Dans les coulisses de Whack World, de Philadelphie à Montréal

URBANIA a rencontré les deux créateurs derrière l'audacieux film-clip tourné dans la métropole

Deux yeux, ce n’est probablement pas assez pour absorber tout ce qui se passe dans Whack World, le film-clip fantastico-grotesque mettant en vedette Tierra Whack et dont l’album a été mis en images par Thibaut Duverneix et Mathieu Léger, ici même à Montréal. On l’a dit et répété : l’ensemble de l’œuvre a été célébré par plusieurs, de Solange Knowles à Vince Staples. URBANIA a donc eu envie d’en savoir un peu plus sur les deux créateurs.

J’ai lu que vous aviez tourné le clip en un fin de semaine, avouez que c’est difficile à croire. Ma première question : c’est-tu vrai?!

T & M : Oui! On a eu quatre jours pour pondre le concept, deux semaines de préparations et on a tourné tout ça en une fin de semaine. Sur le plateau, on avait planifié environ 20 minutes par tableau et on s’était organisé pour avoir 3 sets construits et 2 libres pour faire des rotations. Bref, ça faisait de grosses journées, mais en 2 jours c’était bouclé. Disons qu’on n’avait pas le temps de niaiser, on était bien préparé.

C’est l’équipe de Tierra qui vous a approché pour le projet, comment concrètement avez-vous décidé de ce que vous alliez lui proposer pour le clip?

 On aime travailler avec des musiciens, surtout quand ils sont généreux et humbles comme elle.

T & M : Dès le début ça a cliqué. Elle avait déjà un visuel qui nous parlait et pour le reste, ça s’est fait de manière assez organique. Les paroles de Tierra évoquaient déjà des univers loufoques, alors on est parti de là et on s’en est inspiré assez littéralement. Par la suite, on a envoyé un document avec du visuel qui reflétait ce qu’on voulait faire, ça a été bien reçu par Tierra et son équipe et… voilà!

Il faut dire qu’on avait une belle harmonie créative, on était sur la même longueur d’onde dans l’esthétique qu’on souhaitait donner au clip, on avait le même humour. Et on aime travailler avec des musiciens, surtout quand ils sont généreux et humbles comme elle.

Dit comme ça, ça a l’air facile! Sur le plateau, comment ça s’est passé?

T & M : On s’était organisé pour que ça se passe bien, et ça s’est bien passé! C’est vrai que c’est un gros projet, alors l’équipe est venue deux jours avant pour répéter, on en a profité pour souper ensemble question d’installer un climat de confiance. Ça reste un gros set et faire face à ça toute seule, ça peut être intimidant pour une jeune artiste. Il y a beaucoup de pression. Mais elle a eu une belle attitude tout au long de la fin de semaine.

Un de nos objectifs aussi, c’était de faire progresser son image d’adolescente à une image de femme, artiste, assumée. Sa performance et son attitude ont beaucoup contribué à ce qu’on y arrive. Dans chaque tableau, elle entrait dans le personnage à fond.

Les critiques ont été dithyrambiques! Ou en tout cas les mauvaises langues ont été mal référencées sur Google parce que je n’ai vu aucune critique négative. Vous attendiez-vous à ça?

T & M : Comme dans plusieurs projets : on a aucun recul par rapport à ça! Il s’est tout de même écoulé plusieurs semaines entre le tournage et la sortie. On a été 2 mois en postproduction et il y a toujours une stratégie marketing qui fait en sorte qu’il faut attendre un peu avant que le clip soit rendu public. En toute franchise, comme on a enchaîné avec d’autres projets, on avait en quelque sorte « oublié » qu’on avait travaillé sur le clip. On n’avait donc aucune idée de la manière dont ce serait reçu.

Quel tableau vous a donné le plus de fil à retordre?

T & M : Bizarrement, c’est le tableau avec les ballons.

Ah oui? Pourtant, comme spectateur, c’est peut-être celui qui semble visuellement le plus simple…

T & M :… sauf que le défi, c’était de remettre les ballons à la même hauteur entre chaque prise! Et parfois, Tierra ne coupait pas les ballons dans le même ordre ou pas toujours exactement à la même hauteur. C’est pour ça que c’est devenu un casse-tête. La chorégraphie avec les doigts au début aussi était assez compliquée à réaliser.

C’est un clip bourré de clin d’œil inattendu. Est-ce qu’il s’est passé des choses inattendues dans le tournage?

On s’est rendu compte que la machine à mousse ne fonctionnait pas.

T & M : Vers la fin du tournage, on a réussi à rattraper un retard de 3 heures qu’on avait accumulé, on était pas mal contents! Mais en arrivant pour tourner le tableau où il y a de la mousse qui sort du mur, on s’est rendu compte que la machine à mousse ne fonctionnait pas, que ça donnait une espèce de mousse liquide plutôt que solide. On voulait tellement de la belle mousse qu’on avait fait venir la machine de Toronto, sauf que personne ne savait comment la réparer! On a gossé avec la machine pendant 20 minutes avant de se résigner à envisager un plan B. On allait terminer en retard ET sur une note de déception. Coup de théâtre, au moment où s’apprêtait à démissionner, la machine s’est mise à fonctionner! On a pu l’avoir, notre mousse. 

On peut suivre les projets de nos deux amateurs de mousse ici!

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