Germain Barre

Invasion britannique : Little Simz est sur le trône du rap anglais

Les premiers bourgeons ont semblé inspirer les Britanniques en mars.

Chaque mois, URBANIA Musique vous offre un résumé des meilleures sorties musicales des Îles Britanniques des dernières semaines, regroupées dans une playlist à écouter en sirotant un English Breakfast.

Lorsque viendra le moment de faire le bilan de l’année 2019 en musique, il faudra assurément inclure le travail colossal de Nilüfer Yanya. La Londonienne aux origines multiples est assurément mon nouveau sujet favori. Mais avec un premier album aussi solide que le sien, c’est franchement difficile de ne pas tomber sous son charme.

Sur Miss Universe, l’autrice-compositrice-guitariste explore l’anxiété, la paranoïa et les débuts et fins toxiques de relations vouées à l’échec. Mais surtout, elle offre une constellation de styles qui ne peuvent se marier que dans ses mains. En effet, le grunge d’In Your Head, le soul à la Sade de Melt et le R&B futuriste de Baby Blu pourraient rendre confus même les artistes les plus aguerris. Pourtant, avec sa livraison unique et son honnêteté désarmante, Nilüfer parvient à rester cohérente pendant toutes les 52 minutes de son premier album. On y ajoute des interludes sympathiques qui découpent bien le projet et on se retrouve avec une expérience musicale incontournable.

Si Nilüfer Yanya a capté presque toute mon attention (et mon cœur) en mars, de nombreux autres artistes britanniques ont réussi à se démarquer ce mois-ci. En voici cinq.

Little Simz – Venom

Une autre qui a sorti un gros album en mars est Little Simz. Après plusieurs projets et près de dix ans à graviter sur les lignes de côté, la rappeuse de 25 ans a créé toute une commotion avec Grey Area au début du mois. Avec un hip-hop organique qui balance entre rudesse et douceur, la Londonienne se démarque de la scène rap britannique très électronique.

Parmi les nouvelles chansons, on retient Venom. Le couteau entre les dents, Little Simz balance une livraison impeccable sur une trame à glacer le sang. Pour une chair de poule incomparable, on privilégie cette version live.

Izzy Bizu – Lights On

En 2016, Isobel Beardshaw avait un joli buzz autour d’elle à la sortie de son premier album. Puis, ce fut le silence radio. Il aura fallu attendre le retour du soleil en 2019 pour retrouver une Izzy Bizu fraîche comme une rose. En plus d’avoir l’un des noms les plus satisfaisants à prononcer du règne musical, Bizu offre avec Lights On un mélange de post-R&B et de pop futuriste.

Le tout est servi avec sa voix, qui balance entre une voix douce, mais confiante dans les couplets et une diva de chambre dans le refrain. On encercle le 12 avril dans notre calendrier, date de sortie de son prochain EP Glita.

Spectres – Choucoune Asphyxiate Repeat

Originaires de Bristol, les gars de Spectres offrent un rock menaçant pour public averti. En à peine deux minutes, Choucone Asphyxiate Repeat explore les recoins les plus glauques et sombres du post-punk gothique. Il y a définitivement quelque chose de déstabilisant dans leur musique, tantôt froide, tantôt violente.

Un troisième album est en chantier pour la formation, mais aucune date de sortie n’a encore été avancée pour l’instant.

Sacred Paws – The Conversation

Deux ans après avoir remporté le prix de l’Album écossais de l’année, les deux filles de Sacred Paws espèrent recréer la magie sur Run Around the Sun. Pour l’instant, tous les signes semblent pointer vers un autre succès pour ce deuxième disque, qui paraîtra le 31 mai prochain.

Après l’extrait Brush Your Hair, le duo a récidivé ce mois-ci avec The Conversation. Ici, le groupe rappelle autant les pionnières de The Slits que le jeu de guitare élastique de Vampire Weekend. Encore une fois, les deux musiciennes réussissent à traduire une légèreté et à donner une sérieuse envie de bouger. On aime particulièrement la chimie entre les deux voix, qui s’échangent les paroles comme dans un match de ping-pong.

Shura – BKLYNLDN

Dans un style beaucoup plus épuré, Shura tapisse une groove synthpop langoureuse sur BKLYNLDN. La chanson s’inspire de la relation à distance qu’a vécue la chanteuse et musicienne avec sa partenaire. Durant les trois premières minutes, elle rêve de voir sa douce New-Yorkaise la rejoindre à Londres. Mais dans la dernière minute, la ballade évolue pour dévoiler un été romantique à Brooklyn, alors que Shura a décidé de faire le chemin inverse.

Toutes ces chansons se retrouvent dans cette magnifique liste de lecture Spotify, aux côtés de nouveautés de Two Door Cinema Club, Emily Burns et Hælos, entre autres.

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