Les Francouvertes 2019 en six coups de cœur

Qu'ils passent en demi-finales ou pas, ces noms sont définitivement à retenir.

Après sept lundis de pure extase musicale, la ronde préliminaire des 23e Francouvertes est maintenant chose du passé. 21 artistes d’un arc-en-ciel de styles et d’approches se sont présentés au Lion d’or pour offrir un aperçu de leur univers. De ce nombre, neuf seulement se partageront la scène lors des trois soirs de la demi-finale.

Si la programmation des demi-finales regorge d’artistes talentueux, elle laisse derrière plusieurs artistes qui ont un véritable potentiel. Ce n’est pas nouveau, de nombreux artistes par le passé s’en sont bien sortis malgré des parcours à la fin abrupte. On n’a qu’à penser à Dave Chose, Jesuslesfilles ou encore Tire le Coyote. Et cette édition ne fait pas exception.

C’est pourquoi je vous présente ici mes six coups de cœur de la première ronde du concours-vitrine. Trois d’entre eux seront en action entre les 15 et 17 avril prochains pour l’étape suivante. Les trois autres seront quant à eux de bonnes additions pour nos radars personnels.

Les demi-finalistes

Poulin

Avant la dernière soirée des préliminaires, je ne m’étais jamais demandé comment ça aurait sonné si Kate Bush était devenue chanteuse pour Sonic Youth. Mais voilà que Poulin offre une réponse fort convaincante à cette question. Avec une interprétation vocale théâtrale et un rock déroutant, l’autrice-compositrice-interprète s’approche dangereusement de ce drôle de mélange. Valérie, de son prénom, brode des riffs de guitares aussi imprévisibles qu’un incendie dans un camion-citerne. Avec l’appui d’une section rythmique solide, le projet explore l’écorché, le noise et beaucoup d’inconnus.

Sur scène, la musique de Poulin sonne beaucoup plus musclée que sur son premier EP 1992-2016, paru il y a trois ans. Toutefois, le nouvel extrait Assez semble montrer que la tangente plus bruyante est là pour rester. Un premier album nommé L’or des fous devrait paraître cet automne.

Thierry Larose

La musique de Thierry Larose n’existe à peu près pas sur internet. Pas de bandcamp, pas de chansons sur Spotify… On ne trouve qu’une seule vidéo de la ballade Cache-Cou sur sa chaîne YouTube. Et pourtant, sur scène, le jeune artiste a l’aisance d’un vieux de la vieille. Son indie rock ultra mélodique sait charmer grâce à des compositions efficaces. Ses chansons s’écoutent avec une aisance remarquable, peu importe les chemins qu’il emprunte.

Bref, Thierry Larose fait du rock comme si c’était facile. C’est-à-dire qu’il construit des pièces si fluides qu’elles cachent tout le travail derrière. Le tout est livré avec un charisme magnétique qui attire le public dans toutes les directions que peut prendre son univers. Une sacrée découverte, quoi.

Dear Denizen

Après des années à travailler en anglais, Chris Ngabonziza est enfin revenu à ses premiers amours en lançant le EP BEC en français en 2018. C’est toutefois en concert que Dear Denizen se démarque de ses pairs. Et même, le verbe « démarquer » est faible. Vêtu d’un veston imprimé, de souliers dorés et d’une couronne de studs en or sur le front, le chanteur est une véritable bête de scène.

Lors de son passage aux Francouvertes, ses compositions étaient amplifiées par deux guitares, ce qui faisait ressortir son côté rock. Toutefois, et c’est là le véritable tour de force, ses pièces n’ont rien perdu de leur côté dansant.. Tant que Dear Denizen sera du concours, il y aura de quoi bouger.

Les oubliés

Suprême sans plomb

Un jour, quelqu’un, quelque part, a eu la brillante idée de mélanger la confiture et le beurre d’arachide pour un sandwich des plus délicieux. Suprême sans plomb, c’est un peu le sandwich PB&J des Francouvertes 2019. D’un côté, on retrouve les membres du projet électro-funk Of Course et de l’autre, les rappeurs enjoués du groupe L’Amalgame.

Le résultat rappelle le hip-hop des années 70, quand le but premier était de se dandiner et d’avoir du fun. En spectacle, on s’étonne encore que tout ce beau monde puisse offrir autant d’énergie sans se piler sur les pieds. Seule une formation réglée au quart de tour peut arriver à ce résultat. À défaut de pouvoir gagner le grand prix, je leur offre le prestigieux Prix URBANIA de la meilleure bromance à sept. On attend avec impatience un premier long jeu d’ici la fin de l’année.

Marie-Gold

Un autre projet rap qui méritait un meilleur sort, Marie-Gold est une naturelle. Avec un hip-hop très organique, la rappeuse offre un projet intéressant et franchement accrocheur. Ici, la musique prend une tendance plus R&B, voire soul. Il faut dire que la présence de musiciens et de choristes aide à démarquer sa proposition sur scène. Il s’agit d’ailleurs d’une nouvelle avenue qu’explorait la Montréalaise : avec un peu plus de rodage, ses prochains spectacles pourraient être encore plus intéressants.

Reste que malgré tout ce beau monde sur scène, notre regard se pose toujours sur Marie-Gold et ses flows habiles, ses mélodies sans complexe et sa présence sur scène. Son EP très jazzy Goal : une mélodie, paru l’an dernier, est un bon point de départ pour découvrir son univers.

BIRMANI

À la manière d’un statut de Marie-Chantal Toupin, le nom du groupe BIRMANI s’écrit tout en majuscules, comme s’il était fait pour être crié. C’est que le rock lourd de la formation est joué dans le tapis. Alors pas moyen de chuchoter à son amie pendant leurs performances.

Quelque part entre le grunge, le stoner et le métal, BIRMANI est à la fois le projet qui chante le moins et celui qui varge le plus de cette 23e édition des Francouvertes. Et c’est tant mieux : les longs passages instrumentaux s’appuient sur des lignes de basse solides et des solos remplis de feedback pour notre plus grand bonheur. Fondé en 2017, BIRMANI a déjà deux EP à son actif.

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