Le rock’n’roll québécois en 7 lieux

Le numéro 5 vous fera tomber en bas de votre marchette

À l’occasion du spectacle Rétro50, URBANIA et les Casinos du Québec s’unissent pour vous faire revivre les grandes années du rock n’roll au Québec.

Au Québec, si le rap commence enfin à gagner ses lettres de noblesse, on peut dire que le rock reste quand même toujours vivant. Mené de front par Chocolat, Galaxie et autre Ponctuation, il ne remonte toutefois pas à hier. Héritiers d’Aut’Chose, d’Harmonium et d’Offenbach, les groupes actuels doivent l’ouverture vers des influences américaines et un caractère national québécois fort à un contexte historique créé dès les années 1950 par plusieurs salles de spectacles et cabarets. On a sélectionné 6 endroits qui ont marqué l’histoire du rock’n’roll québécois (libre à vous d’appeler ça le rock keb) des années 50-60 pour vous, question de vous faire découvrir ce qui aura un jour permis à Éric Lapointe et Dan Bigras d’avoir une carrière. Ouep, tout ça pour ça…

Au Faisan Doré

Le premier grand cabaret francophone au Québec aura eu une histoire courte et mouvementée. Fondée en 1947, la salle (où se trouve actuellement le bar de danseuse Kingdom), sera extrêmement courue par la population montréalaise. En plus de permettre aux artistes locaux comme Raymond Lévesque, Monique Leyrac ou encore Denise Fillaitrault, de s’y produire en spectacle, le Faisan Doré laisse aussi une place d’honneur aux grands artistes de la chanson française de l’époque. Luis Mariano, Tino Rossi, Charles Trenet et Charles Aznavour s’y produiront entre 1947 et 1950. Ce dernier y donnera rien de moins que 11 concerts par semaine pendant 40 semaines d’affilée en 1948! La salle sera finalement fermée suite aux démêlés avec la justice de l’un des associés de la salle, le mafioso Vic Cotroni, pour rouvrir partiellement ses activités au Cabaret Saint-Germain-des-Prés, également situé dans le fameux Red Light montréalais.

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Le Forum

L’ancien temple du hockey montréalais n’aura pas servi qu’à la gloire du CH ou en tant que complexe de cinéma : il aura longtemps joué le rôle de salle de spectacle, accueillant certains des plus grands noms du rock and roll! En 1957, la tournée The Biggest Show of Stars, lancée par Fats Domino, réunit sur scène le célèbre bluesman ainsi Buddy Holly et ses Crickets et les Everly Brothers. La tournée s’arrête à Montréal le 15 septembre 1957, le temps d’un concert historique au Forum. Outre le line-up assez impressionnant, il ressortira aussi de ce spectacle une amitié courte, mais légendaire entre Holly et Phil Everly. En plus de ces formations, le Forum aura aussi vu passer sur ses planches Bob Dylan, les Beatles, les Rolling Stones, les Beach Boys, Leonard Cohen, Beau Dommage, Pink Floyd et plusieurs autres. Oui, rien que ça.

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Le Palais du Commerce

Construit en 1952, l’édifice bâti par Camilien Houde occupait l’espace actuel de la Bibliothèque des archives nationales du Québec (BANQ). Son rôle reste assez flou : censé être une plaque tournante du commerce montréalais, l’édifice accueille également des salles d’exposition, un magasin de livres usagés et même un palladium à une certaine époque, en plus d’avoir servi de salle de spectacle à quelques reprises. Le lutteur Johnny Rougeau y tiendra d’ailleurs quelques soirées de twist et de limbo auxquels participeront notamment Chubby Checker et Pierre Lalonde. Duke Ellington visitera aussi la scène du Palais à quelques reprises durant les années 50 et 60 avec son orchestre, de même que Roxy Music, les New York Dolls, les Wackers, Michel Pagliaro et Plume Latraverse dans les années 70.

La devanture du Palais du commerce durant les années 60.

L’affiche de l’une des soirées de Johnny Rougeau (crédit photo : Musée du rock’n’roll)

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La Boîte à Musique (BAM)

Célèbre magasin de musique montréalais, la Boîte à musique est fondée par Guy Lotte en 1955. Avant de trouver son enseigne actuelle au 2222 Ontario Est, le magasin se situait sur la rue Sainte-Catherine dans le quartier Hochelaga et accueillait la crème des rockers québécois parmi ses clients. Fabriquant quelques pièces sur mesure via sa marque BAMCO, le commerce affiche ses couleurs en photographiant fièrement ses meilleurs visiteurs. BAM offre aujourd’hui ses services à plusieurs musiciens et festivals d’ampleur avec des services de vente et de location, en plus de partager ses locaux avec ceux du Musée du rock’n’roll.

La devanture originale de la Boîte à musique (crédit photo : Musée du rock’n’roll).

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Chez Bozo

Fondée par le collectif Les Bozos en mai 1959, Chez Bozo est l’une des premières boîtes à chanson de Montréal. Située sur la Rue Crescent, à l’endroit où se trouve désormais un bucolique stationnement, la boîte accueille plusieurs chansonniers et artistes, dont les membres du collectif : Jean-Pierre Ferland, Clémence Desrochers, Claude Léveillé ou Raymond Lévesque notamment, encore presque inconnus à l’époque, y feront leurs premières armes. Alors que les producteurs de Radio-Canada, en grève, font perdre à plusieurs auteurs-compositeurs-interprètes leur seul moyen de diffusion, Chez Bozo devient réellement un incontournable de la scène montréalaise et son rôle est aujourd’hui reconnu comme fondamental dans l’affirmation du caractère national de notre chanson d’ici.

Le Colisée Pepsi

Bien que plus petite et plus tranquille que Montréal, la ville de Québec a elle aussi vu passer la vague rock n’roll. C’est le Colisée Pepsi (anciennement Colisée de Québec), construit en 1949, qui accueillait à la fois des matchs de hockey (sa fonction première) et des spectacles divers comme des groupes de musique et même des cirques! Des Classels aux Rolling Stones en passant par David Bowie, de nombreuses légendes issues de toutes les époques du rock’n’roll ont joué entre les murs du Colisée, au plus grand plaisir des Québécois.

Source

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Le Musée du rock’n’roll

Beaucoup plus récent que nos autres choix, le Musée du rock’n’roll a été fondé en octobre 2014 par Patrice Caron. Sa mission est de commémorer la culture rock’n’roll de la province et d’en collectionner les artéfacts. En présentant diverses expositions, comme sur l’époque yé-yé ou le métal québécois, l’équipe du musée espère mettre en lumière certains aspects oubliés de la musique de chez nous. Le musée accueille également un magasin (BAM) et des locaux de pratique pour les musiciens, en plus d’occasionnellement ouvrir ses portes pour des spectacles spéciaux.

Si jamais les années charnières du rock’n’roll et du rockabilly vous manquent ou vous passionnent, sachez que vous pourrez vibrer au rythme des années 50 dans l’un des quatre casinos québécois. Cliquez ici pour tout savoir sur les spectacles à venir.

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