Coup de Coeur Francophone : 5 concerts à éviter pour les fans de Mario Pelchat

On a mis quelqu'un au monde, on devrait peut-être l'écouter (ou pas).

Le Coup de Cœur Francophone envahira demain une multitude de salles montréalaises pour dix nuits consécutives de concerts endiablés, au grand dam des amateurs de silence, de beige et d’ennui.

Ce festival de musique se présente depuis 1987 comme défenseur d’une « programmation principalement axée sur l’émergence, l’audace et la création » ; autrement dit encore une manière détournée de nous rapprocher de monde dont on a jamais entendu parler dans les revues à potins encore et qui n’ont pas l’air propre.

En cette semaine de choc générationnel où Mario Pelchat pleure dans la pluie son incompréhension de la jeunesse en musique et la nostalgie de jours meilleurs, on sait plus trop quand exactement, où les artistes étaient du monde normal, qui disaient merci habillés propre sans jamais lever le ton… Bref, en cette semaine post-apocadisqtique de drames de bouts de chandelles, voici une liste de circonstances de 5 événements que tous les fans de Mario devraient s’abstenir d’approcher sous peine de n’être jamais plus capable d’apprécier le petit nouveau chanteur don’ fin qui fait des reprises de ballades anciennes à la TV avec ben du trémolo dans le toupet.

LES HOTESSES D’HILAIRE // VIENS AVEC MOI — L’OPERA ROCK

La quintessence de la bizarrerie : un opéra rock psychédélique (oui oui, c’est de la DROGUE, ça) qui met en vedette un chanteur gauchiste qui dépasse son poids santé, souvent bien peu vêtu d’une robe (!!!). Ça raconte une histoire pas très gentille pour l’industrie de la musique, ça rit de La Voix, c’est bruyant, prog-rock et plein de solos et d’allusions pas subtiles aux champignons magiques et à la poudre. En plus c’est rempli d’invités surprises qui ont souvent un accent d’étranges de l’Acadie et c’est mis en scène par les weirdos du Théâtre du Futur. À éviter absolument, cette soirée pourrait vraiment changer votre vie pour toujours.

LES MARMOTTES APLATIES // CRABE

Des punks! De jeunes et de moins jeunes punks! Aux abris! Les premiers se sont fait connaitre au tournant des années 2000 avec un hit qui s’appelle « Détruire » (sûrement des carrés rouges du Plateau avant le temps) et font un retour quelques 20 ans plus tard sans même s’être un peu défâché. Les seconds sont férocement baroques, subversifs, malaisants, font souvent des fautes dans leur propre nom et leur musique ne ressemble absolument pas du tout à celle qui joue à ma radio au boulot.

BLEU NUIT // LES MARTYRS DE MARDE

De la provocation juste pour choquer, franchement. Un groupe de jeunes énervés nommé d’après les films pornos qu’on pouvait voir à TQS dans le bon vieux temps et qui fait beaucoup de bruit trop fort avec des murs de guitares post-punk déchainées et des rythmes du diable. L’autre dont on est gênés de même prononcer le nom, qui fait de la « performance » (AVEC NOS TAXES, on imagine) et qui garroche sans aucun respect une poésie très agressive sur des ambiances sonores aussi épeurantes et sombres que leur look. Le spectacle est évidemment à l’Esco, ce sous-sol de perdition.

FUCK TOUTE // LE PRINCE HARRY  // MSS FRNCE

Nouveau groupe phare montréalais du gros criage par la tête, Fuck Toute (ben oui, bel exemple pour nos jeunes ça) se spécialise dans le punk hardcore. Les deux autres nous viennent de la France (comme si on avait pas déjà assez de fuckés ici de même), Le Prince Harry présentant un post-punk très dérangeant pour les tympans, asséné à l’aide de claviers et de rythmes électroniques, mais même pas d’un peu d’auto-tune. Mss Frnce, eux font plutôt dans la distorsion et les chansons criées d’à peine une minute et quelque, pleines de critiques sociales. On se demande bien de quoi, franchement; C’EST SI BEAU LA TOUR EIFFEL.

FOREVER PAVOT // PONCTUATION // JESUSLESFILLES

De loin le pire rassemblement de drogués du festival; ça va sentir le pot à Trudeau sur la Plaza St-Hubert certain! Forever Pavot est un français bricoleur qui se prend pour un orchestre à lui tout seul et fait une musique qui s’écoute comme un film. Un film français de drogués plein de liberté des années 70 où tout le monde a les cheveux longs et se met toujours tout nu pour rien, mettons. Ponctuation fait du rock psychédélique qui encourage la joie, la danse et la dépravation. Leur chanteur est beaucoup trop grand et même si vite de même il a l’air gentil, il crie pas mal. Les derniers ont clairement sauté une dose de Ritalin, se sont donné un nom qui calomnie l’Église et leur musique garage s’écoute comme une comptine joyeusement beurrée de fuzz. En plus ils ont dévergondé une fille qui chante et joue du clavier au lieu de rester à la maison faire le souper.

En espérant que ces quelques avertissements vous permettront de passer une semaine tranquille loin de toute cette agitation de jeunes fous qui font tout ce qui leur passe par la tête sans demander la permission à personne.

Vivement le temps des fêtes et le nouvel album de Noël du beau Mario!

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

Entrevue : Souldia en route vers la délivrance

Kevin St-Laurent n’avait que 15 ans lorsqu’il s’est mis à esquisser ses premières rhymes sous son alter ego Souldia. Inspiré par le franc-parler et […]

Dans le même esprit