La petite histoire (vraie) du hit musical qui a été composé sur la bol

Si jamais George Benson le chante ce lundi au FJM, vous ne pourrez pas penser à autre chose.

Si vous comptez assister au concert du grand George Benson, je vous souhaite de tout coeur que Turn your Love Around soit sur sa setlist.

C’est que voyez-vous, ce grand succès des années 80 est né de la plus comique des façons. Tamisez les lumières et assoyez-vous en cercle par terre, c’est l’heure du caca-conte.

Il était une fois…

Il était une fois en 1981, deux auteurs (Bill Champlin et Steve Lukather) et un producteur (Jay Graydon) qui avaient reçu comme mandat de composer une chanson pour l’album «grands succès» de George Benson, alors au sommet de sa gloire et reconnu comme un des plus grands artistes jazz/soul/R&B au monde.

Au début, tout allait bien. Il faut savoir que les trois compères sont des professionnels reconnus dans leur milieu. Bill Champlin faisait partie du groupe Chicago, Steve Lukather de la formation Toto (« IBLESSTHERAINSDOWNINAAAAAAFRICA ») et Jay Grayson est considéré comme un des plus grands guitaristes et producteurs de notre histoire.

Cependant, ils ont fini par frapper un estifi de mur. Méga panne d’inspiration pour le refrain. Tout le monde essaie des trucs, personne n’aime ce que ça donne. Ça tourne en rond, le deadline approche, tout le monde est dans un état de panique paralysant.

Puis, au comble du désoeuvrement, Jay décide d’aller faire caca. Mais Jay souffre d’un TOC particulier: quand il fait ses besoins, il doit absolument se dévêtir au complet. Le voilà donc flambette sur la bol en train de faire sa besogne quand tout à coup:

Wham bam in the can: Jay vient de trouver le refrain!!!!

Excité, fébrile et sans s’essuyer (on présume, il ne le mentionne pas dans son récit), il sort de la salle de bain à toute allure, court jusqu’au salon et, sous les yeux ébahis de ses collègues, pogne un magnétocassette et enregistre la mélodie.

Revenus de leur surprise (et probablement de leur fou rire), Bill et Steve intègrent le refrain à la partition et MAGIE!  C’est comme si la chanson avait été destinée pour ce refrain. Ils l’envoient ensuite à George Benson, qui l’adore.

Cette chanson a éventuellement remporté le Grammy 1983 de la meilleure chanson R&B, a occupé le no1 du palmarès R&B, le no5 du palmarès Billboard et a passé 2 semaines au numéro 10, au Canada. Il s’agit du 27e plus gros hit de 1983.

Allez, on la réécoute une dernière fois, en portant attention au refrain:

Pas si mal pour une chanson de marde.

Pour entendre l’anecdote de la bouche de son créateur, écoutez l’excellent documentaire Hired Guns.

Pour acheter vos billets pour le concert de George Benson le 1er juillet, c’est ici.

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