5 trucs qui nous ont marqués dans le docu « Rumble : The Indians Who Rocked The World »

Un documentaire fascinant sur l'influence des musiciens autochtones dans l'histoire du blues, du rock, du jazz, etc.

Lundi soir, la chaine PBS mettait en ondes le documentaire Rumble : The Indians Who Rocked The World qui raconte comment la musique des premières nations a eu une influence sur la musique en Amérique. Un projet mené par Stevie Salas (co-créateur et producteur exécutif), lui-même musicien et d’origine apache, en collaboration avec les Montréalais Catherine Bainbridge et Alfonso Maiorana à la réalisation.

Le documentaire survole de grands pans de l’histoire américaine et s’intéresse aux musiciens et aux musiciennes qui ont aidé à créer des sons comme le rock, le blues, le jazz, et on en passe. Voici en rafale 5 choses qui nous ont marqués après le visionnement du documentaire.

1. Ça fait longtemps qu’on tente de conserver la culture autochtone

En 1907, les Américains ont mandaté des ethnologues pour enregistrer les musiciens des premières nations à travers le pays parce qu’ils étaient convaincus que leur culture et leur musique ne survivraient pas.

C’est sur ces mots que le documentaire s’ouvre. C’est assez frappant de voir qu’il y a plus de 110 ans, on pensait déjà que les traditions amérindiennes allaient disparaître. Après avoir passé presque deux heures à découvrir comment la culture de ces nations a imprégné la musique telle qu’on la connaît, ces premiers mots sont d’autant plus marquants.

En faisant un peu de recherche en ligne on peut découvrir assez facilement « The North American Indian », un texte réalisé par Edward S. Curtis, l’un des ethnologues mandatés par le gouvernement américain à l’époque. Pour ceux qui seraient curieux d’en savoir plus sur ces études, la lecture est fascinante après avoir vu « Rumble », mais reste teintée du jugement de son auteur.

2. Link Wray, un guitariste Shawnee, a inspiré (presque) tous les grands du rock

La pièce « Rumble » qui a inspiré le titre de ce documentaire est celle qui a fait connaître Link Wray. Sûrement son plus grand succès, la chanson a été bannie des ondes à plusieurs endroits par crainte qu’elle incite les jeunes à devenir violents… même si le morceau est instrumental.

Link Wray a eu une grande influence sur plusieurs musiciens. Iggy Pop, lors de sa courte intervention pendant le film, mentionne que c’est en entendant Wray à la radio qu’il a eu envie de faire de la musique. Des gens comme Slash, Marky Ramone et Dan Auerbach (The Black Keys) racontent aussi comment le guitariste a changé la façon dont ils abordent la musique.

 3. Jimi Hendrix avait du sang Cherokee 

Jimi Hendrix avait du sang Cherokee de par sa grand-mère paternelle, dont la mère était d’origine Cherokee. La soeur de Jimi est interviewée dans le documentaire pour parler de l’importance qu’avaient ses racines pour le guitariste. Elle dit que ça a toujours été très important pour lui de respecter ses origines et de les célébrer. Il fait partie d’une grande lignée d’Afro-Américains avec des ancêtres des premières nations. On parle même de ses origines dans l’exposition « Indivisible – African-Native Americans’ Lives in the Americas » du Smithsonian Natural Museum of the American Indian. On mentionne aussi ce métissage dans l’un des segments du documentaire qui parle de la Nouvelle-Orléans.

4. La chanteuse Mildred Bailey a grandement marqué le jazz

Vers la fin du documentaire, on rencontre finalement Buffy Sainte-Marie, l’une des artistes amérindiennes les mieux connues. Cependant, bien avant Buffy, il y avait Mildred Bailey. Mildred était une chanteuse jazz qui a connu du succès dans les années 1930. On apprend grâce à Rumble que sa voix particulière et sa façon de chanter ont été adoptées par de grands noms comme Frank Sinatra et Bing Crosby. Elle a aussi été l’une des premières femmes à avoir sa propre émission de radio.

5. On aimerait en savoir encore plus

Outre quelques passages, Rumble : The Indians Who Rocked The World ne s’attarde pas tant à la musique traditionnelle des différentes nations que le documentaire mentionne. On parle au passage du style vocal de Mildred Bailey, rappelait celui des chants traditionnels de par la façon dont elle allongeait les notes, ou du rythme particulier des batteurs issus des premières nations, comme Randy Castillo, qui jouait avec Ozzy Osbourne, mais sans plus.

Il faut dire que le documentaire est quand même ambitieux et parle d’une dizaine d’artistes, tout en couvrant plusieurs décennies et la plupart des grands centres américains en 1h45. Cela prouve tout simplement que Stevie Salas a trouvé un filon intéressant et quasi inexploré pour parler de musique sous un nouvel angle. Les créateurs de Rumble ont déjà mentionné qu’il serait très facile pour eux de faire une suite au film et on les encourage fortement à le faire pour approfondir certains aspects abordés dans celui-ci.

Pour plus d’informations sur Rumble : The Indians Who Rocked The World, et pour savoir comment le visionner à la maison, visitez le www.rumblethemovie.com.

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