène musicale entre les classiques de l’époque et aujourd’hui?

Beaucoup de choses!  De manière générale, je pense qu’on mise moins sur la puissance vocale que dans les années 80, on s’émeut moins des prouesses vocales d’un interprète. D’ailleurs, l’époque est aux auteurs-compositeurs-interprètes bien plus qu’aux simples interprètes…

Dans le même ordre d’idées, l’écriture des chansons s’est bonifiée. Les textes sont souvent moins racoleurs, plus porteurs de sens. Pas sûr que Michèle Richard aurait du succès en 2019 en chantant : « Garçon, servez-moi du champagne, j’ai encore des rêves à étourdir »! Le folk et le hip-hop prennent beaucoup de place en ce moment. C’est correct, mais moi, les belles mélodies me manquent! Je m’ennuie du beau chant!

Selon toi ce serait quoi la meilleure manière de préserver l’héritage musical de ces années-là?

Il faut écouter JS Tendresse! Et conserver ses épisodes en baladodiffusion!

Sans blague, c’est un peu ma mission avec cette émission-là, de faire ma petite part pour préserver un héritage. J’ai le goût de rendre hommage à ces artisans, de leur redonner un peu de la lumière des projecteurs. J’ai été surpris de voir le public de La soirée est (encore) jeune SI HEUREUX de voir Marie-Denise Pelletier pendant notre duo à l’émission. En même temps, c’est une belle preuve que les auditeurs d’aujourd’hui ne boudent pas leur plaisir. Au-delà de l’ironie, il y a une réelle nostalgie qui est très touchante.

Il faut cesser d’avoir honte d’aimer les vieux hits. Si tu aimes ça au karaoké à 2 h du matin, c’est que c’est efficace tout le reste de la journée…

De quelle chanson ou groupe actuel souhaiterais-tu voir l’héritage perdurer au fil des années?

Je ne sais pas trop… C’est difficile de projeter ce qui sera ou devrait être un classique. Je ne sais pas si les années 10 vont passer à l’Histoire. Je peux dire que j’apprécie plusieurs artistes avec ma tête. J’éprouve un grand respect pour leur démarche et leur talent, j’écoute leur album quelques fois avec bonheur… Mais je passe rapidement à autre chose. Ça ne laisse pas d’empreinte émotive chez moi, et j’oublie vite. J’ai un problème d’attachement avec la musique d’aujourd’hui.

Cela dit, j’espère qu’on va perpétuer l’œuvre de Daniel Bélanger. C’est le plus grand, pour moi. Pour le moment, c’est le seul que j’imagine se mériter un album hommage dans quelques années. Avec peut-être Pierre Lapointe, dont l’œuvre est assurément singulière.

Sinon, j’espère que mes jingles de LSEEJ passeront à l’Histoire!

5 chansons

5 chansons qui te rendent automatiquement nostalgique?

Céline Dion — Délivre-moi

La cassette Incognito, où on retrouve cette chanson, est probablement l’opus que j’ai le plus écouté dans ma vie et qui me ramène le plus à ma vie de pré-ado permanenté. Il m’arrive encore de l’écouter (pas la cassette, car elle a rendu l’âme)! Délivre-moi ouvrait le spectacle de la tournée Incognito, que j’ai vu deux fois au Théâtre St-Denis (dont une fois en plein milieu de la rangée AA). Au début du spectacle, la jeune Céline apparaissait dans l’ombre, immobile, au sommet d’un petit escalier. Avec des bruits de tonnerre, l’intro de la chanson commençait. Vous dire mon excitation… Je n’ai jamais plus été aussi heureux qu’à ce moment-là!

Petula Clark — Personne ne veut mourir

C’est la chanson que je chantais quand, enfant, je participais à des concours de chant. Petula, c’était (et c’est encore) l’idole de ma mère. Elle m’avait appris la chanson avec de petits gestes pour l’accompagner. Je pourrais la refaire à l’identique aujourd’hui. Avant de muer, je ne chantais pas trop mal. C’est après que ma voix a un peu perdu de sa patine… et de sa justesse.  

Nicole Martin — Oui paraît-il

Ma mère aimait beaucoup Nicole Martin et, par conséquent, ça jouait beaucoup à la maison. J’aimais la couleur singulière de sa voix… Cette pièce-là est encore très efficace. La puissance du refrain (« car moi je t’aime, oui, je t’aime, comme on a jamais aimé ») me rentre dedans encore aujourd’hui. J’ai été surpris et attristé d’apprendre son décès il y a quelques semaines. J’ai eu la chance de la croiser il y a quelques années… Je lui ai avoué qu’elle était une figure emblématique de mon enfance. Mon cœur a fondu quand elle m’a appris qu’elle était une fidèle de LSEEJ!

Johanne Blouin — J’aurais voulu te dire

Un 45 tours que j’avais acheté avec mon argent de poche et que j’écoutais sans relâche. J’aime les mélodies puissantes, les montées spectaculaires, les voix fortes; et il y a tout ça dans cette chanson. Une fois, je suis allé dormir chez mon ami Jean-Sébastien Éthier et on a écouté cette chanson en boucle. Quelques jours plus tard, on a appris que son voisin était mort dans son bain et en train de putréfier depuis un bout… Une trentaine d’années plus tard, quand j’entends cette chanson-là, il y a encore et toujours l’image d’un homme mort la face pleine de vers qui se superpose à ce souvenir. On a les souvenirs qu’on a!

Michel Delpech — La maison est en ruine

Une chanson que chantait une amie dans un concours de chant quand j’étais petit. J’en étais fou (de la chanson). Je la trouvais d’une tristesse infinie. N’empêche, quand j’y repense aujourd’hui, je vois qu’elle était quand même pleine d’espoir. Et mine de rien, cette chanson résonne encore aujourd’hui… surtout si on habite à Ste-Marthe-sur-le-Lac!

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up