J’ai 25 ans et je pleure Charles Aznavour

Le chanteur a touché jeunes et moins jeunes au cours de sa longue carrière.

1967, rue Arsène à Longueuil. Une jeune fille de 16 ans se laisse bercer par les paroles d’une chanson, qu’elle écoute à répétition.

« La bohème… LA BOHÈMEEE » résonne dans la demeure et la jeune fille rêve de partir à Paris pour vivre chaque texte du chanteur français d’origine arménienne, Charles Aznavour.

Cette jeune fille, eh bien, c’est ma mère. Celle qui écoutait ses chansons sans arrêt, sur son tourne-disque ; qui a appris l’amour à travers ses paroles, avant de me transmettre à mon tour son affection pour le « Frank Sinatra de la France » alors que j’étais petit.

Comme beaucoup d’entre vous, ce sont mes parents qui m’ont initié à mes premiers coups de cœur musicaux. Chez nous, ce n’était ni les Beatles, ni Pink Floyd, ni les Rolling Stones. 

C’était plutôt la verve de celui qui a d’abord porté le nom de Shahnourh Varinag Aznavourian.

Hier encore…

Hier encore, j’étais en voiture me promenant d’une ville à l’autre et chantant les chansons empreintes d’émotions, avec une larme à l’œil, du crooner français.

J’avais 20 ans, et je connaissais toutes les paroles de ses plus grands succès. Je maîtrisais même les paroles les plus rapides d’« Emmenez-moi » (le seul que je connais qui ait réussi avant moi c’est Michel Côté dans C.R.A.Z.Y.) Dans les bars, à la tombée du jour, j’écrivais des poèmes en me laissant caresser par ses mots et ses mélodies qui me donnent encore le vertige aujourd’hui.

Et pourtant, ET POURTANT, malgré tous ces souvenirs, mon anecdote la plus marquante et le plus vibrante impliquant le chanteur s’est déroulée lors du 50e anniversaire de mon père. Entassés dans un petit restaurant de Baie-Saint-Paul, tous les membres de notre famille étaient venus célébrer un moment marquant de la vie de mon papa. Soudainement, un chansonnier fait son apparition et commence à chanter « Hier encore ». Mon père, surpris, écoute les paroles de cette chanson qu’il adore tant.

Ému et touché, il tente de retenir une petite larme qui voit le jour près de son œil.

C’était « For me Formidable » de réaliser que, non seulement, ma mère et moi étions en amour avec ce monument de la chanson française , mais que mon père l’était tout autant.

Emmenez-nous

En plus d’avoir touché plusieurs générations,
Aznavour me donne toujours, à ce jour, des frissons;
Celui dont les paroles nous ont fait pleurer,
Et qui jusqu’à la fin, aura su m’inspirer.

Certains ont pleuré la mort de David Bowie, de Prince ou de Michael Jackson.

Moi, je pleure la mort de Charles Aznavour.

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