Hugo Bastien

Les Anticipateurs : une autre entrevue haute en confusion

On les a rencontrés pour qu'ils nous parlent de leurs projets et de leur show au Club Soda.

Les Anticipateurs c’est les Andy Kaufman du rap québécois, mais c’est surtout le plus grand groupe de trap sorelien de l’histoire. Avec presque dix ans d’expérience dans le game, plus de dix projets à leur actif et plusieurs spectacles «légendaires», MC Monak, MC Tronel & Jean Regis Lavoie restent un phénomène inexpliqué pour plusieurs. 

Malgré la confusion, on a affaire ici à d’excellents rappeurs qui allient grosses bars à des flows mélodiques et catchy, comme le prouve leur dernier album Le temple de la renommée. Le groupe s’offre d’ailleurs leur deuxième Club Soda pour fêter l’Halloween ce soir, dans le cadre du spectacle Les AnticipaPEURS.

C’est dans la shop de tattoo Electric Ave. sur Beaubien qu’on a rencontré le groupe pour savoir à quoi s’attendre de cette soirée haute en couleur. 

Vous avez sorti Temple de la renommée le 14 août dernier, un album qui a été très bien reçu, un de vos meilleurs clairement. Ç’a été quoi votre parcours pour vous faire introniser?

Monak : Ça fait un boutte man, qu’on est intronisé au temple, sauf que le monde faut leur rappeler, parce qu’ils sont caves.

Tronel : Faut leur rappeler c’est qui qui fait le plus de buts, qui qui fait le plus de passes décisives…

Monak : … les statistiques, leur montrer c’est quoi les chiffres. De toute façon , le monde savait qu’on était bon pis les gens nous aimaient, c’est juste qu’ils avaient peur de le dire. Astheure ils ont pu peur.

Tronel : Pis si le Canadien arrive pu à gagner des coupes faut bien que quelqu’un d’autre le fasse.

Dernièrement dans une entrevue avec URBANIA musique, Tommy Kruise ( l’un des producers sur l’album) nous a dit que vous lui aviez appris comment enregistrer des beats. C’est quoi votre background musical?

Monak : Tommy Kruise connaissait rien, on est allé le chercher à Québec, il faisait du skate, il lui manquait une dent, on lui a montré comment faire de la muz. Asteure il fait des beats, pis y’est heureux, c’est ça l’important. Pis y’a coupé ses cheveux.

Tronel : Quand y’a du monde qui essaie d’entrer avec des micros dans le trap pour avoir des informations, tu voles leur micros, puis t’as des micros gratis, fak tu deviens bon en enregistrement, that’s it.

Donc, vous avez su être des bons voleurs?!

Monak : C’est de même qu’on a enregistré notre premier album. On avait un snitch, on l’a caught, on lui a pris son mic puis on a fait un album.

Vous présentez les Anticipapeurs le 1er novembre au Club Soda. C’est quoi votre plus grande peur?

Tronel : De ne pas connaître la peur.

Pensez-vous que les gens ont peur de vous?   

Monak : C’est sûr que le monde a peur de nous.

Tronel : Y’ont pas peur de nous man, y’ont peur de Regis.

Monak : Regis c’est un gars qui parle très fort. Quand il parle, tu l’écoutes puis tu fermes ta gueule, puis une couple de fois, on a oublié ça alors on a payé le prix. La dernière fois qu’on a eu des nouvelles, il était en Gaspésie. Il adore ça, il est en train de se faire construire un manoir.

Tronel : Un tamanoir, un manoir fait en carapace de Tamanoir.

Monak : Parce qu’il met toujours des peaux de ptérodactyle pour recouvrir ses Ford pour être plus aérodynamique. Le prochain step c’était les manoirs en tamanoirs.

Y’a des gens qui vont se déguiser en Tronel, Monak et Dj-Riz Boulet à l’Halloween. En quoi vous aimeriez vous déguiser?

Monak : En portefeuille, bien plein, avec bien du «screening».

Tronel : En sac de poud’.

Le prochain album va s’appeler Dieux du Québec, à part vous, c’est qui les dieux du Québec?

