Le rock-hardcore DIY de Judy and the Jerks

Une énergie contagieuse.

En naviguant sur le site du média américain Pitchfork, je suis tombée sur une pochette intrigante. Rose avec des photos en noir et blanc vraisemblablement découpées, la pochette arborait aussi les mots Music for Donuts EP. La millennial en moi y a vu le « Burn Book » de Mean Girls, tandis que mon côté mélomane y a plutôt reconnu l’esthétique d’un cover de zine punk ou de EP new wave des années 1980. Sous la pochette, quatre petites lettres « ROCK » m’ont convaincue et j’ai finalement mis Judy and the Jerks dans mes oreilles.

Sur la première track de l’album, Butter, l’intro monte tranquillement, comme un wagon d’une montagne russe juste avant une grosse drop. Dans ce cas-ci, c’est une vague de paroles percutantes qui nous est pitchée au visage pendant qu’on dévale la pente, le tout sous les coups de la batteuse du groupe qui varge sur son instrument. C’est le début d’un court EP de seulement sept minutes. La plus longue pièce, Cyclops Baby, frôle les deux minutes. C’est juste assez pour reprendre son souffle après la tornade Judy and the Jerks.

Si les hooks font penser à du rock-garage très 60’s, l’énergie du groupe est plutôt hardcore. Lorsqu’on prend le temps d’aller voir leurs perfos live sur YouTube, c’est assez évident. Dans ces vidéos, la frontwoman crache les paroles au public avec un mélange de hargne et de plaisir complètement fascinant. Un beau mix qui donne envie d’être présent pour recevoir toute cette énergie brute, se faire bousculer par le public et s’abandonner à la musique.

Il y a peu d’information sur Judy and the Jerks disponible sur le web au moment d’écrire ces lignes, même si Pitchfork et Stereogum se sont intéressés à Music for Donuts. Il faut même fouiller un peu pour arriver à écouter leur musique, puisque leur EP n’est pas accessible sur leur page Bandcamp, mais seulement sur celle de leur nouveau label, Thrilling Living.

On sait que le groupe vient de la scène DIY de Hattiesburg au Mississippi et qu’ils ont fait paraître quelques albums de façon indépendante avant celui-ci, mais c’est pas mal tout. Aucune trace du groupe sur les médias sociaux (sauf un compte perso qu’on ne va pas mentionner ici) et leur musique ne semble pas être partagée sur les plateformes de streaming. C’est assez intéressant de voir qu’en 2019, un groupe arrive à faire ses débuts dans de gros médias américains avec cette façon de faire DIY et quasi-puriste. En fait, ça donne plutôt espoir de voir qu’on peut encore découvrir des trucs qui sont en marge de la « machine » si on a l’œil bien ouvert.

Reste à croiser les doigts pour qu’un jour ils soient de passage au Québec. Pour écouter Music for Donuts de Judy and the Jerks, c’est par ici.

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