Mieka Jewett

Itinéraire pour un pèlerinage jazz sur la côte est

Pour un road trip cool, intéressant « and all that jazzzzzzz ! »

URBANIA et Volkswagen s’unissent pour vous emmener sur la route du jazz.

Quand on pense au jazz, on s’imagine presque tout de suite un club enfumé, un peu caché, quelque part dans le New Orleans des années 1920, le New York des beats poets, ou, si on habite Montréal, la petite salle bondée du Dièse Onze ou celle du légendaire Upstairs du centre-ville. Peu importe les images qui viennent en tête, les amateurs le savent, de notre belle province jusqu’aux fins fonds de la Louisiane, la côte Est de l’Amérique est bondée d’endroits iconiques où le jazz a laissé sa trace.

Et quand on pense au roadtrip, c’est le classique de notre fellow Québécois Jack Kerouac, On the Road qui vient le plus souvent en tête. C’est d’ailleurs un roman qui baigne en plein dans le jazz des années 1940. De sa prose rythmée aux histoires de soirées étourdissantes avec des musiciens, et même dans le mouvement constant de son héros, Kerouac a glissé la musique un peu partout dans ce journal de bord.

Inspirés par Kerouac, mais surtout par les grands qui ont influencé son œuvre, on vous propose donc de partir sur la route cet automne pour visiter 10 endroits qui ont été marqués par le jazz. Entre Montréal, Chicago, New York et on en passe, beaucoup de bitume pour finir par se rendre au lieu de naissance de cette musique, l’inimitable New Orleans. Préparez-vous des snacks, la route sera longue, mais elle en vaut la peine!

Montréal, Québec — Upstairs Jazz (1254, rue Mackay)

Pourquoi commencer ici et pas avec le Festival de jazz auquel la ville a donné son nom? Parce que le Upstairs incarne parfaitement le jazz club, tel qu’il l’est devenu. Un petit bar en plein milieu de la ville où on peut manger un morceau et écouter de la bonne musique depuis 1995 déjà. Le Devoir en disait que c’était un point de ralliement pour les musiciens nord-américains et que ses proprios profitaient de la proximité entre Montréal et New York pour présenter autant des musiciens locaux que des artistes en visite des States. Notre petit Upstairs a même fait la liste des 150 meilleures salles où voir du jazz par le magazine Down Beat, qui se spécialise en musique jazz et blues.

Boston, Massachusetts — Scullers (400 Soldiers Field Road)

Jusqu’à l’an dernier, le Scullers de Boston avait comme booker un petit monsieur dans sa jeune 80aine qui y avait fait jouer non seulement Diana Krall et Norah Jones, mais aussi Lou Rawls et Wynton Marsalis. Un autre établissement qui perdure à travers les années et les tendances, le Scullers est ouvert depuis 1989. Pour une date, ça semble un spot idéal. Située dans le lobby de l’hôtel The DoubleTree Suites, la salle est pleine de charme avec des murs en bois, des grandes fenêtres qui encadrent la scène et des petites tables cocktails pour être assis proches proches.

New York, New York — Village Vanguard (178 Seventh Ave. South)

On espère que vous n’aurez pas trop veillé tard, parce que notre route se poursuit avec le légendaire Village Vanguard de New York. La salle en forme de triangle se trouve dans un sous-sol de la Seventh Avenue et tient bon depuis 1950. Le Vanguard est d’ailleurs l’un des rares clubs du genre ayant eu une femme comme propriétaire. De 1989 jusqu’en juin 2018, c’était Lorraine Gordon, l’épouse du fondateur de la salle, qu’on décrit comme une grande amatrice de jazz, qui s’occupait des lieux. Parmi les grands qui ont été invités à y jouer: Miles Davis, Anita O’Day et Charles Davis. Les locaux recommandent d’y passer un lundi soir pour avoir droit au meilleur du Vanguard Jazz Orchestra.

New York, New York — 995 Fifth Avenue

Si vous décidez d’aller faire un tour au Metropolitan Museum of Arts pendant votre passage à New York, on vous propose de faire un petit saut par la Fifth Avenue juste à côté. Au numéro 995 vous trouverez maintenant un immeuble à logement tout simple, qui ressemble à tous les autres autour. Pourtant, en 1955, alors que ça s’appelait encore le Stanhope Apartment Hotel, un grand drame y est survenu. C’est là que le célèbre saxophoniste Charlie Parker (que Kerouac mentionne d’ailleurs dans On the Road) est décédé. Après vous être recueilli un instant, allez passer la soirée au Birdland, un jazz club nommé en son honneur dans le Upper West Side.

