Cinq catégories qu’on aimerait voir à l’ADISQ

Pourquoi il n'y a pas de prix pour le festival régional de l'année ?

Nous voilà en pleine saison de l’ADISQ! En tout, plus d’une soixantaine de prix seront remis. C’est aujourd’hui qu’a lieu le premier gala de l’ADISQ ainsi que le gala de l’industrie. Le grand gala et rendez-vous télévisuel annuel aura lieu ce dimanche.

Cette année, l’association a décidé d’y ajouter une nouvelle catégorie pour célébrer l’artiste autochtone de l’année. Et c’est tant mieux! Mais en fouillant dans les catégories présentées, on a trouvé quelques autres lacunes et angles morts. Évidemment, ce n’est pas tout qui tombe sous la juridiction de l’association. Il faut comprendre ce qui est réaliste de juger ou non, la logistique derrière tout ça. Mais, on prend quand même une chance en jetant une bouteille à la mer. Voici donc cinq catégories qu’on aurait aimé voir à l’ADISQ et qui pourraient peut-être faire partie des galas dans les éditions futures.

Album hard rock ou métal de l’année

Selon les règlements de l’ADISQ, un disque peut être éligible dans la catégorie d’album rock de l’année s’il s’agit d’un « album francophone de genre musical au rythme accentué avec, en général, une dominance de la guitare électrique et de la batterie. » Ça, c’est beaucoup trop large, surtout si on se rappelle que Marie-Mai a pu remporter le prix en 2010. Et pourtant, c’est la seule catégorie où les guitares lourdes sont les bienvenues.

Le Québec est reconnu comme étant l’un des endroits au monde où le métal est le plus populaire. Les prix Juno, qui couvrent l’ensemble du Canada, ont une catégorie réservée au hard rock et au métal. Idem pour les prix Grammy. Pourquoi ne pas inclure une telle catégorie à l’ADISQ?

Petite salle de spectacle de l’année

Cinq salles de spectacles se font la lutte cette année pour un Félix, et elles se ressemblent quand même assez. Ce sont beaucoup de salles avec de beaux sièges et/ou un balcon, qui peuvent accueillir des musiciens au public bien établi. Mais qu’en est-il des plus petites salles? Là où les petits nouveaux font leurs premiers pas et où les artistes connus se pètent des méchants trips? Les bars où tu paies à la porte, où tu te tiens debout à deux pouces de l’artiste et que tu lui paies une pinte après? Surtout, au genre de bars où la pinte est à un prix assez raisonnable pour dire que tu es à l’aise d’en payer une à un inconnu?

Pour réduire le bassin, les critères pourraient comprendre un nombre minimum de spectacles par année, une capacité maximale et un prix maximum sur la Boréale rousse.

Festival régional de l’année

Le Festival de la chanson de Tadoussac, le FME à Rouyn-Noranda, le Festif! de Baie St-Paul, la Noce… Les festivals régionaux font partie intégrante de l’écosystème musical québécois. Ils permettent non seulement d’amener de gros noms de la musique aux quatre coins du Québec, ils donnent aussi un sacré bon prétexte aux mélomanes pour visiter de nouveaux endroits.

Il existe déjà une catégorie « événement de l’année », mais celui-ci ratisse beaucoup de choses. Il semble en effet un peu incongru de comparer un méga événement comme le Festival d’été de Québec ou les Francos avec le concours-vitrine des Francouvertes et l’expérience intime et immersive d’une communauté complète qui accueille les festivaliers en Abitibi ou à Petite-Vallée. Et si jamais l’ADISQ a besoin de quelqu’un pour aller « tester » les différents festivals, je me porte volontaire (si le lift est fourni).

Album R&B de l’année

Voilà une scène qui est franchement négligée au Québec. L’époque où Corneille passait en boucle à la radio est révolue, mais le R&B est bel et bien en train de se tailler une place chez la nouvelle génération. Vrai que le R&B moderne valse souvent entre la pop, l’électronique et le rap, trois styles qui ont chacun leur catégorie. Mais les artistes R&B ne réussissent que rarement à s’y tailler une place.

L’une des raisons est probablement le fait que la plupart des projets sont en anglais. La catégorie d’album rap de l’année est d’ailleurs la seule où les paroles n’ont pas besoin d’être à 70 % en français. C’est donc dire que Shay Lia, forte d’une nomination sur la longue liste du prestigieux prix Polaris, n’est pas en nomination cette année. Son album Dangerous est toutefois sorti dans une zone grise en mai : elle pourrait donc techniquement se présenter l’année prochaine.

Des artistes comme Sara Diamond sont orphelines de catégorie cette année, et d’autres artistes émergents comme Kallitechnis pourraient vivre cette situation plus tôt que tard.

Média musical de l’année

Je prêche pour ma paroisse ici, je sais. Mais je crois que les blogues, les radios étudiantes, ce qui reste des magazines papier, etc. ont un énorme pouvoir encore en 2019. Oui, Spotify et YouTube peuvent encore me faire connaître des artistes similaires à ceux que j’aime. Les algorithmes me permettent de trouver des chansons dans ma zone de confort. Mais les médias humains, ceux où une vraie personne te fait découvrir des trucs fous, sont encore plus importants selon moi.

La culture au Québec ne serait pas la même si les listes de lectures étaient la seule façon de se faire connaître. Et certains médias sont franchement bons dans leur mandat. De souligner leur travail pourrait permettre de donner un bon coup de pouce au domaine du journalisme culturel.

Si jamais URBANIA Musique est un jour en nomination, j’espère au moins être invitée. J’ai commandé une robe en ligne l’autre jour et je pense que le Québec mérite de la voir sur un tapis rouge.

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