Les albums du mois : novembre 2018

Cinq albums à écouter (si c'est pas déjà fait).

Après l’orgie d’albums du mois, que j’ai toujours pas fini de rattraper, novembre se sera présenté plus simplement, avec moins de sorties, mais une qualité plus concentrée. Pour une rare fois, ma sélection aura été particulièrement facile à dresser!

Comme vous aller le constater, y a eu de l’intelligence sur un moyen temps dans les dernières semaines au Québec. Oui, oui, malgré les décès de Stan Lee, Stephen Hillenburg et Claude Péloquin, il reste encore des créateurs pertinents sur Terre. (Espérons juste qu’ils ne tombent pas dans le piège de la culture du viol ou du racisme comme deux des susnommés…)

Je vous propose donc de découvrir ce mois-ci le multiculturalisme musical de De.Ville, la sensibilité désarmante de N’Nao, la magnificence d’Ambroise, l’inclassable musique de Ellemetue et le punk-rock vitaminé de Juss. Bonne écoute!

De.Ville, Sables

Indépendant, 2 novembre

Si la CAQ déteste profondément tout ce qui témoigne d’un caractère minimalement arabe, les gars de De.Ville n’en ont visiblement rien à chier. Le projet est d’une désarmante actualité, mélangeant des influences hip-hop et électronique à de la musique traditionnelle maghrébine.

Chantés souvent en arabe, les textes de Ziad Qoulaii sont mis en lumière par la musique de Simon Pierre. Parfois accompagné de Jah Maaz, membre de LaF, le duo se voit loué à un magnifique avenir, si Ziad réussit un jour à revenir à Montréal.

SABLES by De.Ville

N NAO, À jamais pour toujours

Indépendant, 16 novembre

Naomie De Lorimier, qu’on avait connu aux côtés de Laurence-Anne dans les dernières années, sort un premier album solo de chansons folk sensibles et éthérées. Elle y utilise à merveille ses talents de compositrice électroacoustique pour servir ses textes poétiques.

Le résultat est une musique très automnale, introspective et qui témoigne réellement d’un travail d’orfèvre. La chanson À jamais pour toujours les oiseaux rappelle d’ailleurs les meilleurs moments de Karkwa ou de Sufjan Stevens, autres maîtres du genre, mais avec une twist plus actuelle.

À jamais pour toujours les oiseaux by N NAO

Ambroise, À la tonalité préférable du ciel

Wild Silence, 10 novembre

C’est le premier album complet du projet d’Eugénie Jobin, qui nous avait déjà offert deux EPs, et du fantastique groupe Vuu. Il s’agit d’ailleurs d’une entreprise de taille : un album concept s’articulant autour des poèmes du Québécois Paul-Marie Lapointe.

En pratique, la musique met en lumière une austérité teintée d’un respect incroyable de cette matière première, le texte. En oscillant entre la folk et la musique contemporaine, le tout prend un aspect surnaturel et rêveur, parfait pour apprécier la profondeur des mots du poète. Un très grand album!

A la Tonalité préférable du ciel by Ambroise

Ellemetue, En pays lointains

Dare to Care, 23 novembre

Après un premier opus tourné vers l’électro-pop et la new wave, le duo montréalais est de retour avec un second album dépaysant, c’est le cas de le dire. Y foisonnent les références au jazz et au rock psychédélique, le tout à la sauce post-punk bien sombre.

Sans jamais faire dans la facilité, Ellemetue dénote d’une grande maîtrise, en empilant des couches sonores pour créer une suite d’univers musicaux dont toute la subtilité réside dans les transitions. Et que dire de Renaissance, génial premier single du lot, et son immense solo de clarinette final!

En pays lointains by Ellemetue

Juss, 17 minutes

Indépendant, 23 novembre

Peut-être un peu moins intellectuel que les trois projets précédents, ce nouveau groupe maîtrise le son punk-rock qu’il nous pitch en pleine face sans aucune retenue, sous l’influx de musiciens talentueux, notamment David Marchand (Mon Doux Saigneur, zouz, etc.).

Sans tomber dans les clichés du genre, le groupe nous propose une succession de courtes pièces, cumulant dix-sept minutes, comme le faisaient les punks de la première heure. C’est probablement ici l’influence des deux membres fondateurs du groupe, rescapés de la formation Fuck U Kaliss.

17 minutes by JUSS

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