Isabelle Langlois

Ça valait le détour : le Festival l’Alternative

Suivez les aventures du Mixbus Studio sur la route des festivals.

Cet été, Isabelle et Jacob se sont lancés dans un projet fou : transformer un autobus en studio pour faire la route des festivals. Et comme c’est pas tout le monde qui peut se permettre de prendre trois mois de congé, ils nous ont fait une place aux premières loges de leur aventure. Embarquez à bord du Mixbus, le road trip commence ici.

C’est une date du lundi dans un bar de la rue Saint-Denis qui m’a fait rencontrer Jacob, un vrai de vrai trippeux. Le genre de gars qui te propose un road trip le premier soir. Le genre de gars qui t’apprend en chemin qu’il a converti un autobus scolaire en studio d’enregistrement mobile parce qu’il trippe trop musique. Le genre de gars qui, même pas 4 mois plus tard, te propose de faire partie toi aussi du trip. Quand un professionnel de la vie trippante t’invite à faire le tour des festivals du Québec avec lui, dans rien de moins qu’un bus magique, tu n’hésites pas longtemps. En plus ça tombait bien, je l’aime pas mal mon hippie mélomane. Par la magie de l’univers, ç’a cliqué nous deux. Si j’étais cheesy, je dirais qu’il est le fromage skouik skouik à ma poutine.

Mon chum et moi

Donc, j’ai lâché mon appartement et ma job pour m’installer dans un bus bleu fluo afin de ne vivre que de concerts et d’IPA fraîches. Seul bémol, je ne suis même pas capable de jouer un accord de Wonderwall à la guitare. Tant qu’à partir en tournée avec aucun talent musical, je me suis dit qu’au moins, j’allais rapporter un peu nos péripéties.

C’est qu’avec le bus, il y a de quoi écrire un maudit bon skyblog. Il nous permet de voir du pays, d’orchestrer des performances sur le toit, de rencontrer plein de merveilleux humains sur le party et d’enregistrer des artistes. Hubert Lenoir comme Philippe Brach se sont déjà produits dans le bus par exemple. Fun, fun, fun comme dirait Kid Kazoo.

En direct de Thetford

Cette semaine, c’était notre premier événement de l’été Mixbus avec le Festival L’Alternative à Thetford Mines. Pour être certain que la pression soit à son paroxysme, Jacob en était le Directeur. Il se disait pas stressé, mais je l’ai surpris à plusieurs reprises les yeux dans le vide à se demander « pourquoi je fais ça ».

Comme le nom le dit, le festival se voulait une alternative à ce qui se passait dans la région. Au menu, kiosques d’artisans écoresponsables, présentations de modes de vie alternatifs et surtout une programmation d’artistes autres que Bob Bissonnette. C’est pas qu’on l’aime pas Bob Bissonnette, mais il est mort et la Beauce ne pourra pas se dandiner sur ses hommages toute la vie. Entre autres, celles et ceux qui sont pas Bob Bissonnette et que j’y ai découverts : Anthony Roberge, Monaco, DJ Wraz, Steven & Steeven, Virginie B, Jimmy Jane, Jany Provost, Jack Layne et Marc-Antoine Beaudoin.

Jany Provost

En tant que la blonde du Directeur du festival aka « le gars qui profite le moins de l’événement », j’avais le droit de me faufiler dans les loges telle une vraie de vraie groupie. Pareil comme dans le film Almost Famous. Il me manquait que les lunettes mauves et les frisettes de Kate Hudson.

Il y avait Lemon Grab, un groupe de rock garage punk qui s’adonnait relax à la pétanque. Le soir même par contre, les filles ont fait sauter deux haut-parleurs en jouant trop fort. Finalement, on était loin des Résidences Soleil.

En tête-à-tête avec Simon Kearney, je lui ai dit que sa musique m’inspirait les bons classiques de la radio Rock-Détente et il l’a bien pris. C’est peut-être aussi parce qu’il porte pas ses pants souvent.

Simon Kearney

J’ai jasé un mini peu avec Fouki, pour découvrir qu’il prononce très bien en parlant. J’avais en tête qu’il allait mumbler toute la conversation. J’avais le goût qu’il me lise du Voltaire juste pour voir comment ça sonne.

Le vrai party, c’est dehors

En fait, le vrai party se déroulait pas dans les loges, mais bien autour du Mixbus ou sur la scène principale en dessous d’un énorme chapiteau digne du plus beau mariage de campagne ever.

Dans mes moments préférés, j’ai vu pour la première fois de la musique house « live » avec la Brigade, un groupe d’intellos que tu penserais pourtant jamais croiser dans un club. La Carotte Polaire m’a donné des frissons par sa voix. J’ai adoré l’énergie de Shiv Dev qui s’est lancé dans le public afin de l’entraîner à sauter une corde à danser improvisée avec son micro. Clay and friend, un band que j’adore, a essayé quelques nouvelles compositions. Pour une fille qui les a vus une dizaine de fois en spectacle, j’étais comblée.

Un festivalier opportuniste

Puis, j’ai jamais observé autant de gens sauter ensemble en criant pain à l’ail pour la chanson S.P.A.L.A. de FouKi. Si j’étais le Pacini, j’aurais versé une larme. Gayé a fait l’effet d’une bombe sur la foule (une bombe lacrymogène même, tant il y a avait de la fumée de joint qui se dispersait dans l’air).

À voir comment les Thetfordois brassaient, je me suis dit qu’il allait avoir quelques chiros qui feraient la piasse à replacer des colonnes vertébrales cette semaine.

À la fin des soirées, des navettes dignes d’un voyage organisé pour New York nous dirigeaient jusqu’à l’after officiel. Le festival voulait être alternatif jusqu’au bout en proposant du dubstep. Même si DJ Motus tenait à « dropper du BPM », les visages déconfits des filles qui s’attendaient à danser sur du Sean Paul ont poussé Kirouac, KodakLudo et Quiet Mike (le beat maker de FouKi) à prendre le relais sur scène. C’est à l’unisson sur les paroles de « fumer la Marie-Jeanne au Parc Jeanne-Mance » que les cœurs de sont apaisés. Une chanson aussi récréative que thérapeutique.

La fin de semaine s’est terminée autour d’un feu jusqu’aux petites heures du matin à gratter la guitare. On n’a pas chanté Wonderwall, j’étais soulagée.

J’ai enfin passé du temps avec mon chum le dimanche dans le Mixbus. Il a pas trop pris de cheveux blancs dans sa crinière verte et il était en somme bien heureux de cette première expérience comme organisateur de festival. De mon côté, je me suis fait au moins 20 nouveaux amis Facebook et j’ai perdu la voix. Deux signes d’un weekend réussi. Le reste de l’été ne risque pas d’être reposant. Les rock stars ne le mentionnent jamais dans leur album, mais la vie de tournée c’est fatigant en maudit.

Prochain arrêt de bus, le lit!

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