Ariane Falardeau St-Amour (Rococo) et Gabriella Cohen

Anemone : le band qui vous veut de l’amour

« Anemone loves you »

C’est au milieu des chapeaux blancs de fourrure, d’un album des Byrds en repeat et d’une énorme dose de sourire, que Chloé, la chanteuse du band Anemone m’accueillait dans son appartement Mile-endien! Le band est tout juste revenu de Toronto, où il assurait la 1re partie d’Allah Las, et passe de longues journées enfermé en studio. Oui, un album s’en vient, on vous en parle plus tard!

«J’aime tout le monde, j’aime trop les gens, c’est ça mon problème, des fois aimer trop les gens, ça devient compliqué, c’est pour ça que je fais de la musique.»

Anemone aime tout le monde, c’est ça le problème

Dans sa vingtaine, Chloé Soldevila, la fondatrice du band Anemone a beaucoup voyagé. Que ce soit en Europe ou en Californie, la jeune chanteuse et claviériste a toujours évolué dans un milieu musical, en accompagnant des musiciens en tournée.

C’est là qu’Anemone est né, pendant cette période remplie de musique, d’esprits libres et de soleil. «Évoluer comme ça et voyager à travers la musique, ça m’a permis de côtoyer les gens qui l’ont fait, ils ont l’esprit libre puis font ce qu’ils aiment. Avec eux j’ai appris à me connaitre, j’ai trouvé mon identité là-dedans.»

La vie c’est une wave avec des étapes, t’apprends des choses puis à un moment la vague se brise et t’es prêt à les faire ces choses

Après deux ans à se dire «pourquoi eux et pas moi?» Chloé n’a qu’une idée en tête, lancer son band. Côtoyer ces artistes au jour le jour est une source d’inspiration pour elle, mais également une source de frustration parfois. Depuis toujours, Chloé veut vivre de la musique, depuis qu’elle a commencé le piano à l’âge de 4 ans. Ça en fait d’la préparation!

En revenant à Montréal, Chloé a le kick nécessaire pour se lancer et ne perd pas de temps «Je connais les bands, on a les mêmes modes de vie, notre vision est la même. Qu’est-ce qui me sépare d’eux en fait? La vie c’est une wave avec des étapes, t’apprends des choses puis à un moment la vague se brise et t’es prêt à faire des choses.»

L’histoire «d’une fille qui grandit en essayant de trouver sa place».

En plus, elle a déjà le nom du band en tête depuis longtemps et la belle anecdote qui va avec: «J’étais au Mexique, dans un genre de hostel à toit ouvert, la belle vie. Puis quelqu’un a mis une chanson, et j’ai eu une révélation. C’était Anemone de Brian Jonestown Massacre. Puis là j’ai su. Mon band s’appellera Anemone».

Grandir et savoir trouver sa place

La musique d’Anemone, c’est toute cette aventure-là. C’est l’histoire «d’une fille qui grandit en essayant de trouver sa place». Entre peines d’amour, difficulté de grandir et devoir se choisir une voie, sans savoir réellement ce que l’on veut faire.

Une fois revenue à Montréal, Chloé ne perd pas de temps et le plus naturellement du monde, un band se forme. Grâce à des rencontres et de nombreuses soirées à errer dans les salles de concert, Chloé rencontre Miles Dupire-Gagnon, qui joue de la batterie, Gabriel Lambert à la guitare, Grégoire Carrier-Bonneau aka Wally, qui joue de la basse et Zachary Irving en deuxième guitare! «C’est moi qui compose et écris la musique, mais chaque morceau, chaque couche de guitare et chaque beat, est finalisé ensemble. Ils m’apportent beaucoup et sans eux, je ne pourrais pas avoir ce résultat-là. Miles et Gab réalisent l’album aussi et ils travaillent fort, très fort»

« Good vibes »

En arrivant à la rencontre du band Anemone, j’arrivais avec un à priori: Anemone était le fruit de la culture hippie des années 60. Faux.

Mon univers c’est le soleil, c’est l’amour.

À l’inverse du journaliste/fan que je suis, Anemone ne se prend pas la tête. Alors oui, on écoutait les Byrds, puis la déco pourrait le laisser penser, mais il serait réducteur d’uniquement mettre Anemone dans la case «musique hippie». Le band est autant influencé par le rock des années 60 que le groove des années 70 et 80, que la vague Peace&Love des années 60. «J’associe plutôt ma musique et ma personnalité avec le Summer of Love de 1967, avant les révolutions pendant que tout était peace and love. Un été à rêver que tout allait être OK et ensoleillé…»

Ce feeling là, cet espoir-là, on peut le retrouver tous jours. Il suffit d’avoir le bon oeil et de regarder la vie avec un esprit positif et amoureux et surtout, ne pas avoir peur de se découvrir. «Anemone c’est une musique que j’écris pour donner un souffle de soleil et de positivisme. Mon univers c’est le soleil, c’est l’amour, sans cherche à coller à tel ou tel mouvement. J’ai juste des vibes vraiment relax, j’suis porté a me sentir bien dans cet univers, mais pas que.»

Des algues sous-marines en live

Les good vibes d’Anemone, c’est en live qu’on les sent le plus. Les chanceux qui ont pu les voir en première partie d’Allah Las ou des excellents Lemon Twigs, pourront vous le dire; Anemone, ça danse! C’est une dose d’amour, 5 ou 6 musiciens qui se dandinent comme des algues sous-marines, surtout Chloé derrière son clavier. «Ce que j’aime le plus c’est performer et être en contact avec les personnes. Mon rêve ce serait d’avoir quelqu’un qui joue les claviers pour moi et être encore plus libre sur scène et être une genre de Mick Jagger. Je pourrais chanter puis danser et courir. Pour l’instant, je ne peux pas, parce que je ne peux pas lâcher mes claviers, mais un jour on va trouver une solution! C’est mon plan».

Puis si vous voulez savoir ça ressemble à quoi une algue sous-marine qui danse, allez les voir en show mardi soir au Quai des Brumes de Montréal. Y’a pas meilleur fit pour apprécier les rayons de soleil qui reviennent.

Peace.

Pour découvrir un autre band émergent de Montréal: «Dear Denizen: le long chemin vers la musique du coeur».

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