Angry, Undead : un album brutal, précis et tout en textures

The Flaying confirme sa place dans l'élite du death metal.

C’est toujours un peu malaisant pour un fan de death metal québécois d’expliquer ses goûts musicaux à sa famille, ses amis et aux gens qui écoutent les playlists 105,7 Rythme FM sur Spotify.

« J’comprends pas c’que t’aimes là-dedans, c’est juste du maudit beuglage. »

« C’est pas de la musique. »

« Est-ce un chien qui régurgite dans un broyeur à déchets? »

Ce sont-là des stéréotypes auxquels tout fan de death metal doit faire face et c’est parfois difficile de les réfuter, parce que certains bands de death prônent l’agressivité et la distorsion, d’autres préconisent les prouesses techniques et la texture sonore et certains font simplement de l’imagerie extrême. Mais c’est rare de trouver un groupe qui fait tout ça mieux que tout le monde. 

La composition originale, éclectique et confrontante des chansons fait d’Angry, Undead un futur classique du death metal.

Au Québec, on n’avait que Cryptopsy qui cochait toutes ces cases depuis deux décennies. J’ai cependant le bonheur de vous annoncer qu’on a un nouveau joueur dans la game. Avec son album Angry, Undead, le quatuor de Québec The Flaying rejoint la royauté du death metal. Et… c’est pas pour faire mon vieux péquiste, mais c’est le fun que la plupart des chansons soient interprétées en français.

C’est un brin difficile d’isoler un seul élément qui résume en quoi l’album est spécial, alors je vous en ai dressé un panorama :

Ouverture Écarlate

Angry, Undead débute avec Ouverture Écarlate, un prélude qui nous plonge dans son atmosphère d’horreur avec des cris de douleurs et des bruits bien mouillés, ça évoque une atmosphère un peu goregrind… ce qui est loin d’être déplaisant. 

Disloqué

Mais c’est avec Disloqué que l’album prend tout son sens. C’est une pièce au rythme effréné et aux textures mélodiques, qui se démarque par une performance volcanique du chanteur William Murray et un bridge dissonant à la basse qui rajoute une touche d’épouvante pour mettre en perspective l’agressivité du morceau et nous replonger dans l’atmosphère cauchemardesque. C’est un petit bijou.

Place du parvis

Place du Parvis casse le rythme et commence sur des chapeaux de roues avec une explosion de blast beats et un mur de guitare qui assomme les sens. C’est l’équivalent sonore d’être prisonnier d’une tornade sans pouvoir y mourir. On y note encore une fois un usage intelligent de la basse pour enrichir l’atmosphère, ce qui est bien parce qu’on l’entend un peu moins quand The Flaying joue à 100 milles à l’heure. 

Genuflect

Genuflect (la première pièce anglophone de l’album) nous sert une deuxième dose de fureur, de riffs de guitare syncopés et de basse lourde et prédatrice. Les changements de tempo imprévisibles plairont peut-être moins à certains, mais on ne peut qu’admirer l’éclectisme et l’ouverture d’esprit de la composition. Le travail à la batterie de Michel Bélanger vole la vedette en fin de chanson, poussant l’intensité une coche plus loin.

Egocentric Predicament

L’interlude instrumental Egocentric Predicament quant à lui porte très bien son nom, fournissant 45 secondes d’acrobaties musicales à pleine vitesse.

Elegy of Emptiness & La Valse du Scorpion

Elegy of Emptiness annonce le dernier droit d’Angry, Undead. Commençant par un hurlement guttural et ressenti de William Murray, on poursuit avec un autre mur de guitare érigé par Didier Samson pour ensuite céder le pas à une des chansons des plus techniques et troublantes sur l’album où chaque musicien tire encore une fois son épingle du jeu. Même chose pour La Valse du Scorpion (premier extrait de l’album) qui enchaîne les changements de tempos et les prouesses sonores sans jamais sacrifier le niveau de brutalité.

Angry, Unleashed et Angry, Undead

Enfin, Angry, Unleashed et Angry, Undead dressent un mini-panorama de l’album : la première est brutale, hyperviolente et jouée à une rapidité ahurissante et la dernière n’hésite pas à juxtaposer textures atmosphériques avec la furie qu’on leur connaît bien. 

En résumé

Pour résumer, je dirais que la composition originale, éclectique et confrontante des chansons fait d’Angry, Undead un futur classique du death metal. À noter l’utilisation créative de la basse de Sébastien Marier-Verret, qui vient souvent ponctuer les chansons de façon inattendue et leur donner une nouvelle dimension. Jumelé à la fureur inspirée des performances de Didier Samson et Michel Bélanger et aux prestations démoniaques de William Murray, le résultat final sur Angry, Undead est certes lourd, mais sophistiqué et intransigeant…

Un album de pur death technique et lugubre comme celui-ci… j’en n’avais pas entendu un depuis…. laissez-moi avaler ma pilule d’hyperbole… None So Vile, de Cryptopsy?

Bon, c’est sûr que c’est un tantinet difficile à digérer comme album. Il s’y passe tellement de choses et tellement de détails sont imbriqués dans cette véritable explosion musicale que ça prend quelques écoutes pour démêler tout ça et apprécier chaque chanson à sa juste valeur. Mais sérieusement, ça fait loooongtemps que je n’ai pas eu autant de plaisir à écouter un album de death metal québécois.  On fait du maudit bon black ici, mais un album de pur death technique et lugubre comme celui-ci… j’en n’avais pas entendu un depuis…. laissez-moi avaler ma pilule d’hyperbole… None So Vile, de Cryptopsy? D’ailleurs, l’album a été réalisé par le guitariste du groupe iconique Chris Donaldson.

Je ne niaise pas.

La scène death d’ici vient de prendre un autre niveau.

Pour suivre The Flaying, c’est ici.

Pour écouter leur discographie, c’est ici.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

Angry, Undead : un album brutal, précis et tout en textures

The Flaying confirme sa place dans l'élite du death metal.

Dans le même esprit