Monak : Tout le monde qui s’assume, tous les vrais hommes forts du Québec, tous les vrais Anticipateurs du Québec. Y’en a une couple que c’est des secrets, une couple de featurings sur l’album, dont on ne peut pas parler. La seule affaire qu’on peut vous dire, c’est qu’on a Adamo sur une toune. On a fait un beat avec lui, mais on sait pas encore si J7 va être sur la toune. On est en pourparlers. L’affaire avec J7… c’est que.. il n’a pas fait Occupation Double. Si on le fait, ce serait comme une faveur.

J’ai vu que Jeune Loup faisait votre première partie, comment vous l’avez rencontré? Et on peut s’attendre à une future collaboration?

Monak : Jeune Loup, on l’a rencontré dans le street, sur le corner, on connaissait son père de Longueuil, Mr Wolf, qui fait du rap aussi. Puis Jeune Loup a un gros grill noir, donc ont l’a remarqué direct, on aime ça les affaires qui anticipent, puis il rappe bien. C’est un number one thug, c’est comme la génération de Punk Thug, c’est des Pugs.

On peut s’attendre à une toune avec lui?

Monak : Peut-être.

Tronel : Ouais, il y a une toune avec Jeune Loup.

Hier soir [NDLR Au moment de l’entrevue], c’était le gala de l’ADISQ. Qu’est-ce que vous pensez des galas? Trouvez-vous que vous y avez votre place?

Tronel : Le Gala de la Diss.

Monak : Si tu dois payer pour qu’on te donne un trophée, ben t’a pas gagné de trophée mon chum : tu t’es acheté un fucking trophée man. Nous autres on se fait introniser, on se fait pas atrophié par des trophées, on se fait introniser, c’est ça la différence.

Loud a gagné artiste masculin de l’année. Ça aurait été quoi votre vote?

Monak : Régis, parce que sinon il va nous tuer osti..

Sur le dernier album, Monak a vraiment rehaussé son game, (les flows sont insane) qu’est-ce qui s’est passé?

Monak : Rien, aucun effort. Je porte des chaussures de sport, mais je fais aucun sport. Je suis un gars de même, je suis juste comme le fucking requin blanc du rap. Je me pratique pas, mais je suis juste fucking bon.

Est-ce que Tronel écrit encore tes verses? 

Monak : L’affaire avec Tronel, c’est que y’est jamais allé à l’école, c’était comme un peu un enfant trouble. La rumeur c’est que Tronel écrit mes lyrics, mais il sait ni lire ni écrire, fait que.. je sais pas.

  

Vous faites encore une fois le Club Soda cette année, à quoi on peut s’attendre comme show? Est-ce qu’il y aura un concours de costume? 

Monak : Plus, juste plus, plus plus plus, à chaque année plus plus plus, plus de pitounes, plus de concours, plus d’argent, plus de monde, plus de poud,’ plus de ski.

Tronel : Il y a un concours de costumes, il y a 250 piasses de cossins de prohibition qui va être remis au winner. Il va aussi y avoir un concours de tatouages de fesses sur le stage.

Vous avez ouvert la porte au featuring avec Tizzo et Shreez à qui on peut s’attendre pour la suite?

Monak : C’est appel d’offres pour l’instant. Avec Tizzo et Shreez, le Québec a réalisé qu’on est capable de faire des feat puis qu’on est bon. Ils ont vu que c’était correct de donner du cash pour faire du rap avec nous autres. Fait que on check, c’est qui qui a du cash au Québec.

Donnez moi 3 raisons de venir au show le 1er? 

Monak : 1- Si tu ne viens pas, j’te pète la gueule
2- Ta mère s’en vient fait que, t’es mieux de venir pour la watcher
3- As-tu déjà vu quelqu’un se faire tatouer le cul dans un show? On est vraiment des génies du marketing.

Avez-vous des mentions spéciales?   

Tronel : Gros S/O à Electric Avenue , shop de tattoo sur la coche, mention spéciale à Miguel Lepage, artiste tatoueur de renommée internationale. Sinon on a des tounes qui s’en viennent, notamment une toune qui va s’appelle Jeunes Riches et une qui s’appelle Invincibles et qui a été co-produite par Miguel Lepage aka MindGodda pis Danny Ill, ça c’est fucking important!

Merci à Tatouage Electric Avenue qui nous a reçu pour l’entrevue.

Vous n'allez pas rester là sans rien dire ?
Faites-vous entendre...

mode_comment Afficher les commentaires keyboard_arrow_down keyboard_arrow_up