Détecteur de Métal  : Le Death Metal

Quand le cri devient un art.

Il n’est pas rare de voir des commentaires sous des articles sur la culture du métal des gens qui mentionnent vouloir s’y initier. Cela dit, il n’est pas nécessairement évident de savoir par où commencer. Comment faire pour apprécier un style quand on n’a pas tous les référents du genre? Dans la série « Détecteur de métal », on porte fièrement à bout de bras la solution à ce questionnement avec une série d’articles sur les genres et sous-genres du heavy metal.

Cette semaine, on se penche sur une des grosses branches musicales du métal moderne : le Death Metal. Au diable la délicatesse, la subtilité et les nuances, ici c’est la brutalité pure faite musique. C’est pour qui? Est-ce que c’est bon? Examinons ça de plus près. 

L’origine

Influencé par le Thrash et les premiers balbutiements du Black Metal, le Death a vu le jour au milieu des années 80, des groupes comme Obituary, Morbid Angel et Possessed ont émergé des ténèbres pour créer un nouveau sous-genre de métal, plus extrême, se voulant l’équivalent musical du cinéma d’horreur, alors très populaire. Cependant, c’est le groupe Death qui aura la plus grande influence sur le genre. Chuck Schuldiner et son groupe auront influencé une masse de jeunes artistes métal à choisir cette branche, qui est devenue depuis la porte d’entrée d’un vaste sous-univers métal qui mène au Death métal Mélodique, le Death métal Technique, le Grind, le Deathcore et j’en passe. 

On distingue le Death métal à la voix, évidemment. Celle que vos parents craignent par-dessus tout. Celle que les non-initiés qualifient de beuglage sans aucun sens. Et pourtant, c’est une des techniques vocales les plus difficiles à maitriser. Tentez l’expérience chez vous pour plus de cinq minutes, et dites-moi que vous n’avez pas un peu plus de respect pour ceux qui le font une heure par soir, chaque soir. Côté musical, la vitesse est de mise, le drum est un des plus technique et rapide de l’industrie et la guitare y va à fond de train. 

C’est pour qui?

Il y a un rapprochement direct avec le cinéma d’horreur à faire et donc, si vous êtes un gros fan de cinéma, le style lyrique devrait vous accrocher certainement. C’est aussi un défoulement spectaculaire, je le suggère donc à tous les jeunes avec un surplus de colère intérieure. Ça aide à faire passer le méchant!

Les Maîtres du genre

  • Death : Je l’ai mentionné tout à l’heure, Chuck Schuldiner est probablement celui qu’on peut qualifier de Parrain du Death Métal. Il a certainement été un pionnier du genre et un des guitaristes les plus appréciés de sa génération. Il est mort tragiquement en 2001 d’une pneumonie pendant son traitement contre un cancer du cerveau. Death laisse tout de même un lègue musical important qui aura influencé des milliers de musiciens partout dans le monde. 
  • Cannibal Corpse : Cannibal Corpse est probablement le nom le plus connu, probablement parce qu’ils font ce genre de musique depuis longtemps, peut-être à cause de leurs pochettes d’albums tout à fait gore, peut-être à cause de leur apparition dans Ace Ventura. Ce groupe a connu deux ères, celle du chanteur Chris Barnes, puis celle de George Fisher, connu sous le nom de Corpsegrinder. J’estime que le talent de Barnes était plus grand, mais George Fisher ne donne pas sa place. Et en plus, c’est probablement l’homme le plus généreux et drôle en entrevue de toute l’industrie métal. Tout un contraste avec le monstre qui opère sur scène. Sérieusement, allez voir la grosseur du cou de Corpsegrinder, c’est impressionnant. L’homme est fait pour beugler et il le fait à la perfection. 
  • Deicide : J’opte pour Deicide ici au détriment d’autres grands groupes influents pour plusieurs raisons, d’abord, personne ne beugle comme Glen Benton. Personne. Ensuite c’est un band américain qui s’attaque directement au Christianisme, ce qui n’est pas de tout repos. Mais surtout, c’est juste du très bon Death. 

Suggestions d’écoute

Voici ma suggestion d’écoute pour le Death Metal. À savourer avec un verre de téquila. Pas un shooter, un verre. Un gros. 

Death – Lack Of Comprehension

Chuck Schuldiner était un artiste incroyable. J’ignore si c’est son talent ou sa mort tragique qui l’ont fait entrer dans la légende, mais n’importe quel joueur de guitare métal va finir par te parler de leur admiration pour Chuck à un moment donné. Ça doit vouloir dire quelque chose! 

Cannibal Corpse – Hammer Smashed Face

J’adore Cannibal Corpse pour leur manque total de subtilité. C’est direct dans ta face, avec une énergie incomparable. 

Deicide – Serpents of the Light

Glen Benton fait les choses à sa manière, et sa technique vocale est toujours incroyable. 

Morbid Angel – Immortal Rites

Les vétérans de Morbid Angel ne donnent pas leur place non plus en frais d’énergie. 

Possessed – Death Metal

La paternité du Death Métal est parfois disputée entre Death, le choix populaire, et Possessed, qui l’est moins. Cela étant dit, l’influence de Possessed sur le genre n’en demeure pas moins importante puisqu’une tonne métrique de groupes Death se sont laissé bercer par le doux son subtil et délicat de ce groupe américain.

Suffocation – Liege of Inveracity

Celle-là je ne la connaissais pas, c’est la recommandation de mon bon ami Ben Lelièvre. Faut avouer que c’est excellent. 

Cryptopsy – Worship your Demons

Je ne peux pas parler de Death Metal sans parler de nos Québécois de Cryptopsy. Ils penchent plus du côté du Technical Death, mais je les place ici quand même parce qu’ils sont incroyablement talentueux. 

The Flaying – La Valse du Scorpion

Faire du Death Metal en français? Aucun problème.  Les gars de The Flaying ont énormément de potentiel. Ils seront certainement à surveiller dans les prochaines années. 

Bolt Thrower – The Killchain

Les vétérans Anglais de Bolt Thrower ont fait de l’excellent Death jusqu’à la mort de leur drummer, Martin Kearns, en 2015. Ils se sont séparés depuis. 

Carcass – Heartwork

Bon, je sais que techniquement, Carcass est plus du Grind que du Death, mais l’esprit du Death est très présent, et c’est une chanson vraiment géniale. À entendre, comme si elle était présentée par Paul Sarrasin à Solid Rock.

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