Écoute exclusive : « Moody Boots », nouvel album de Silver Dapple

Silver Dapple, quatuor noise-pop, sortira le vendredi 11 mai Moody Boots, un deuxième album que vous pouvez découvrir dans quelques lignes en exclusivité! Pour l’occasion, URBANIA s’est entretenu avec Emily Deimert, une des deux voix du groupe. Une des deux guitares aussi. Une « moitié » tout ce qu’il y a de plus sympathique.

Je vous ai entendu dire en entrevue que l’album a été créé en majeure partie en 2016, alors que Melissa (Di Menna, voix/guitare, qui venait d’arriver dans le groupe) et toi viviez des moments difficiles. Il semblerait que vous avez été particulièrement efficace. Le mythe qui veut que l’on crée mieux dans la douleur, c’est vrai finalement?!

Haha! Oui! Composer et écrire, ça fait sortir les émotions négatives. Pour moi, c’est comme quand tu tiens un journal intime : ça t’aide à voir les choses devant toi, de mieux les comprendre. Ça ne veut pas dire que tu vas trouver des solutions, mais ça te permet d’avoir une perspective différente. Mais pour répondre à ta question, ça m’arrive aussi de créer dans le bonheur! Être heureux, ça fait des bonnes tounes aussi… des fois! Être dans le bonheur, on dirait que ça porte moins à réfléchir. On ne pense pas, on le vit!

J’espère que deux ans plus tard, ça va mieux!

Oui oui! Ça va pas mal mieux aujourd’hui. Évidemment, dans la vie il y a toujours des ups and downs, mais rien qui peut se comparer avec cette période-là.

Entre écrire, composer, enregistrer et faire des shows, qu’est-ce que vous préférez?

C’est certain qu’on fait ce qu’on fait pour se retrouver sur scène. Partager notre musique avec le public en show, c’est une expérience vraiment unique. Mais – et là je parle pour moi, je ne sais pas ce que les autres membres du band en pensent – j’aime vraiment toutes les étapes dans la création d’un album. Oh! En fait, c’est pas vrai! Le mixage, j’aime pas ça! Une chance que Jean-Michel (Coutu) était là pour s’en occuper. Au moins, c’est une étape qui nous a donné l’occasion de travailler avec un gars passionné!

Mais tu vois, à part ça, j’aime tout. Par exemple, l’enregistrement. Je sais que pour certains, c’est un mal nécessaire, mais je trouve au contraire qu’il y a quelque chose de fascinant dans le fait de prendre une toune et d’en faire un objet. Tant que tu n’as pas enregistré, ta toune est éphémère, on ne peut pas la saisir, si tu disparais la toune disparaît aussi alors que là, elle devient quelque chose qui peut exister longtemps.

Et composer?

Ah! Composer c’est tellement excitant! Quand tu te lèves le matin, que tu trouves un nouveau riff ou une bonne ligne, tu sens que tu as accompli quelque chose. Tu te couches en te disant « ouais, on a fait une bonne journée. »

C’est drôle parce que dans mon entourage, on a tous un lien avec l’art visuel ou presque. Je vois ça un peu de la même manière :  tu travailles une nouvelle toune et tu te demandes ça va être quoi sa couleur, quelle forme tu vas lui donner.

Moody Boots, c’est aussi l’arrivée, notamment, de Melissa dans le band… Tu composais plutôt seule avant, tu étais la seule voix. As-tu de la difficulté à partager ton carré de sable?!!

Pas du tout. On se divise le travail, on est plutôt sur une base de partage des tâches! Pour la composition, ça se fait naturellement : elle arrive avec un bout de chanson, je complète et inversement.

Et je te dirais que travailler à deux, ça enlève une pression. Je n’ai plus besoin d’être aussi prolifique et de prendre ça sur mes épaules. Ça permet d’avancer plus vite aussi. Quand je compose et que je bloque à un endroit, elle peut m’ouvrir les yeux sur ce qui marche moins bien et être capable de me donner des pistes sur l’avenue à prendre. Ce qui est l’fun, c’est qu’on a des goûts similaires, tout en cultivant chacune nos univers. On est à la fois sur la même longueur d’onde, mais on peut se nourrir l’une l’autre de nos différences. J’ai vraiment confiance en elle : si elle me dit que tel ou tel passage de la toune ne fonctionne pas, il n’y a pas de hard feelings.

Vous pourriez écrire un guide du travail d’équipe pour les nuls!

Ha! Parlant de travail d’équipe, il faut dire que je n’ai jamais fait tout toute seule. Même avant que Mélissa arrive, quand j’étais la seule voix, ce qui se passait le plus souvent c’est que j’arrivais avec un squelette de chanson et à partir de là, on travaillait tous ensemble avec le reste du band. Au bout du compte, ça restait du travail de gang.

On en parlait plus tôt, l’album a été composé et enregistré en 2016, vous le sortez presque deux ans plus tard. Êtes-vous pas mal au bout de votre patience?!

On a terminé le mixage fin août 2017, disons que c’est le temps que ça sorte! C’est vrai que c’était long, mais en même temps c’est l’fun de prendre son temps. On était pas épaulé par une grosse maison de disque, on a une approche plutôt DIY. Ça aurait pu aller très vite dans un autre contexte, mais en prenant notre temps on avait vraiment le contrôle sur ce qu’est devenu cet album.

Et justement, sur cet album, de quoi êtes-vous le plus fier?

De ce qu’on est arrivée à faire sur le plan des harmonies vocales. Avoir deux voix, ça change complètement la donne, ça offre une autre dimension. En même temps, c’est tout un apprentissage et je crois qu’on a bien réussi. Les voix ont vraiment pris de l’importance.

Mais il n’y a pas que ça qui me rend fière. Nos mélodies sont beaucoup plus élaborées. Et la complicité dont tu parlais tantôt? On a aussi exploité cet aspect-là. Sur une même toune on fait des échanges : on se passe le lead sur la voix ou sur la guitare and it’s really fun to play!

L’fun à jouer et l’fun à entendre, et ça vous pouvez le faire dès maintenant :

Le lancement aura lieu le 19 mai à l’Esco. Les détails ici.

On suit Silver Dapple .

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