Guerre, beats et flow

Cinq groupes syriens de musique underground à découvrir

La guerre en Syrie fait la Une de l’actualité depuis plus de cinq ans maintenant. Plusieurs centaines de milliers d’hommes, femmes et enfants y ont perdu la vie. Plusieurs millions d’habitants ont fui le pays, souvent dans les conditions les plus difficiles. Parmi ces réfugiés, certains sont musiciens et continuent plus que jamais de pratiquer leur art malgré l’exil.

On vous présente aujourd’hui cinq groupes syriens de musique underground à découvrir.

Hello Psychaleppo

Samer Saem Eldahr, plus connu sous le nom de Zimo est l’initiateur du projet Hello Psychaleppo. On dit de lui qu’il est le roi d’un nouveau genre musical “l’électro-tarab”. Ce jeune Syrien installé à Beyrouth est originaire d’Alep, grande ville du nord de la Syrie particulièrement dévastée par le conflit.

En 2012, fraîchement diplômé des Beaux-Arts, Zimo arrive dans la trépidante ville de Beyrouth à la recherche d’une galerie pour exposer ses œuvres. Pendant ce temps, la révolution syrienne se transforme en véritable guerre civile, ses parents lui demandent de ne pas revenir à Alep. C’est dans la capitale libanaise qu’il devient donc l’un des artistes les plus créatifs du Moyen-Orient en mixant les sons électros à tendance psyché aux incontournables de la musique arabe populaire des années 50 et 60.

Le résultat est éclectique et vraiment cool, il était d’ailleurs invité au Festival du monde arabe de Montréal en 2015.

Pour le suivre sur Facebook, c’est ICI. 

LaTlateh

LaTlateh est un duo hip-hop originaire de Damas et réfugié aujourd’hui en Jordanie. Le groupe est formé de Bu Kolthoum et de Watar, deux producteurs/MCs très renommés au Moyen-Orient. Ils font d’ailleurs partie de la scène de rap arabe depuis plusieurs années. Leurs paroles reflètent leurs espoirs et leurs peurs quant à la situation de leur pays. Comme Bu Kolthoum le disait dans une entrevue de la BBC, “La situation en Syrie est ce qui nous motive à écrire. Comment pouvons-nous rester assis à regarder toutes les peines et souffrances qui ont lieu autour de nous sans en parler?”

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Tanjaret Daghet

Tanjaret Daguet (cocotte-minute en français) est un trio de rock alternatif formé en 2009. En 2011, ils quittent la Syrie pour tenter leur chance à Beyrouth. Aujourd’hui, ils ne veulent pas être catégorisés comme “le groupe syrien qui défend sa cause”. Ils préfèrent se concentrer sur la vie plutôt que la mort. Ils sont très actifs sur la scène libanaise.

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Khebez Dawle

Anas Maghrebi, le leader du groupe forme son premier groupe “Ana” à Damas. En 2011, les membres d’Ana participent aux manifestations anti-régime. En 2012, Rabia, le percussionniste du groupe et activiste engagé, est retrouvé mort, une balle dans la nuque. Le groupe devient Khebez Dawle (que l’on pourrait traduire par “le pain de l’état”).

Les membres du band fuient les violences de leur pays en se réfugiant à Beyrouth (encore une fois). Deux ans plus tard, les membres du groupe partent pour la Turquie d’où ils embarquent sur un bateau pour rejoindre dangereusement l’île grecque de Lesbos. Ils traversent ensuite clandestinement la Grèce, la Macédoine, la Serbie, la Croatie et l’Autriche avant de finalement arriver en Allemagne.

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Refugees of Rap

Le groupe a vu le jour en 2006 dans le studio du camp de réfugiés Yarmouk à Damas. Le quatuor est formé de quatre jeunes d’origine syrienne, palestinienne et algérienne. En 2007, ils sortent un premier album qui met en avant les problèmes du quotidien auxquels ils doivent faire face. En 2011, le groupe commence à enregistrer des chansons dans lesquelles ils soutiennent le mouvement de révolution syrienne. Leur studio est saccagé. Aujourd’hui, deux membres de Refugees of Rap sont réfugiés en France, un en Algérie, un en Égypte. L’exil n’a cependant rien changé à leur engagement, ils continuent d’enregistrer des morceaux mettant en avant les revendications du peuple syrien.

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Pour lire un autre texte de Jehanne Bergé sur la musique : “Helly Luv : la pop bling-bling contre la terreur de Daesh”

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