Arctic Monkeys, ou ne jamais baisser les bras

Le groupe lance aujourd'hui le making-of vidéo de son dernier album.

Dans les dernières années, j’ai vécu une relation amour-haine avec Arctic Monkeys. Découverte lors de mon adolescence, la formation m’a offert un des meilleurs shows de ma vie quand, en secondaire 5, j’ai assisté à leur performance à l’Olympia. Pendant plus de 2h, la foule se poussa dans un gros criss de mosh pit pas possible, accompagnée des chansons classiques du groupe.

Je me souviens m’être fait  hissé à bout de bras et d’avoir traversé en body surfing l’entièreté de la foule avant de m’écraser brutalement par terre rendu près du stage. La vision de tous ces yeux blancs qui me regardent vivre le moment le plus rock de ma vie, je ne l’oublierai jamais.

Me frayant un chemin à travers tous ces adolescents en sueur, j’ai finalement réussi à retrouver ma gang. Un spectacle qui avait commencé très mal (moi qui échappe mes lunettes sur le sol en manquant les perdre à tout jamais) venait de se conclure par une des meilleures expériences live que j’ai vécues de ma vie. Honnêtement, je me souviens à peine avoir regardé la scène.

Dans le métro, sentant encore le «fond de tonne», mon ami a pointé mon dos en disant « Yo Hugo, tu saignes ». Effectivement sur mon chandail se trouvait une énorme tache de sang couvrant l’entièreté de mon corps. Effrayés, nous avons soulevé mon chandail pour voir si tout était correct : je n’avais pas une égratignure. C’était un inconnu qui m’avait saigné dessus toute la soirée.

Décidément, je venais d’assister à quelque chose d’historique dans mon parcours personnel, et même les années de fumage de pot qui ont suivi n’ont jamais réussi à effacer ces souvenirs.

Trop d’ambition = musique plate?

En fait, même la musique pu bonne d’Artic Monkeys n’a pas réussi à ternir mon image de cette soirée. Parce qu’on va se le dire, Arctic Monkeys, pendant un bout, c’tait pus bon.

Avalé par la pop-radio, le groupe a enfilé une série de deux albums inintéressants, loin de tout ce qu’on aimait de leur production. Autrefois un band plutôt punk dans son énergie, semblerait qu’après Humbug, les gars avaient plutôt décidé de viser le tube ultime.

Si Suck it and See était particulièrement nul, AM était de son côté carrément plate. Des rythmes répétitifs et des riffs platoniques, sans relief. Excepté Do I Wanna Know?, relayée à l’infini sur les radios commerciales, l’album n’avait que très peu de substance. Et même si le single était bon (Arctic Monkeys a ce don de savoir comment vous accrocher dès la première chanson d’un album), n’importe quel truc de bon répété à l’infini devient lassant. *tousse-tousse* toutes les femmes savent danser *tousse-tousse*.

Du nouveau et du bon

Depuis les dernières années, mon intérêt pour le groupe s’était donc tranquillement dissipé, jusqu’à ce que cette année, le groupe lance Tranquility Base Hotel & Casino. Ironiquement, c’est en se retrouvant à mille lieues de ses origines que le groupe a finalement proposé une oeuvre originale et intéressante.

On s’entend qu’effectivement Tranquility Base Hotel & Casino est totalement à l’opposé de l’énergie de Whatever People Say I Am, That’s What I’m Not.  Avec une nouvelle esthétique crooner, le groupe est revenu en force avec un look ringard, mais totalement assumé. Les gars d’Alex Turner sont réapparus, non plus comme des Jonas Brothers semi-subversifs, mais comme un revival de l’attitude Gainsbourg : au piano et à la guitare, les cheveux en bataille et la cigarette au bec, évoluant dans un chic-trash, renforcé par l’esthétique « motel cheap » de l’album.

D’un seul coup, mon aversion pour Arctic Monkeys s’est effacée en entendant les premières lignes de drum de l’album. Ajoutez à tout ça des choeurs planants, et des solos de guitare bien rock et vous trouverez la trame sonore parfaite pour un slow awkward dans un bal de finissants, ou entre vieux couples dans le lobby d’un motel qui sent le tapis humide.

Et semblerait que c’est justement dans ce mood-là qu’a été composé l’album, comme nous l’a dévoilé aujourd’hui Warp Speed Chic, un court-métrage réalisé par Ben Chappell lors du séjour du groupe en France. Filmé en 16mm, le film nous montre les gars réunis dans une grande maison de campagne éparpillant instruments et micros, pour composer leur album. Un mélange d’images live et d’archives, se juxtaposant à des pistes inédites des chansons. Bref, une oeuvre à découvrir immédiatement pour tout fan de la formation.

Décidément, Arctic Monkeys est là pour nous rappeler qu’un fan ne doit jamais baisser les bras, puisque la musique triomphe toujours. Surtout la bonne.

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