Adib Alkhalidey cherche Jean Leloup

Retour sur les « Bajada Dialogues ».

C’est à l’issue d’une très grosse année qu’Adib Alkhalidey est passé chez Jason Bajada pour discuter. Après avoir porté à bout de bras l’immense projet Mon Ami Walid, l’humoriste-réalisateur-photographe-et-plus est aujourd’hui plus serein que jamais.

Je Joue De La Guitare

On débute le podcast en apprenant qu’en plus de toutes ses autres casquettes, Adib est aussi musicien!

« — La dernière chanson du film, tu viens de m’apprendre que c’est toi…

— Oui, j’ai composé guitare-voix, puis j’ai travaillé avec Mathieu Magny et Daniel Moranville. Et à partir de cette toune-là, ils ont composé la bande originale du film. On retrouve cette suite d’accords là à plusieurs moments du film […] On arrivait proche de notre deadline, et on n’avait toujours personne pour la musique. Fait que mon agent m’appelle pis il me dit “pourquoi tu la fais pas?” Il savait que ça fait 10 ans que j’écris des tounes en secret, sans avoir le courage de faire de quoi avec. »

« Il savait que ça fait 10 ans que j’écris des tounes en secret, sans avoir le courage de faire de quoi avec. »

Il faut dire qu’au moment de chercher un compositeur pour sa bande originale, Adib raconte qu’il a désespérément tenté de rejoindre Jean Leloup, dont il est un fan fini. Même en arpentant les cafés qu’il a l’habitude de fréquenter, impossible d’entrer en contact avec la légende. Le destin avait visiblement prévu autre chose.

Love yourself

Ceux qui suivent les numéros de l’humoriste connaissent sûrement son histoire particulière. Né d’une mère marocaine et d’un père réfugié politique irakien, bébé Adib et sa famille sont passés par les États-Unis avant de finalement démarrer leur nouvelle vie à Ville Saint-Laurent. Les déracinements successifs, les discriminations et la pression de ne pas décevoir ses parents ont contribué à faire de lui quelqu’un d’anxieux et qui a de la difficulté à s’aimer.

« — La vie est dure, pis tu penses que c’est à cause du monde extérieur, mais finalement, tu réalises que c’est toi contre toi-même… Je pense que mes frustrations et mes hontes viennent de moi par rapport à moi. »

Finalement, à partir de la question « Comment on fait un film avec 80 000 piasses? », la conversation entre les deux hommes s’envole, passant des réseaux sociaux au mythe que la souffrance serait nécessaire pour créer, en passant par de cinéma, l’humilité et la prise de risques. À 31 ans, Adib Alkhalidey semble avoir parcouru cent fois les chemins de l’introspection. Et il livre ses apprentissages à Jason Bajada avec une grande sincérité.

« — J’ai passé 10 ans à croire que si je réussissais ma carrière d’artiste, je réussirais en tant qu’humain. Mais maintenant, je suis pas mal persuadé que c’est l’inverse. »

Pour un gars qui a de la misère à assumer qu’il est un artiste, Adib n’a plus à prouver son apport à la culture québécoise. On lui souhaite encore beaucoup de beaux projets, et surtout, de la sérénité.

Pour entendre Jason Bajada et Adib Alkhalidey jaser de tout ça et encore plus, écoutez le dernier épisode des Bajada Dialoguesjuste ici!

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