Les albums du mois : mars 2019

Cinq albums à écouter (si c'est pas encore fait).

Mars tire à sa fin! Si l’hiver a été rough et s’est éternisé, j’ai au moins regagné espoir en notre production musicale locale autant qu’internationale. Pour entrer dans les détails techniques, parce que je me le permets, c’est ma chronique anyway: le 22 mars dernier a été l’une des plus grosses dates de sorties depuis un bon petit bout de temps. J’ai personnellement même pas encore fini mon rattrapage pour vous donner une idée.

Ceci dit, je ne m’y suis pas arrêté, question de représenter la belle diversité de styles à laquelle on a eu droit ce mois-ci. Mes sélections sont donc les suivantes : le rap versatile de DO the Outcast, la nouvelle identité de L’Amalgame, le house chic de CRi, feu-le rock de Autruche et l’incontournable no wave de Victime. Bonnes découvertes!

DO the Outcast, Untitled 02
Indépendant, 20 mars

Annonce un peu surprenante pour le discret rappeur montréalais, cette nouvelle mixtape sans titre, concept appliqué aux tounes également, se démarque par la facilité dans laquelle elle semble avoir été écrite. Fait notable également : le rappeur dit l’avoir enregistrée il y a neuf ans et ne pas particulièrement aimer les chansons qu’on y trouve, ce qui est fort prometteur…

Ceci dit, il en vaut le détour! Si les chansons ne se démarquent pas nécessairement l’une de l’autre, probablement un peu à cause de l’absence de titre, tout est fluide dans cet album. Rien ne semble avoir été forcé, autant dans les textes que dans les prods, et le fun qui en découle est particulièrement marqué et marquant.

L’Amalgame, Aux frontières du concret

Indépendant, 29 mars

Après avoir été comparés à Alaclair Ensemble et Dead Obies pendant des années, les instigateurs (on l’oublie trop souvent!) de la nouvelle vague hip-hop qui sévit actuellement avec FouKi et LaF en tête d’affiche se payent pour 2019 une nouvelle identité.

Plus trap et mumble par moments, en phase avec les tendances américaines, la troupe se paye un trip plus concret et personnalisé que jamais. On sent une plus grande maîtrise de leur rap et les prods de QuietMike et Kodakludo notamment viennent ajouter une belle twist à l’ensemble.

On a d’ailleurs discuté avec le groupe plus tôt cette semaine. Pour lire l’entrevue, c’est ici.

CRi, Initial EP

Anjunadeep, 15 mars

Figure de proue de la jeune scène électro montréalaise aux côtés de Jacques Greene ou de sa collègue Ouri, Christophe Dubé aura néanmoins atteint un nouveau sommet avec ce EP : une signature sur la renommée étiquette/collectif EDM Anjunadeep.

S’avançant toujours plus dans une deep house maniérée, il le fait ici fort bien avec des pièces épurées, sans vocals, qui se renouvellent bien l’une à la suite de l’autre. Et avis aux DJs : les extended versions de deux des trois pièces du EP font des merveilles sur le dancefloor!

Autruche, La mort est un chien triste

Indépendant, 21 mars

Dommage que le seul album de la formation soit en fait son dernier et sorte de façon posthume. Avec un rare aplomb, les Montréalais Autruche offrent sur cet opus l’une des meilleures sorties franco de ce premier quart d’année 2019. (Ouin, je divise à ce point-là pour vrai…)

Le défunt quintette nous livre une galette de rock alternatif champ gauche adulescent et désabusé à l’extrême, dont la principale force réside dans le chaos sonore qui l’habite. On est dépaysé chaque seconde, mais juste assez pour que ce ne soit pas dérangeant. Du beau boulot quoi!

Victime, Mi-tronc, mi-jambe

Michel Records, 3 mars

Le prolifique trio de Québec est déjà de retour, à peine un an après la sortie de leur excellent premier album La femme taupe, avec un nouvel EP toujours aussi torturé et énergique. Dans leur univers sonore caractéristique, le groupe offre un brillant rappel de la no wave, à l’aube du 40e anniversaire du mouvement.

Sous l’égide de Laurence, Samuel et Simon, l’aspect mathématique maintient toujours son cap, malgré l’énergie punk dans lequel il est infusé. C’est ainsi que naissent des petits bijoux de chansons comme Diego ou l’excellent single Dodo-prémonition.

Mon collègue les a d’ailleurs rencontrés plus tôt ce mois-ci pour discuter de leurs parties du corps préférées.

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