Chicago, Illinois — Green Mill Jazz Club (2802 N. Broadway Ave.)

On s’éloigne pas mal de la Côte Est pour faire un petit crochet par Chicago. Un autre des berceaux du jazz tel qu’on le connaît maintenant. On vous suggère d’aller faire un tour au fameux Green Mill Jazz Club. Pour revivre les roaring 20’s et l’époque de la prohibition, c’est un endroit rêvé. La rumeur veut qu’Al Capone et ses amis gangsters aient passé bien des soirées dans ce club de l’avenue Broadway. À noter que le samedi, on peut y voir de la musique live jusqu’à 5 h du matin. De quoi faire le party comme les flappers!

Chicago, Illinois — Le site du Regal Theater (4701 S. Martin Luther King Drive)

Tant qu’à être en ville, on fait aussi un petit saut du côté du south side pour aller visiter le site de l’ancien Regal Theater. Très importante pour les artistes afro-américains du 20e siècle, la salle a vu passer Nat King Cole, Louis Armstrong et Ella Fitzgerald, mais aussi l’un des meilleurs « big band » féminins de l’époque, The International Sweethearts of Rhythm. Il ne reste plus rien du théâtre original, mais à sa place on peut maintenant visiter le Harold Washington Cultural Center, qui lui aussi présente des spectacles.

Indianapolis, Indiana — Madame Walker Theater Center (617 Indiana Ave.)

On continue notre route pour retourner vers la côte avec l’un des plus beaux théâtres historiques en Amérique. Nommé en l’honneur de la première « self-made millionaire » féminine, le Madame Walker Theater Center a été érigé en 1921 et était un centre culturel et économique pour la communauté afro-américaine d’Indianapolis jusque dans les années 1950. Depuis ce temps-là, sa grande ballroom a accueilli des noms comme Ella Fitzgerald, Nat King Cole, Patti LaBelle et Lena Horne, et continue toujours de vibrer au son du jazz avec des soirées mensuelles consacrées surtout aux talents locaux.

Charleston, Caroline du Sud — Charleston Jazz Festival

Le seul festival de notre liste en est un tout jeune. Le Charleston Jazz Festival va fêter son cinquième anniversaire cette année, mais l’histoire du jazz dans les Carolines est pas mal plus vieille que ça. C’est d’ailleurs ce que disait Jack McCray, le cofondateur du festival : « What happened in Charleston, New Orleans, Memphis, Kansas City, Savannah and other cities not only illustrates the fact that jazz was born in America, their stories prove that America is built on the same principles as jazz. » Le jazz est né en Amérique et l’Amérique est bâtie sur les mêmes principes que le jazz. Le festival se tient en janvier chaque année. C’est un bon moment pour quitter le froid de Montréal pour un petit pèlerinage vers ces lieux pleins d’histoire.

New Orleans, Louisianne – Preservation Hall (726 St. Peter’s St.)

Finalement, on termine notre roadtrip dans le véritable birthplace du jazz, New Orleans. Comme les Sal et Dean de Kerouac, on a fait la route de New York à New Orleans pour y entendre de la musique. Le premier spot qu’on vous propose est l’un des plus populaires du French Quarter de la ville, et aussi l’un des plus touristiques. On vous invite à outrepasser l’aspect un peu artificiel du décor et du vibe de Preservation Hall pour apprécier les musiciens de leur house band à leur juste valeur. Des musiciens comme Harry Connick Jr. yont fait leurs premières armes au sein du Preservation Hall Jazz Band. Certains des musiciens locaux les plus talentueux y jouent du traditional New Orleans jazz tous les soirs et on peut les voir à l’œuvre pour seulement un petit billet de 20,00 $.

New Orleans, Louisianne – Tipitina’s (501 Napoleon Ave.)

Le bluesman Professor Longhair est peut-être décédé depuis presque 40 ans, mais sa légende vit encore au Tipitina’s de New Orleans. La salle, maintenant iconique dans le milieu, a d’ailleurs été nommée après l’une des chansons du « Fess », et a été le repaire de l’artiste jusqu’à sa mort. Maintenant, c’est l’une des salles les plus connues de New Orleans et l’un des nombreux endroits en ville qui travaille fort pour aider les jeunes artistes de leur communauté. La Fondation Tipitina’s aide aussi les jeunes à avoir accès à une éducation musicale dès l’enfance. L’esprit communautaire et artistique du jazz s’incarne complètement au Tipitina’s.

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Pour visiter les lieux les plus mythiques de l’histoire du jazz, allez-y donc en Jetta.

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