Gayance, la DJ expatriée qui met Montréal sur la map

Retour sur les « Bajada Dialogues ».

Gayance, c’est une DJ de 27 ans, encyclopédie musicale et leader de la scène musicale électro de la métropole. Depuis quelques années, c’est aussi une expatriée qui habite  en Belgique et qui revient de temps en temps dans son pays natal avec de nouvelles connaissances et techniques pour développer la scène locale.

Bref, disons que Jason Bajada a été chanceux de pouvoir l’attraper le temps d’une entrevue à son podcast. Ça débute d’ailleurs avec une discussion sur un événement auquel elle participe depuis maintenant deux ans de l’autre côté de l’Atlantique : la Saint-Jean-Baptiste pour les Européens. 

« Durant la soirée, je joue de la musique en français, en anglais ou en n’importe quelle autre langue, tant que c’est fait par des Québécois.es. La moyenne d’âge c’est genre 55 ans, mais le monde aime Eman pareil. »

C’est parce que Gayance connait sa musique. Née d’une famille haïtienne, elle a baigné dans la musique depuis sa tendre enfance, étant danseuse professionnelle dès l’âge de 4 ans jusqu’à ses 18 ans. 

Sa passion pour les différents genres musicaux a également été entretenue par le reste de sa famille : un père activiste et fan de dancehall, un grand-père qui fait du gospel et des oncles qui organisaient des raves. 

« J’avais tellement hâte d’avoir 18 ans pour entrer dans ce monde-là »

Et c’est ce qu’elle a fait. Autour de 2012-2013, Gayance a documenté les années « piu-piu » de Montréal, une vague culturelle qui l’a amenée à voyager à Los Angeles et à tomber amoureuse de la ville.

« On allait à Los Angeles parce que c’est là qu’était la scène originale de hip-hop instrumental. Y avait moi, Dr MaD, Charles Cozy, Kaytranada et on allait là-bas pour vivre la scène musicale. Tous les mercredis, il y avait la soirée Low End Theory, une soirée de beats expérimentaux. La première fois que j’y suis allée, le line up c’était Thundercat, Flying Lotus et Erykah Badu. J’ai braillé. »

Depuis ces années, bien des choses ont changé pour la DJ qui se retrouve maintenant à habiter à Bruxelles, une ville qu’elle croit sous-estimée.

« Là-bas t’es vraiment downtown Europe. Je suis à une heure de train de Paris, deux heures de train de Londres. Je suis allée au Portugal y a pas si longtemps et ça m’a couté seulement 25 euros. »

Cela dit, même si Gayance passe maintenant la majorité de sa vie sur le Vieux Continent, elle garde toujours un pied à terre dans sa ville natale, et elle continue d’avoir la scène locale tatouée sur le cœur. C’est d’ailleurs elle qui s’occupe de la programmation de Pop Montréal.

« Je trouvais ça important de voir comment ça se passe ailleurs, et ramener ce savoir-là ici ».

Bref, cachée derrière ses platines, Gayance continue de bâtir des ponts entre les différents bastions de la francophonie, gardant la scène en vie et en santé pour le plus grand plaisir des auditeurs.

Pour entendre le reste de la conversation entre Jason Bajada et Gayance sur son affection envers le Brésil, la montée de l’extrême droite en Belgique et son amour pour la musique en tout genre, écoutez le dernier épisode des Bajada Dialogues ici.

Du même auteur

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up

Dans la même catégorie

L’héritage culturel du Théâtre Lionel-Groulx

Un gros joueur dans la vie culturelle de Sainte-Thérèse.