Germain Barre

Chansons tristes : 5 classiques qui nous ont fait pleurer sur le dancefloor

Une sélection des meilleurs airs pour stimuler autant vos hanches que vos larmes.

Dans quelques jours, le nouvel album de Robyn verra le jour. Les fans attendent l’événement avec anticipation, les plus avides d’entre eux avec une idée bien précise en tête : avoir enfin de nouveaux headbangers sur lesquels pleurer tout leur saoul.

Missing Usingle sorti plus tôt cette année est la promesse parfaite d’un alliage entre déhanchements lascifs et épanchements de larmes éhontés. Une combinaison qui peut sembler surprenante, mais qui a pourtant fait ses preuves tout au long de l’histoire de la musique populaire, comme le montre les nombreux exemples suivants.

It’s my party : un précurseur terrible

Si Leslie Gore interprète ce hit des années 60 sans fausse note, c’est Quincy Jones (l’éminence grise derrière le succès de Michael Jackson) qui est aux commandes de la console de son. Claps et percussions bon-enfant font de la chanson une sautillante ritournelle. Une écoute attentive des paroles dévoile cependant une tragédie toute juvénile. La pauvre narratrice cherche son prétendant, Johnny, tandis que son amie, Judy, s’est également éclipsée. Elle constate dans la déconfiture que le jour même de son anniversaire, elle est la victime d’une trahison sans nom. Tout ce qu’il lui reste à faire, c’est pleurer, comme le témoignent si bien ces déchirantes paroles : “It’s my party, and I’ll cry if I want to/Cry if I want to, cry if I want to/You would cry too if it happened to you”.

Take a chance on me : le désespoir à la sauce ABBA

Ne vous laissez pas berner par les sourires espiègles d’Agnetha, Björn, Benny et Anni-Frid. Le quatuor disco suédois ABBA, a le sens aiguisé du drame et a plus d’une fois été le sujet de théories accablantes sur la profonde détresse au cœur de sa musique. Sur ce succès de 1978, les cœurs enjoués répétant un « take a chance take a take a chance chance » arrivent à peine à nous faire oublier qu’au fond, la chanson tourne autour d’une personne prête à sacrifier sa dignité pour une parcelle d’attention d’un individu qui n’en a rien à cirer. « If you’re all alone when the pretty birds have flown/Honey I’m still free/Take a chance on me » se traduisant par « Si toutes les beautés veulent pas de toi, essaie-toi au moins sur moi, moi je suis toujours libre ». Dramatiquement pathétique.

Bizarre Love Triangle : la souffrance innommable

Il y a de ces façons d’écrire une chanson qui laissent planer un flou artistique sur une signification profonde, tout en évoquant les émotions les plus concrètes. Quel est l’étrange triangle amoureux dans lequel est pris le narrateur de cet incontournable bijou new wave? Hésite-t-il entre deux personnes (« I do admit to myself/That if I hurt someone else/Then I’ll never see just what we’re meant to be »)? Entre quelqu’un et une certaine forme de pression sociale (« I feel fine and I feel good/I’m feeling like I never should/Whenever I get this way/I just don’t know what to say/Why can’t we be ourselves like we were yesterday »)? Entre sa foi qui exige la pureté et ses sentiments interdits (« Every time I see you falling/I get down on my knees and pray/I’m waiting for that final moment/You say the words that I can’t say »)? Le vidéoclip abstrait et hautement esthétique n’aide en rien à se faire une idée. Ne reste que les drum machines ultra robotiques, les riffs de basse suraiguë et les mélopées enivrantes de synthétiseurs.

Alors on danse : aucune issue

Le cynisme et le désenchantement le plus total. C’est la proposition simple et efficace du Belge Stromae sur la pièce qui l’a fait connaître au reste du monde. Sur la bassline qui entre le plus dans la tête de toute l’histoire de la musique, le rappeur dépeint un désarroi social qui n’est pas sans rappeler la théorie du nihilisme passif de Nietzsche. « Et là tu te dis que c’est fini car pire que ça ce serait la mort/Quand tu crois enfin que tu t’en sors quand y en a plus et ben y en a encore » Le hit, devenu rapidement planétaire, porte à croire que tout le monde se sent un peu dans la même merde.

Dancing on my own : la piste de danse comme scène d’un théâtre tragique

La voilà, celle que vous attendiez de pied ferme, une boîte de kleenex à la main. Sur cet incontournable morceau de la Suédoise Robyn, tout se passe sur la piste de danse. Elle est juste-là, le voit en embrasser une autre. Il ne la remarque même pas. Que fait-elle, dans un moment déchirant et cruel? Elle danse. Toute seule. Et on est prêt à parier que des milliers de personnes ont essayer de faire passer le motton en dansant, seules elles aussi, sur Dancing On My Own.

Et au Québec? Ce soir on danse à Naziland : dystopie

« Autour de nous il tombe des bombes/Plus besoin de creuser nos tombes/On est tous des morts en vacances/Mais on s’en fout ce soir on danse. » Luc Plamondon a probablement accouché de ses paroles les plus sombres au moment d’écrire l’opéra rock Starmania. Sa dystopie met en scène les personnages les plus désabusés, entonnant leurs sombres confessions sur la musique la plus groovy (signée Michel Berger). Ce soir on danse à Naziland ne fait pas exception. Une Nanette Workman au sommet de sa forme s’époumone avec l’énergie du désespoir : « On va tous mourir, dansons! » Une proposition étonnamment convaincante.

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