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Antoine Corriveau et Mathilde Corbeil : créer l’inédit et l’éphémère

Pour un soir seulement, les deux artistes présenteront un univers sonore et visuel hors du commun.

Même si son spectacle dans le cadre du Coup de cœur francophone arrive à grands pas, Antoine Corriveau a encore beaucoup de travail devant lui. C’est que son passage au Club Soda le 9 novembre prochain n’aura rien de banal. Avec l’aide de l’illustratrice Mathilde Corbeil, l’auteur-compositeur-interprète intègrera projections et expérimentation ambisonore, avec des haut-parleurs placés un peu partout dans la salle qui diffuseront la musique de manière différente les unes des autres.

Quelque chose se trame

Antoine Corriveau qualifie lui-même le projet « d’ambitieux », mais il reste sûr que le résultat en vaudra la peine, peu importe ce qui arrivera. « On va essayer de quoi », me confie-t-il à dans un minuscule café sur Mont-Royal. « Pis ça ne peut pas ne pas marcher dans ces conditions-là, dans le sens où tout le monde apporte quelque chose qui fait que ce moment-là existe. »

Mathilde Corbeil, assise à côté de lui, sera une pièce maîtresse de ce spectacle. Après avoir collaboré comme illustratrice autant pour le théâtre (J’aime Hydro) que pour la musique avec des pochettes et des vidéoclips, elle admet que le défi de travailler sur ce projet est de taille. « Le travail d’animation, c’est un travail de longue haleine, et les choses se décident au moment où on les fait. »

Trouver sa musique dans l’art de quelqu’un d’autre

C’est d’abord le Coup de cœur francophone qui a proposé à Antoine Corriveau de s’allier à une artiste visuelle pour son spectacle. C’est toutefois lui qui a eu le dernier mot sur le choix de cette artiste. « Ils m’ont proposé du monde qui faisait des projections et on dirait que je ne voyais pas ce que je pouvais faire comme show. » Ce n’est qu’en collaborant avec Mathilde Corbeil pour la pochette de son mini-album Feu de forêt qu’il a senti un déclic pour ce projet. « Je trouvais qu’avec son trait et son style de dessin, on dirait que je m’imaginais ça comme la représentation visuelle de ce que je fais comme musique. »

« On est encore tellement en chantier… »

Pour la pochette, Mathilde Corbeil a décidé d’opter pour quelque chose de plutôt abstrait, voire cérébral. « On s’est mis à s’intéresser au feu de forêt, mais d’une manière très iconographique. Sur la pochette d’album, le feu de forêt, c’est un point, une forme géométrique complètement opposée au feu. Après, tu as ces espèces de lignes qui sont des cartes topographiques en fait. C’est là où les dessins psychédéliques sont arrivés pour les projections dans le show. »

Cette vision abstraite du feu de forêt servira un peu de point central au spectacle. Antoine Corriveau avoue également que ces idées auront un impact sur sa musique lors de la performance. « La volonté derrière les arrangements qu’on fait, c’est un peu de voir jusqu’où on peut pousser la déconstruction, la distorsion de tout un univers. » Avec la volonté de faire un spectacle « unique », il a entre autres réfléchi avec son sonorisateur pour essayer de nouvelles choses. « Mettons, dans la vie, on a compris comment on mic ça un band sur un stage, et je lui ai juste dit “y’a-tu moyen de fucker le chien là-dedans, une petite affaire?” »

Détails et fébrilité

Il admet d’ailleurs avoir dû échanger longuement avec les différents directeurs techniques du festival et de la salle pour faire comprendre sa vision, alors qu’il souhaite utiliser des haut-parleurs supplémentaires qui recevront des signaux sonores différents des haut-parleurs principaux. « Ça fait peur un peu à tout le monde, et c’est un gros, gros risque et ça se pourrait que ça ne marche pas », admet-il, avant de se raviser. « En fait, c’est sûr que ça va fonctionner d’une manière. Mais c’est sûr que ce ne sera pas comme on l’a imaginé, et c’est ça qui est le fun. » Pour l’occasion, la scène sera aménagée au centre du Club Soda. « Il va y avoir des gens de trois côtés de la scène, explique-t-il, donc d’une part ça va être possible, je pense, de circuler et de changer de place durant le spectacle et d’avoir accès à autre chose. »

La position de la scène a aussi un impact sur le travail de Mathilde Corbeil dans le spectacle. « On ne peut pas se dire qu’on projette sur les musiciens et qu’on va rentrer dans un truc super psychédélique parce qu’ils sont au centre; ça prendrait trop de projecteurs. » Elle admet que cette contrainte l’a amenée à faire quelques « deuils de création ». « Mais une fois que c’est établi, et qu’on se dit que, ok, c’est ça la solution qu’on a trouvée, on se demande comment faire pour extraire le plus de plaisir et de satisfaction au travers de ça. »

« On se demande comment faire pour extraire le plus de plaisir et de satisfaction au travers de ça. »

Même s’il reste encore beaucoup d’heures de travail à l’horizon dans les prochains jours, les deux artistes sont d’avis que la priorité, c’est d’avoir du plaisir. « Tu ne peux pas faire une idée d’un happening super ambitieux et te dire que c’est le genre de production où, avec les bénéfices, on va payer le prochain disque », illustre Antoine Corriveau. « À partir du moment que le monde embarque et s’en criss des conditions financières, il faut le faire et tout le monde y met tout. Tout le monde a juste envie d’être fier du show. »

Pour en savoir plus sur le spectacle d’Antoine Corriveau et Mathilde Corbeil présenté au Coup de cœur francophone, c’est ici.

Pour suivre Antoine Corriveau, c’est ici. Pour Mathilde Corbeil, c’est ici.

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