Melissa Maya Falkenberg

On entre chez le politicien Alexandre Boulerice

« De l’âge de 13 à 15 ans, un ami de mon père m’a enseigné le piano classique. C’était l’fun, mais that’s it. »

Quand Melissa Maya déménage, deux choses doivent être aussitôt branchées en dépit des montagnes de boîtes: la machine à café et la table tournante. L’animatrice et auteure — qui vient de scénariser un documentaire sur le disque vinyle et qui a un studio d’enregistrement à la maison — a eu envie de rencontrer d’autres freaks dans leur habitat naturel.

Illustration : Marianne Tremblay

Cette semaine, on entre chez Alexandre Boulerice, député NPD (Nouveau Parti Démocratique) de Rosemont-La Petite-Patrie. 

Ok premièrement Alexandre, parce que c’est sûr que tout le monde se demande c’est quoi cette statue-là: c’est quoi cette statue-là?

Louis Armstrong. (NDLR: Ah OK! C’est pas un nain de jardin!) La famille de ma blonde a longtemps eu une boutique avec toutes sortes d’objets et, quand ils l’ont fermée, ils lui ont demandé si elle voulait garder quelque chose en souvenir. Elle a dit: «Une seule chose: Louis Armstrong.»

Vous êtes des fans de jazz chez vous?

On n’est pas de grands connaisseurs, mais on apprécie beaucoup. D’ailleurs, il y a quelques années, on est allés à New Orleans et, à notre arrivée dans le quartier Tréme, il y avait soudainement de la musique très forte, une parade de big band arrivait. Ça nous a marqués, parce que, rapidement, on a réalisé que c’était une marche funéraire pour une jeune fille qui venait de mourir, assassinée par balle…

De l’âge de 13 à 15 ans, un ami de mon père m’a enseigné le piano classique.

Woah, wow… C’est ça la photo au-dessus du piano?

Ce n’est pas une image de ce jour-là précisément, mais c’est ce qu’elle évoque pour moi. Quand les musiciens du big band ont vu notre étonnement, notre intérêt, ils nous ont dit: «Venez avec nous!» On était là, avec eux, et on capotait… Disons que ça a été toute une expérience sociologique.

Parlons du piano. Dans une entrevue accordée à La Presse+, ton frère Nicolas (musicien Le Vent du Nord) a mentionné que, quand tu étais jeune, tu jouais du piano et que… tu étais bon en tabarnouche!

Hahaha! Disons que mon frère avait le compliment appuyé ce jour-là! Oui, de l’âge de 13 à 15 ans, un ami de mon père m’a enseigné le piano classique. C’était l’fun, mais that’s it.

La première cassette audio que j’ai reçue, c’était la Symphonie no 9 de Beethoven.

Alors pourquoi un piano règne comme ça dans la pièce principale de ta maison?!

Il était là quand on a acheté. Personne ne joue, mais je ne suis pas capable de m’en départir. J’ai encore espoir qu’un jour, des amis viendront souper, qu’un d’eux se mettra à jouer et que tout le monde (Alexandre a quatre enfants!) se mette à chanter autour, tu comprends? J’ai grandi dans une maison comme ça…

Justement, je voulais te demander: quelle chanson te fait le plus penser à ta famille?

Il y en a beaucoup. Mais je te dirais celles que je chante à mes enfants avant le dodo, une des choses que j’aime le plus faire dans ma vie. Le Carrosse de Yves Montand, le petit roi de Jean-Pierre Ferland, les Marie de Fred Pellerin, ou Aux Marches du palais, une vieille chanson traditionnelle française du 18e siècle que mon père me chantait aussi quand j’étais p’tit.

Aon.
C’est drôle (et vraiment niaiseux quand on y pense), mais on associe beaucoup l’image de la berceuse à la mère et son bébé dans l’imaginaire collectif…

C’est vrai. Mais c’est plus une affaire de gars dans ma famille!

Quand j’écoute de la musique anglophone, c’est la mélodie qui va venir me chercher ou non.

Ton père (Jacques Boulerice) est écrivain et poète. C’est lui qui t’a transmis l’amour des mots. Quand tu écoutes une chanson, es-tu d’abord plus attentif aux paroles ou à la mélodie?

La mélodie! La première cassette audio que j’ai reçue, c’était la Symphonie no 9 de Beethoven. Puis, le premier 33 tours que j’ai acheté avec mes sous: un «best of» des Beatles. Je ne comprenais pas l’anglais comme je le comprends aujourd’hui, alors cette relation que j’ai développée avec l’anglais, avec la musique en général, est née grâce à la mélodie. Quand j’écoute de la musique francophone, j’accorde plus d’importance aux paroles, c’est sûr. Mais quand j’écoute de la musique anglophone, encore aujourd’hui, c’est la mélodie qui va venir me chercher ou non.

On m’a dit que, parmi les bands récents que tu adores, on retrouve The National et The Decemberists. Ma source est bonne?

Oui! J’ajouterais Arcade Fire, Wolf Parade… Ce sont des bands avec des chansons qui insufflent beaucoup d’énergie. This Is Why We Fight de The Decemberists, par exemple. Quand je marche sur la colline parlementaire avant d’entrer au parlement, c’est ça que j’écoute, et si je pense au vidéoclip, j’ai juste envie de courir! (Sourire.)

Un autre coup de cœur vidéo, Tu diras d’Avec pas d’casque, avec ces images de casseroles de Jérôme Battaglia. Wow…

Pour terminer, la plus belle chanson d’amour, selon toi?

Est-ce que je peux t’en donner plus?

Vas-y!

Ne me quitte pas, de Jacques Brel. Ce n’est pas original, je sais, mais c’est puissant. C’est comme le Requiem de Mozart… Pas original, mais puissant! (LOL.)

Ma plus belle histoire d’amour, de Barbara. Elle ne parle pas d’un individu, mais de sa relation avec le public… C’est beau!

Il y a aussi La non demande en mariage, de George Brassens. C’est comme s’il disait: «Je t’aime tellement que je ne vais pas t’imposer ça!» (LOL!)

En conclusion, j’aimerais simplement dire qu’en revenant chez moi en Bixi après cette entrevue avec Alexandre Boulerice, j’ai imaginé qu’on remplaçait tous les nains de jardins du Québec par des statues de géants de la musique: Armstrong, Renaud, Vigneault, Marjo, Céline, Ti-Cuir NON MAIS… AVOUEZ QUE CE SERAIT MAGIQUE! 

Pour lire un autre Coin musique de Melissa Maya Falkenberg: «Dans l’appartement de l’actrice Julianne Côté».

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