Paul Martin

Jain, un métissage qui fait danser… et réfléchir

La Française a lancé son nouvel album vendredi dernier.

La première fois que j’ai vu Jain, je ne m’attendais pas à voir une jeune Française en robe d’écolière avec un col claudine dans un clip aussi éclaté, coloré, avec des rythmes qui me rappelaient Cuba, le Congo, le tout teinté d’electro et de pop. J’ai été bluffée! Ce métissage, c’est exactement ce qui fait sa magie. Les langues, les cultures, les croyances et les peuples se mélangent, c’est connu. La musique ne fait pas exception.

Le parcours de vie de Jain de Toulouse, au Congo, en passant par Abu Dhabi me fait étrangement penser au mien. Son ouverture sans prétention, sa curiosité à découvrir de nouvelles percussions selon ses pays d’adoptions m’ont touché. Quand on est expatriée, il est facile de tomber dans la ghettoïsation, de ne s’entourer que des siens, car tout est nouveau; il faut se trouver des repères, se rapprocher de l’autre et se fondre dans la masse si l’on veut sortir enrichie de cette expérience.

Makeba, pièce tirée de son précédent album Zaneka, est pour moi la parfaite illustration de son bagage. Un hommage à Mama Africa, l’artiste, comme on appelait la chanteuse sud-africaine, mais aussi au « soul » de ce continent souvent réduit aux stéréotypes classiques diffusés dans les médias. Jain est dans cette lignée d’artistes qui nous crient que l’Afrique est un continent riche en art, en valeurs, en ressources. Ces voix, il faut les écouter.

Plus récemment Stromae a su brillamment mélanger l’électronique à la musique africaine. Le fruit du métissage musical réussi de ces deux artistes est selon moi, un exemple à prendre en considération. La musique voyage et aujourd’hui, de très grands artistes américains s’inspirent de légendes africaines, arabes et latines américaines. N’oublions pas de redonner à César ce qui est à César.

De Souldier, son nouvel album, j’ai découvert il y a quelques semaines Alright au groove reggae qui donne envie de ne plus s’en faire et Souldier sortis en avant-première. Sur cet album le hip-hop et l’électro ne laissent pas leur place, notamment sur le titre Inspecta ou encore Star. On découvre une Jain toujours aussi terre à terre, mais beaucoup plus affirmée. Abu Dhabi et Flash (Pointe Noire) qui font référence aux sols qu’elle a foulés sont aussi efficaces avec des rythmes locaux.

Le métissage de Jain se reflète encore et toujours dans sa musique, un métissage qui donne toujours autant envie de bouger, au propre comme au figuré.

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