La Chicane’s « Calvaire »

Bonne semaine, Pierre !

Inspiré par la chronique de Pierre Harel sur Radiohead dans Canoë, Hugo Bastien a décidé de rendre hommage à l’auteur en abordant, lui aussi, un classique de la chanson rock qui l’a marqué à jamais. On vous conseille d’aller lire le texte original de Pierre avant d’explorer le chef-d’œuvre de mauvaise foi de notre adjoint à la rédaction.

Nous voilà déjà à la presque fin-juillet de l’an 2018, ah que le temps passe vite et haha qu’il faut chaud Bon Dieu j’ai une flaque de sueur dans le dos, alors force nous est de constater que le grand et compliqué foisonnement musical issu du très simple rock’n’roll d’origine s’est enrichi de nouvelles pièces philo-tourmentées, et surtout, tellement enrichi de «  CALVAIRE », cette chanson de La Chicane d’un tourment extrême dans ses explosions vocales comme dans ses implosions de douleur dans une cage, écrite et composée en 1998, figurant à la liste d’un premier album intitulé EN CATIMINI paru la même année. Visitons maintenant la très courte page Wikipédia pour en apprendre plus au sujet du groupe LA CHICANE.

(ici je reprends mon souffle)

Comme de nombreuses autres chroniques celle-ci m’est venue d’une suggestion de ma rousse amie, comme la fille sur le logo de Wendy’s*, ayant pris soin, dans son immense respect de ma liberté et de celle des autres, de me proposer de faire des phrases trop longues que personne ne comprendrait et de choisir plusieurs d’entre elles pour remplir du temps sur une page de l’interweb. Allons maintenant consulter l’article, de mon ami URBANIA paru sur URBANIA le 8 janvier passé, déclenchant l’intérêt de 3-4 Français envers le retour de LA CHICANE dans le cadre du 20e anniversaire de leur album EN CATIMINI paru en 1998 comme j’ai dit plus tôt parce que je me répète mais que voulez-vous la vie est belle et tout le 8 janvier passé.

J’ai entendu « CALVAIRE » pour la première fois en 2002 dans la voiture de mes parents lorsque le 6 à 6 en double, alors guru de cette secte de la pop-rock-musique de bon goût, avait « envoyé » cette chanson sur les ondes qui allait ensuite devenir l’emblème d’une génération désabusée et perdue dans les brumes des concessionnaires de voitures et de l’impossible choix entre crémeuse et traditionnelle, Nordiques et Canadiens, entre Kaïn et le reste, entre Joanie et Adamo, entre oui et non finalement !

Cette chanson qui allait ensuite devenir l’emblème d’une génération désabusée et perdue dans les brumes des concessionnaires de voitures et de l’impossible choix entre crémeuse et traditionnelle, Nordiques et Canadiens, entre Kaïn et le reste, entre Joanie et Adamo, entre oui et non finalement !

Je me souviens quand même pas pire de m’être immédiatement fait un peu toucher par la complainte gueulée de « CALVAIRE » approximativement chantée par Boom Desjardins ce poète provincial assez solide pour surmonter les innombrables obstacles piégeant la voie poétique lorsque la gloire et un peu d’argent (genre 20$) l’encombrent d’abysses et d’enfers capables d’engloutir les meilleurs et les plus beaux, genre le diable est méchant et sérieux ne baissez jamais votre garde devant la perversion de l’industrie musicale sur la musique et etc. Mieux vaut alors être dernier sur le sentier de lumière et spotlight et d’une belle laideur de sorte que les riches abysses se foutent de nous et qu’elles soient évitées et qu’on aille emprunter à la banque pour s’acheter une voiture.

La voici maintenant cette formidable et gigantesque chanson précédant de quelques années l’éclosion du ROCK BOOMER au Québec, genre dont l’essence, à l’imitation de « CALVAIRE », tient d’un clash d’ambivalence entre ordre et désordre, Hummer et Bixi, CAQ et PLQ, entre enfant unique et marée de rejetons (on fera pousser des enfants*), etc. et ainsi de suite alléluia. Voici enfin la chanson « CALVAIRE ».

Je ne pouvais aller plus loin sans vous donner, ou redonner, à lire un étrange article de Marie Poupart paru dans le Journal de Québec du 10 juin 2014 dans lequel Boom déclare que rien ne s’est fait de bon au Québec en musique depuis Kaïn.

Je n’avais pas réécouté « CALVAIRE » depuis la Saint-Jean de 2009, sauf de rares fois à l’occasion qu’elle joue à toutes les saletés de stations de radio tout le temps, et à chaque fois, même pour de très courtes écoutes, je ressentais le même écoeurement comme si cette chanson portait en elle une bonne part de mon exaspération charnelle et émotive de mon irritation envers la musique québécoise de la rage de se dévorer le corps dans une cage de notes tonitruantes jusqu’à ce que mort s’ensuive tourne à droite à la prochaine lumière merci est-ce que vous prenez débit.

Cette fois, pour les besoins de cette chronique, une écoute complète m’a provoqué de la houle dedans le bedon faisant rouler mes yeux au ciel de ma mémoire de gros nuages enfumés déchirés de clairs-obscurs, souvenirs affolés de toutes ces fois où je réalisais qu’il n’y avait plus de papier-cul pour m’essuyer à la toilette, souffrances d’être des rares qui réalisent que « plus pire » est une erreur de français qui semble pourtant résonner dans l’écho de la pensée des autres sans trop leur faire un pli sur la poche de leur Bescherelle, tellement on a marqué l’esprit au fer incandescent de leur cerveau de ce refrain, jusqu’à ce « retiens-moé » que j’ai si souvent entendu gémir et hurler au fond du McDo sur Mont-Royal à 2h30 du matin.

*Chaîne de restauration rapide bien connue

*Paroles d’une chanson de Kaïn

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