Les albums du mois : Décembre 2017

Les cinq albums que vous devez écouter (si c'est pas déjà fait)

La saison des brûlements d’estomac, des discussions familiales malaisantes et des faces faussement joyeuses devant des bas laids est enfin terminée! On est passé à travers et ça mérite un petit nanane, pour affronter le retour au quotidien. Et quoi de mieux pour ce faire que de s’armer de la meilleure musique de décembre 2017 avec votre ami URBANIA, hein?

Bon, ben des choses, genre une visite au spa, la paix dans le monde ou les patates déjeuner du McDo, vous me répondrez, et je ne m’opposerai pas nécessairement. Mais reste que le dernier mois de 2017 aura su nous réserver une bien belle production au Québec et il serait dommage de passer à côté! Dans les prochaines lignes, on vous jasera donc du hip-hop décomplexé des Drogues fortes, du chevelu Joe Rocca, du chiptune de Pocaille, des questionnements identitaires de Mich Cota et du « 1000e EP en 2017 » de Martel Solo.

Les Drogues fortes chantent Noël / Les Drogues fortes chantent Noël

Sortie indépendante

Les Drogues fortes, c’est un nouveau collectif particulièrement intéressant qui s’est récemment formé à Montréal, regroupant à peu près tout ce qui se fait de bon dans la scène hip-hop champ-gauche du moment. On retrouve dans ses rangs Jay Scott, Smitty Bacalley, St X Liam, Gab Fruits et MusoNi, notamment. Ils sont 19 au final, pour vous donner une idée.

Le premier projet de la bande est ambitieux : faire un album de Noël qui parle de dope, pour bien mettre les matantes à l’aise. Le résultat est étonnamment probant, avec des chansons bien ficelées, aucun temps morts et une infinité de références cachées à la pop culture alternative québécoise. Perso, c’est mon projet rapkeb préféré de 2017, rien de moins.

Salutations spéciales en terminant à l’excellente Clé silencieuse, chanson qui traite de se faire des clés de poudre magique dans un musée. Je vous recommande le MAC personnellement pour cette activité de haute-voltige.

https://propulseent.bandcamp.com/track/cl-silencieuse

French Kiss / Joe Rocca

Make It Rain Records

Je vous entend déjà me dire « C’est qui ça Joe Rocca? » Pour ceux qui ne comprendrait pas la référence, c’est l’un de membres de la primée troupe Dead Obies : celui avec des tresses et qui s’habille ben preppy. À l’instar de son confrère Yes McCan, le MC a décidé lui aussi de lancer son premier projet solo cet été.

Ce plan aurait très bien fonctionné si son beatmaker VNCE n’avait pas fait son niaiseux en perdant son disque-dur comprenant tout les beats du projet un peu avant les Francofolies en juin. Qu’à cela ne tienne, c’est avec un peu de retard que nous parvient tout de même le très sensuel French Kiss. Un album qui, s’il est loin d’être cérébral, saura néanmoins efficacement faire danser la gent féminine et accueillir une tonne de featuring bien réussis.

Pour en savoir plus sur la parution, je vous invite à aller lire l’entrevue que l’artiste a donnée à mon collègue Olivier Boisvert-Magnen!

https://joerocca.bandcamp.com/track/pain-killer-feat-brown-cape-tula

Le lac des sauces / Pocaille

Sortie indépendante

DJ montréalais, mais d’origine rimouskoise, Jérôme LeBel œuvre dans les contrées mystérieuses du chiptune. Sous-genre de la grande famille des musiques électroniques, le chiptune se caractérise par l’utilisation de vieilles cartes-son tirées de jeux vidéos dans le processus de composition. Le résultat est souvent vintage et assez ludique.

Mais pas chez Pocaille. Lui fait dans un son assez contemporain, mixant subtilement l’esprit chiptune à des pièces plus house, parfaites pour danser et oublier le retour à l’école ou au bureau qui arrive à grand pas. Un album bien complet qui promet une approche facile à l’électro, pour ceux qui ne sont pas des grands fans.

https://pocaille.bandcamp.com/track/melding

Kijà/Care / Mich Cota

Egg Paper Records

Je vous averti d’emblée : c’est pas la sortie la plus accessible du mois, mais ça en reste une vraiment intéressante. Mich Cota est d’origine algonquine et porte une identité bispirituelle. Quessé ça? La conjugaison d’esprits masculin et féminin dans un même corps, dans les traditions autochtones. Je vous laisse donc deviner sans trop de difficulté que l’album traite d’identité, sous plusieurs aspects, mais de façon toujours bien pertinente.

Le résultat, musicalement, touche à une électro assez exploratoire la majorité du temps, mais qui réussit à intégrer des cordes de belle façon. On a donc à composer avec un album bien de son temps, qui revendique sans le faire directement, qui traite de déracinement dans son propre pays et de réconciliation, en plus de conjuguer des influences variées et fort différentes. Pis au final, ben tout ça, c’est très beau!

https://eggpaper.bandcamp.com/track/nibi-water

Les squelettes / Martel Solo

Sortie indépendante

Roi de l’Internet, prince du temps, influenceur pour Catelli… Les chapeaux que porte Joël Martel sont nombreux, surtout que l’on ne doit pas oublier celui de musicien étonnamment prolifique. Après une année 2016 où l’Almatois s’est remis à la composition de façon plus sérieuse, 2017 aura été marquée par la sortie de rien de moins que neuf albums et EPs divers. Les australiens King Gizzard and the Lizard Wizard peuvent ben se vanter d’en avoir sorti cinq…

Avec le brin d’humour et de naïveté qui teinte constamment chacune de ses sorties, Martel nous offre avec Les squelettes une œuvre encore une fois bien personnelle et nostalgique de la belle époque des boîtes à rythme et des synthétiseurs cheaps. Soulignons aussi la participation du bon vieux Maxime Gervais sur la chanson J’ai un requin dans ma chambre, du bonbon.

https://martelsolo.bandcamp.com/track/jai-un-requin-dans-ma-chambre

Présenté par URBANIA Musique. Allez suivre notre page Facebook, il se passe plein de choses cool là-bas!

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