Germain Barre

Invasion britannique : la meilleure musique du pays de Big Ben

Les Britanniques ont encore fait de la bonne musique en février.

Il n’y a vraiment que les amateurs de galas qui aiment février. Ici, on s’obstine pour savoir qui méritait un Grammy ou un Oscar. Au Royaume-Uni, on se passionne plutôt pour les BRITs Awards. Un gala beaucoup plus simple et épuré pour le monde de la musique.

C’est peut-être que je suis une fille simple, mais j’étais bien heureuse de voir One Kiss de Calvin Harris et Dua Lipa remporter le prix de la chanson de l’année. De toutes les pièces pop et commerciales en nomination, c’était de loin la plus achevée et agréable. L’été est fini depuis des mois et je n’ai toujours pas atteint mon point de saturation avec ce hit.

Idem pour The 1975 qui est reparti avec les prix d’album et de groupe de l’année. À peu près tous les artistes en nomination cette année étaient de gros noms de la pop. On salue quand même Idles, Christine and the Queens, Aphex Twin et Brockhampton, qui ont su arracher des nominations.

Si le gala récompensait surtout des artistes établis, il ne faut pas oublier tout le talent qui se cache dans les recoins des îles britanniques. On vous en parlait déjà en janvier dernier. En voici cinq autres qui ont su faire leur marque en février.

Jessie Ware – Adore You

Imaginez une personne qui sort dans un club. Elle rencontre quelqu’un d’incroyable qui l’attire. Les deux dansent de plus en plus proche et tout ce qu’elle attend, c’est le bon moment, le bon signe pour faire un move. Et bien Adore You, c’est LA chanson qu’on veut comme trame sonore pour se lancer.

On la connait moins en Amérique du Nord, mais Jessie Ware est une figure bien connue du Royaume-Uni. Si bien qu’elle s’est retrouvée en nomination à deux reprises aux BRITs. En 2018, son troisième album Glasshouse lui avait permis de faire compétition dans la catégorie de meilleure artiste féminine.

Pour la Saint-Valentin, notre Jessica a décidé de faire paraître l’extrait Adore You. Produite par Joseph Mount de Metronomy, la ballade électro-pop rappelle le son et l’énergie sensuelle du dernier album de Robyn.

Ekkah – Just a Thing

Si Adore You met la table pour une romance éphémère, le groupe Ekkah veut rappeler qu’on n’a pas toujours besoin de trouver l’amour de sa vie pour avoir du plaisir. Le conseil est d’autant plus facile à absorber lorsqu’enrobé comme la pièce Just a Thing. Ici, le duo étale ses influences disco et new wave dans une version bien contemporaine.

Ekkah fait de la musique depuis 2014, mais les deux amies semblent prêtes à faire beaucoup de bruit en 2019. Just a Thing est en effet déjà la deuxième parution du duo cette année, et elle ne sera pas la dernière. Assurément, un nom à surveiller.

AJ Tracey feat. Giggs – Nothing but Net

Sur Nothing but Net, le jeune AJ peut compter sur l’aide de l’une des plus grandes pointures du rap britannique des dix dernières années. Il s’est donc assuré d’être à la hauteur, si bien qu’il a avoué à Apple Music avoir complètement réécrit son couplet après avoir reçu celui de Giggs.

Le résultat est l’un des moments forts du premier album du rappeur de 24 ans, simplement nommé AJ Tracey. Alors que le grime et le UK drill ont dominé la scène rap britannique dans les dernières années, le Londonien s’éclate dans plusieurs directions sur ce premier opus.

Honeyblood – The Third Degree

Les deux premiers albums du duo de Glasgow Honeyblood donnaient toujours l’impression d’entendre deux BFF avoir beaucoup trop de plaisir en brûlant les photos de leurs ex un peu pompettes. C’est donc étonnant d’apprendre que la chanteuse et guitariste Stina Tweeddale a collaboré avec une batteuse différente sur les deux opus.

Après s’être retrouvée complètement isolée à la fin de la tournée du second album, la Glaswégienne a décidé de faire cavalière seule avec ce projet. The Third Degree sert ainsi de premier extrait pour ce nouveau chapitre d’Honeyblood. Et force est d’admettre, Stina passe le test à merveille.

Avant-goût d’In Plain Sight, qui devrait voir le jour fin-mai, The Third Degree sonne comme si les groupes pop des années 60 tels que les Shangri-Las ou les Ronettes avaient découvert le punk. L’extrait est accrocheur à souhait et met bien la table pour les mois à venir.

W. H. Lung – Simpatico People

Une chanson de krautrock de 10 minutes? Pourquoi pas ?

Simpatico People n’est que la 4e chanson de W. H. Lung. Mais cela n’empêche pas les médias britanniques de comparer la formation à The Horrors et LCD Soundsystem. Avec cette pièce, le groupe de Manchester se donne le temps d’offrir un voyage bâti sur des rythmes incessants, des riffs de claviers hypnotisant et une voix bien rêveuse.

Pour une chanson aussi longue, la structure est somme toute bien simple. Ici, W. H. Lung transporte l’auditeur d’un groove à l’autre avec l’efficacité et la douceur d’un nouveau train Azur. Si bien que le temps ne semble plus tourner à la même vitesse lorsque l’on écoute la pièce.

Bonus : Venus – Deranged

La pièce est techniquement sortie à la fin janvier, mais je n’ai appris l’existence de celle-ci que vendredi dernier. Tout ça grâce à Kayleigh, l’étudiante que j’ai rencontrée en échange à Leeds et qui est à son tour venue faire un échange ici au Canada. Photographe et DJ passionnée de la scène musicale de Leeds, c’est elle qui m’a fait découvrir le groupe émergeant Venus.

Le mouvement riot grrrl a fait beaucoup de bruit – littéralement – dans les années 90. Bikini Kill, Bratmobile et Sleater-Kinney se servaient du punk et de l’esthétique DIY pour créer un environnement féministe et revendicateur dans le Nord-Ouest américain. 20 ans plus tard, le mouvement s’internationalise et gagne toujours de l’ampleur grâce à l’internet et à des chansons aussi défoulantes que Deranged.

Tous ces bijoux – et plus – se retrouvent dans cette merveilleuse liste de lecture 100% britannique.

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