La petite histoire des festivals d’hiver

Nos hivers n’ont pas attendu que tout le monde porte des Canada Goose pour être frettes.

URBANIA et Igloofest (le festival le plus froid au monde) s’unissent pour vous démontrer que ça fait un maudit bail qu’on sait profiter de l’hiver.

Comme dirait le monsieur au dépanneur : « Il fait pas chaud pour la pompe à eau, ces jours-cittes! » Année après année, il y a toujours un fin finaud pour nous rappeler qu’il fait froid l’hiver, comme si c’était la découverte du siècle. Sauf que nos hivers n’ont pas attendu que tout le monde porte des Canada Goose pour être frettes.

Et ça fait longtemps qu’on a décidé de braver la dépression hivernale en allant jouer dehors, même par -30­°C. À travers le temps, les célébrations ont évolué, mais les festivaliers ont toujours les mêmes joues roses et le même sourire dans la face.

Par contre, la mode a changé depuis 1805. Dommage.

Là où tout a commencé

Pour les Premières Nations, l’hiver était déjà une occasion de se réunir. Durant le solstice et à la nouvelle lune de janvier, les communautés autochtones se rassemblaient pour danser, brûler du tabac et faire des courses de raquettes et de canot, en attendant le retour du printemps. Après de longues années d’une répression culturelle terrible, les autochtones tiennent aujourd’hui à retrouver leurs traditions, et de nouveaux festivals de mi-hiver continuent devoir le jour, comme dans cette université d’Halifax : 

La Sainte-Catherine, la fête la plus désagréable

Du temps où on n’avait pas de classe, on célébrait le 25 novembre la première bordée de neige de la Sainte-Catherine. Pour certains, c’était l’occasion de manger des clennedaques, bonbons à la tire inventés par Marguerite Bourgeois pour attirer les enfants à l’école (technique déjà louche à l’époque pour attirer des enfants quelque part). Pour d’autres, la Sainte-Catherine, c’était surtout la date officielle pour rire des femmes célibataires passées 25 ans… J’ai mal aux yeux à force de les rouler.

Salut Bonhomme

À Québec, chaque hiver depuis 1954, ils remettent ça. Un immense carnaval familial qui a vu défiler toutes sortes de traditions plus ou moins flyées, comme les courses de moto sur glace, les compétitions de saut de baril et les bains de neige en bikinis. Bonhomme Carnaval, lui, est toujours là pour hanter mes cauchemars. Car, en toute confidence, il m’a toujours terrifiée du haut de ses 7 pieds et 400 livres de neige compactée. Désolée, Bonhomme.

Les raquetteurs

Un autre grand moment dans l’histoire des festivals hivernaux, c’est la naissance du cinéma « Candid Eye », lors d’un festival provincial de raquettes à Sherbrooke. En 1958, une petite équipe de cinéastes francophones de l’ONF s’est retrouvée là-bas pour filmer les raquetteurs et a révolutionné le cinéma documentaire en donnant un point de vue intérieur et vivant… d’un festival semi-le-fun. Si vous ne l’avez pas encore vu, ce chef d’œuvre en vaut la chandelle. Les trompettistes fument des clopes, les majorettes sont à 5/10 d’enthousiasme, et l’ambiance est au boutte!

Au Canada

Le Canada trippe solide sur les festivals d’hiver et de plus en plus de villes ont le leur. À Saint Boniface, le quartier francophone de Winnipeg, on célèbre l’hiver au Festival du Voyageur, avec des concours de barbes et des « groupes trad [qui] peuvent faire n’importe qui jiguer[sic] ». Les chutes du Niagara organisent, quant à elles, le coloré Festival des Lumières d’Hiver. Même à Yellowknife, où il fait VRAIMENT pas chaud pour la pompe à eau, on profite de l’hiver pour faire des châteaux de glace, au Snowking Winter Festival.

Ailleurs dans le monde

À Harbin, au nord de la Chine, on ne plaisante pas avec la sculpture sur glace. Chaque année, environ 15 millions de touristes visitent la ville, où des bâtiments immenses ont été érigés à partir de la glace empruntée au fleuve voisin.

Et au Geilo Ice Music Festival, en Norvège, ils poussent le concept encore plus loin, en sculptant carrément des instruments de musique dans la glace, ce qui donne des performances absolument hypnotisantes :

(Le violoncelliste porte-t-il vraiment des moufles??)

L’hiver serait-il cool?

Ben oui! Chaud ou pas chaud pour la pompe à eau, l’hiver n’est pas obligé d’être la saison où on reste enterré sous sa couette à écouter Netflix. Libérez donc votre reine des neiges intérieure!

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Parmi les festivals d’hiver les plus impressionnants, il y a bien évidemment Igloofest qui revient cette année du 17 janvier au 2 février. Parce qu’il n’y a rien de plus badass queb que de danser sa vie away en habit de neige. Pour tout savoir sur la programmation de l’édition 2019, cliquez ici!

Et pour avoir un aperçu de ce qui vous attend cette année, regardez cette vidéo!

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