Pourquoi le rap est-il autant punk ?

L'actualité de cette semaine nous rappelle les points communs entre les deux genres.

Au début des années 80 le band punk hardcore The Dead Kennedys était souvent questionné sur son nom. N’est-il pas un peu de mauvais goût? Leur réponse : “C’est pas plutôt d’avoir tué le président Kennedy qui est de mauvais goût?” Cette attitude effrontée et ce désir de subversion ont toujours fait partie de l’attitude punk.

Cette année c’est plutôt dans les méandres du rap que l’on trouve la déférence punk.

En 2018 c’est plutôt dans les méandres du rap que l’on trouve la déférence punk. Cette semaine notamment, les exemples abondent.

Le rappeur Lil Uzi Vert sème la pagaille en empruntant l’esthétique exacte du logo d’une secte meurtrière des années 90. On n’est pas dans l’inspiration légère. La pochette de Eternal Atake, le prochain album de Lil Uzi, est une copie conforme de l’original. À un point tel où des membres de Heaven’s Gate songent à la poursuite judiciaire.  On parle bien sûr ici des membres ayant survécu à l’intoxication collective létale autoadministrée à l’approche de la comète Hale-Bopp en 1997.

Le cas T-Kay

Un peu plus tôt dans la semaine, c’est le rappeur T-Kay et son label qui se retrouvaient dans l’eau chaude. Après avoir commis plusieurs crimes et s’être débattu vigoureusement avec la justice, Taymor Travon McIntyre (de son vrai nom ) se retrouve en prison pour les 20 prochaines années, non sans avoir préalablement fait son fame avec des morceaux abordant directement ses déboires.

Voilà que les familles des victimes du rappeur entament de nouvelles procédures judiciaires à l’encontre du détenu. La raison? De connivence avec son label, 88 Classics, Tay-K aurait été encouragé à commettre des crimes pour faire mousser sa notoriété. Ça c’est bum.

Et au Québec?

Sur une note plus jojo, notons qu’une autre des particularités du punk est la courte durée des chansons.  Le rap ne nous laisse pas sur notre faim cette semaine, avec un morceau de 1 minute 50 secondes top chrono, gracieuseté du rappeur Québecois PAZOH.

Propension à la déférence, doigts d’honneur et détournements, le rap n’en est pas à ses premiers exemples d’une attitude tout à fait punk. Reste à savoir si le genre pognerait au Vans Warped Tour. Les paris sont ouverts.

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