Stéphane Lafleur vient de lancer un album instrumental, on l’a écouté et on a des questions

"feu doux", nouveau projet de Christophe Lamarche-Ledoux et Stéphane Lafleur

Je pensais que ce serait un vendredi comme les autres. Je me trompais. Ce que j’ignorais, c’est que Stéphane Lafleur (réalisateur, auteur et membre du groupe Avec pas d’casque) s’était allié à Christophe Lamarche-Ledoux (Chocolat, Organ Mood) pour former feu doux, et que le duo lancerait aujourd’hui un premier album éponyme (via Dare To Care).

Avoir su, je me serais levée avec un sourire au visage. Parce que ça, c’est une nouvelle suffisamment bonne pour me faire oublier qu’on est encore en février et que cette semaine n’arrête juste pas de finir.

C’est comment? 

Tenez-le vous pour dit: on est très loin d’Avec pas d’casque et de Chocolat. Aurevoir, folk low-fi et rock psychédélique.

Salut, mélodies ambiantes minimalistes, cinématographiques et envoûtantes.

Stéphane Lafleur prétend avoir voulu concevoir une trame sonore pour dormir ou écrire.

De mon côté, je dirais que c’est un objectif semi-atteint.

En fait, selon moi, feu doux offre plutôt un aller direct vers la tête de son auditeur. Magnifiques, vibrants, parfois plus inquiétants qu’apaisants, les morceaux du duo forcent à l’introspection, au rêve éveillé. Si je  trouve le terme « planant » hautement galvaudé, je peine à trouver un mot plus approprié pour décrire cet album. Honnêtement, je l’écouterais volontiers pour pleurer, méditer, fixer très calmement un feu de forêt, me demander comment-ça-se-fait-qu’on-a-deux-mains-c’est-quand-même-capoté-quand-on-y-pense ou simplement repenser notre vie au grand-complet.

Pour travailler leur sonorité, les deux musiciens déclarent s’être inspirés de Brian Eno, Stars of The Lid et Klaus Schulz. Ceux d’entre vous qui ont aimé la bande sonore du film Tu dors Nicole (de Stéphane Lafleur), y détecteront aussi une belle parcelle d’Organ Mood.

Y’a pas de hasard.

Après quelques écoutes, je me déclare officiellement charmée par les sept pistes de feu doux, et heureuse de retrouver la poésie de Lafleur, poésie qu’il sait communiquer même sans parler.

Les questions que je me suis posées en écoutant feu doux…

Suis-je dans un film?

Oui. Et je suis clairement le personnage qui voit sa vie lentement défiler juste avant sa mort. Il y du doux, mais du triste aussi. J’ai probablement fait un mauvais choix, un truc décisif. Comme opter pour le mauvais amour, partir sans donner de chance, ne pas reconnaître l’appel dans les yeux de l’autre. Je regrette, mais je peux surement reculer dans le temps. J’ai le feeling que c’est le genre de film dans lequel on peut reculer dans le temps.

Est-ce que je veux vraiment aller là?

Ok, ces deux gars-là ont créé un dôme qui englobe mon être et le coupe de l’extérieur pour lui permettre de se concentrer uniquement sur ses vibrations, son souffle, sa petite lumière et ses perpétuelles angoisses. Oh, c’pas tout beau ce qu’il y a là-dedans. Est-ce que je veux vraiment aller là?

Connaissez-vous un bon massothérapeute? 

Au fond, j’ai peut-être juste besoin d’un massage.

Pourquoi je pleure?

Ben non, j’pleure même pas, pourquoi tu dis ça?

Voyons crisse, c’est donc ben magnifique. J’tu la seule à trouver ça si beau?

Non. C’est clair que non.

feu doux est présentement en vente (boutique de Dare To CareBandcamp et en magasins) et en écoute sur les plateformes d’écoute en continu.

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