Les albums du mois : février 2019

Cinq albums à écouter tout de suite (si c'est pas déjà fait)

Gros mois de sortie! Ça faisait assez longtemps que je n’avais pas eu autant de plaisir à me perdre dans des écoutes sans fin et à me casser la tête pour savoir de quoi j’allais bien diable pouvoir vous parler.

Donc, une fois les dilemmes franchis, le résultat prouve finalement une fois de plus l’inventivité et la variété musicale qu’on a au Québec et qui n’a rien à envier à l’international.

Mes sélections de février : l’infini talent de Laurence-Anne, la pop rétro de Radiant Baby, les explorations réussies de Homeshake, l’impressionnant Ben Shemie et l’inépuisable intellect de Fet.Nat.

Laurence-Anne, Première apparition

Duprince, 8 février

Ça fait longtemps que je l’attendais celui-là et je dois avouer que je ne suis absolument pas déçu. Avec aplomb, subtilité, et une intelligence musicale incontestable, la toujours magique Laurence-Anne nous livre un premier opus en carrière bon à en réveiller tous les dinosaures de la Terre, pis j’exagère même pas là!

Entre rock indé, folk et pop oblique, la jeune musicienne et son talentueux entourage nous fait voyager vers des univers encore indéchiffrables sous une gouverne sans hésitation aucune. Elle est déjà promise à un brillant avenir!

Radiant Baby, Restless

Lisbon Lux, 8 février

Encore trop peu connu, le Montréalais Félix G Mongeon se crée pourtant tranquillement sa place depuis quelques années grâce à une pop animée et éclatée dans un créneau qui lui est propre, mais avec toujours plus d’assurance.

Avec inventivité, l’artiste queer-friendly renouvelle habilement le son pop muzak des années 80 pour y remettre le fun original qui l’accompagnait. On est dans le kitsch assumé, avec des saxophones compressés et bien du Casio, mais sans jamais que ça frôle le mauvais goût ou la redite.

Homeshake, Helium

Royal Mountain, 15 février

Si la présentation n’est plus vraiment nécessaire dans ce cas-ci, reste que l’ex-guitariste de Mac DeMarco, Peter Sagar, se retrouve malheureusement un peu trop souvent dans l’ombre malgré la grande qualité de chacune de ses parutions.

Sur ce nouvel album, le Montréalais rompt définitivement les ponts avec le son slacker et jangle rock qui l’a fait connaître pour s’aventurer encore plus dans les expérimentations électroniques, jonglant avec pop et R&B sans anicroche.

Ben Shemie, A Skeleton

Hands in the Dark, 7 février

Un éventuel album solo pour le leader de Suuns n’était plus un secret pour personne suite à son passage remarqué à Mutek en 2017, mais le mystère restait entier sur la direction de ce projet. Les fans du groupe ne seront au final pas trop dépaysés, même s’ils ne doivent pas s’attendre au mordant des premiers albums de la formation montréalaise.

Plus contemplatif, l’album raconte un futur dystopique sur une trame de fond particulièrement à propos. Dans des ambiances électroniques étoffées, A Skeleton, enregistré d’une seule traite et sans ajout d’effets, se révèle être un véritable travail d’orfèvre.

Fet.Nat, Le mal

Boiled Records, 25 février

Difficile de décrire le son et la direction générale de la formation Fet.Nat. À mi-chemin entre l’énergie transcendante du punk, la liberté du free jazz et la philosophie du no wave, le groupe de Hull fait tonner ses saxophones, sa basse et sa poésie trash pour le meilleur et rarement pour le pire.

Le second album du groupe culte ne fait d’ailleurs pas exception. Plus gris que Poule Mange Poule ou les excès kitsch des Coconuts, Le mal offre des textes intelligents sur une musique qui bûche parfois autant qu’elle provoque un volontaire inconfort pour notre plus grand plaisir.

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