Germain Barre

Langue sale : Un survol des verses de la semaine

Quels sont les meilleurs et pires textes du rapqueb en ce moment ?

En 2018, le rapqueb est foisonnant comme jamais. On a droit à une diversité de styles, d’approches et de visions aussi larges que les ventes de chandails Explicit dans la dernière décennie. Alors quoi de mieux, pour fêter l’éclosion du vivier rapqueb actuel que de célébrer ses auteurs chaque semaine pour leurs bons et moins bons textes…

C’est pourquoi la chronique Langue Sale est là!

FOUKI – GWAP

‘‘Make money make money

Yeah j’suis riche au Monopoly

J’fais du beat pour make money

J’peux pas faire d’la phonophobie’’

‘‘Make money make money

Yeah j’suis riche au Monopoly

J’fais du beat pour make money

J’peux pas faire d’la phonophobie’’

Alors qu’on pourrait imaginer que le nouvel EP de FouKi, La Zayté, s’inscrirait dans la légèreté et la désinvolture, on se retrouve ici avec un cours de psychologie le temps de deux bars. Fait que, FouKi, c’est quoi, la phonophobie?

Selon Wikipédia – source ultime de knowledge mondial (que vous le vouliez ou non) – la phonophobie est décrite comme ‘‘(…) une crainte d’entendre ou d’écouter due à une sensation auditive insupportable produite par les sons environnants.’’

Alors, effectivement, quand ton day job, c’est la musique, ça serait un peu problématique d’avoir peur d’entendre des sons. Surtout quand c’est le Michel Silencieux qui te chie hit sur hit. Sauf que la vraie de vraie question là, c’est… t’as déjà terminé une partie de Monopoly mon FouKi? Parce que perso, je finis toujours par flipper la planche quand la partie commence à trop bien simuler mes vrais problèmes financiers. Dans tous les cas, grâce à FouKi, je vais me coucher moins niaiseux ce soir.

TIZZO x SHREEZ – ÇA PUE

“Journée très économique

Cheveux, talons, bronzage – tout ça sur une gift”

“Journée très économique

Cheveux, talons, bronzage – tout ça sur une gift”

Déjà, saluons Tizzo et son collègue Shreez pour leur créativité absolue lorsqu’il en vient aux titres de leurs projets. Dans les derniers mois, ils nous ont balancé trois mixtapes – Tu sais vol. 1, 51tr4p Fr4p50 et Fouette Jean-Baptiste, sortie le 24 juin dernier! Oubliez l’Assemblée, c’est Tizzo le vrai gars du peuple. On attend toujours l’album thématique de la Saint-Jean d’Ironik, by the way.

Pour ce qui est des bars de la chanson, Tizzo présente à son public les avantages de la fraude quand vient le temps de runner une business de proxénétisme. Grâce à des cartes cadeaux volées, Tizzo peut swagger ses employées sans débourser. Prends des notes, Damien Bone.

Sinon, mention spéciale au titre de la chanson! Si on m’avait dit la semaine dernière que j’écouterais un jour une chanson intitulée “Ça pue”, ben… ah pis oubliez ça, j’écoutais du Ol’ Dirty Bastard quand j’avais 9 ans, fak j’y aurais cru finalement.

JTREAL – J’ROULE DANS LA VILLE

‘‘Je suis trop real, je suis trop real, yeah, yeah, je suis trop real

J’sais qui faut pas le dire, j’sais qui faut pas le dire, yeah yeah, mais je suis trop real’’

‘‘Je suis trop real, je suis trop real, yeah, yeah, je suis trop real

J’sais qui faut pas le dire, j’sais qui faut pas le dire, yeah yeah, mais je suis trop real’’

Y’a une chose qui me fascine avec les rappeurs street, c’est leur tendance à s’auto-snitch. Les gars prônent la loi du silence, que les ‘‘snitches get stitches’’ et plein d’autres clichés aussi lointains que la carrière de Bobby One, mais ils sont les premiers à dénoncer tous leurs crimes dans leurs chansons!

JtReal, est, comme son nom l’indique, real. Mais faut pas le dire. Mais il le dit quand même. Parce que si JtReal est, bah… real, c’est qu’il commet des crimes. Si on se fie à Luc Picard dans Omerta, on ne parle pas de ces affaires-là. Alors honnêtement, je ne sais plus quoi penser, on tombe dans un paradoxe de vrai-faux qui pourrait ouvrir une brèche spatio-temporelle vers un univers où Rod le Stod est un bon rappeur finalement. *frissons*

COLO – COLO DANCE 2.0

‘‘J’ai du cake dins égouts

Les rats pour moi, ils le cook’’

‘‘J’ai du cake dins égouts

Les rats pour moi, ils le cook’’

Premièrement, il faut savoir que Colo, c’est le GOD. C’est un peu notre Lil’ B québécois, un vrai gars hors normes qui a toujours fait à sa façon. Déjà qu’il nous présente la version 2.0 de sa PROPRE danse, il prend aussi le temps de détailler le fonctionnement de son commerce.

On comprend donc ici que Colo cache son argent dans les égouts. Et avouons-le, c’est pas con! Ça me rappelle un voyage à Barcelone, où des vendeurs de rue sortaient à peu près n’importe quoi des bouches d’égout dans la rue: bière, bouffe, haschisch, etc. Quand la police arrivait, les vendeurs n’avaient rien sur eux, et les flics repartaient bredouille. Faut croire que Colo est allé à l’école barcelonaise, et je parle pas du tiki taka ici.

Donc Colo emploie des rats avec fierté pour faire runner son biz. Faudrait par contre établir certaines normes du travail pour eux, parce qu’honnêtement, je me soucie de leur bien-être. Avez vous déjà vu des rats faire un gâteau? Moi non plus. Et si on se fie au Facebook de Colo, il serait plutôt broke en ce moment. Alors qu’en est-il des rats? Ils sont surement restés pris dans l’étage souterrain avec Yvon Krevé.

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