Cinq artistes qui s’amusent avec l’identité de genre

Des genres dans tous les genres.

Bon, ben c’est Fierté Montréal qui commence enfin la semaine prochaine, et des artistes en tous genres (la pognes-tu) vont rayonner sur les scènes du Parc des Faubourgs. Déjà, l’actualité musicale des dernières semaines a été ponctuée par les réalités LGBTQIA2+. Outre le coming out de Lil Nas X (et ses 28 remix de Old Town Road), la rayonnante chanteuse trans Kim Petras a sorti son premier album en juillet.

Mon coup de cœur revient toutefois à l’artiste de genre fluide Dorian Electra, qui a secoué la planète pop avec son long jeu Flamboyant vendredi dernier. La façon dont son œuvre pige directement dans les notions de genre m’a fait réfléchir énormément sur la thématique. 

Voici un petit tour de piste de musicien.nes connu.es et moins connu.es qui ont transcendé leur identité pour raconter à leur façon la grande et complexe histoire des genres.  

 

Dorian Electra —L’être derrière le masc

Je sais pas pour vous, mais moi je suis instantanément tombé sur le charme de la micro-moustache de Dorian Electra, et pas seulement ça. Les multiples looks que l’artiste met en scène dans ses incroyables vidéoclips sont autant de raisons pour se laisser enchanter par son univers. Dorian explore à fond le concept de masculinité, jusqu’à le transcender (pour ne pas dire : jusqu’à lui faire un headbutt fatal, comme on en voit dans pratiquement toutes ses vidéos). 

Mykki Blanco — Incarner ses genres

Mykki utilise le jeu d’acteur de façon ingénieuse. Son identité de genre étant toujours en changement, mais jamais trop loin de la transféminité, l’artiste plonge à 110 % dans chacun des personnages de ses clips pour faire réfléchir et passer des messages hautement engagés. Même à l’écart de la musique, Blanco trouve une façon ou une autre de mettre costume et perruque à profit d’une cause qui lui est chère

Prince — Appelez-moi Camille

C’est une histoire que même les fans de Prince ne connaissent pas assez. Le musicien a longtemps caressé le rêve de publier de la musique sous l’identité inventée d’une chanteuse. Trafiquant sa voix et adaptant les thèmes de ses textes pour mieux incarner une femme, il en était presque rendu à lancer un album quand son label de l’époque l’aurait découragé de le faire. On peut toutefois profiter de l’alter ego féminin de Prince, Camille, sur l’excellent morceau de Sign O’ the Times, If I Was Your Girlfriend

Bulent Ersoy et Zeki Muren — La connexion turque

Ce paragraphe est un petit rappel pour celleux qui pensent que l’émancipation des genres n’est qu’un phénomène occidental et récent. Dès les années 60, Zeki Muren, un artiste respecté dans toute la Turquie pour sa voix on point et sa diction sans faille (oui, oui, une vedette de la diction), s’est mis à jouer sur son apparence, pointant vers une féminité assumée qui n’a jamais terni sa carrière. Même son de cloche du côté de Bulent Ersoy, chanteuse trans qui figure parmi les plus écoutées et aimées de sa génération (ma chanson préférée de Bulent, c’est celle-là). 

Against Me — TRANSition

Avec des noms d’albums comme Transgender Dysphoria Blues et Shapeshift With Me, on sait tout de suite que Laura Jane Grace, leader du groupe punk rock Against Me, aborde son identité trans sans détour. Les textes sont crus et explicites, l’intensité est à son paroxysme. Laura assume définitivement le core dans queercore, terme utilisé pour décrire le filon punk exploité par elle et son groupe. 

Une de mes collègues a d’ailleurs été encouragée dans sa transition par la démarche de la chanteuse.

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