Crisser le feu avec Mannequin Pussy

Pour les amateurs de punk qui rentre au poste.

Sur la couverture du dernier album de Mannequin Pussy, Patience, on peut voir un globe terrestre en flammes sur un fond rose bonbon. Il y a sûrement de jolies comparaisons à faire entre le visuel de l’album et le climat politique dans lequel on vit, mais ce qui nous intéresse ici est beaucoup plus personnel. En plus d’être un excellent album, Patience est un breakup album. Une proposition plus catchy que les premiers albums du groupe, et une incitation à tout crisser en feu (métaphoriquement) pour mieux recommencer. 

C’est le bon moment pour découvrir Mannequin Pussy, parce qu’après le succès de leur single « Drunk II », on risque d’en entendre parler pas mal dans les prochains mois. 

La musique du groupe originaire de Philadelphie a un effet absolument cathartique lorsqu’on l’écoute et ce n’est pas par hasard. Mannequin Pussy est né de deux moments difficiles et marquants dans la vie de Marisa Dabice, la leader du groupe. Si elle avait déjà commencé à prendre des cours de guitare et à écrire des chansons quand elle était enfant, c’est à l’adolescence que le déclic s’est fait.

Marisa a reçu un diagnostic de cancer lorsqu’elle avait 15 ans. En entrevue, elle raconte « Toute la liberté que j’étais sensée avoir venait de disparaître — je n’avais plus le contrôle sur rien. Je vivais des expériences qu’aucun de mes amis ne pouvait comprendre. » C’est ce qui a animé l’esprit punk chez elle : « Just burn down all this shit ».

C’est bien des années plus tard qu’elle est finalement montée sur scène. Lorsque sa mère a souffert d’un accident vasculaire cérébral, Marisa est revenue à la maison pour prendre soin d’elle et a reconnecté avec un vieil ami, qui a commencé à jouer avec elle. La scène, plus spécifiquement gueuler sur une scène, est devenue son outlet pour toutes les frustrations qu’elle vivait au quotidien à l’hôpital. 

Maintenant, elle est connue pour sa présence très in your face pendant ses spectacles, mais elle a appris à utiliser sa voix d’une autre façon. « Crier, c’est juste quelque chose que tu fais. Personne ne peut te dire que tu sonnes mal quand tu cries. Mais, chanter, c’est plus vulnérable, t’es plus exposée. » Ce tournant plus contrôlé s’entend non seulement sur Drunk II, mais aussi sur d’autres pièces de l’album comme « High Horse » où la structure s’éloigne assez des débuts punks de Mannequin Pussy. 

Malheureusement la tournée de « Patience » ne s’arrête pas à Montréal, mais si vous avez envie d’un petit roadtrip, Mannequin Pussy sera au Baby G de Toronto le 14 septembre prochain. D’ici là, si vous achetez Patience sur Bandcamp, le groupe remet tous les profits à The Trevor Project, une organisation qui vise à prévenir le suicide chez les jeunes de la communauté LGBTQ. 

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