Frontperson et Tranna Wintour : ces artistes qui s’absentent de leur vidéoclip

Une liste d'artistes qui, eux aussi, ont céder leur place à un interprète invité.

Si vous avez un pied (ou même juste un petit doigt (de pied)) dans la culture anglophone de Montréal, vous avez de fortes chances de connaître Tranna Wintour. Encore plus si vous êtes né.es sous la constellation queer, car l’humoriste, animatrice et auteure trans est une personnalité bien en vue sur la scène. Cette année, elle a d’ailleurs été votée personnalité la plus sexy après Justin Trudeau selon Cult Mtl. Rien que ça.

Bref, si vous la connaissez vous avez sûrement eu la surprise de voir chanter l’icône dans le nouveau vidéoclip de Frontperson, projet de Kathryn Calder (des New Pornographers) et Mark Andrew Hamilton (de Woodpigeon). Or, en invitant Tranna dans leur vidéoclip, Frontperson viennent carrément d’eltonjohniser leurs fans (oui, on vient d’inventer ce terme-là).

Elton John, pour les néophytes, c’est cet obscur auteur-compositeur-interprète qui a mis au monde ce classique de karaoké (encore meilleur à chanter à l’heure divine où les lumière du bar rallument et le busboy passe sa moppe en s’allumant une cigarette d’après-shift). C’est aussi un grand avant-gardiste du vidéoclip.

Pour vous donner une idée, en 2001 Sir John a balancé à MTV et Musique Plus pas un, ni deux, mais bien TROIS vidéoclips où, coup de théâtre, une personnalité invitée faisait bouger ses lèvres sur les paroles de l’artiste. Après Robert Downey Jr., ce fut au tour de Justin Timberlake et Mandy Moore de briller sous l’œil de la caméra.

Se réinventer sans se montrer, c’est aussi ce qu’a fait Prince lors d’un relatif comeback en 2013 (relatif parce que Prince, même après sa mort, ne nous a jamais vraiment complètement quitté). La chorégraphe et réalisatrice Danielle Curielle a été appelée en renfort pour tourner un clip sur la musique de son morceau Breakfast Can Wait. En plus d’être la danseuse étoile tout au long du vidéo, c’est elle qui personnifie l’excentrique musicien, perruque, guitare et pancake inclus.

Une autre légende à s’être trempée dans l’eltonjohnisation (non, mais est-ce que c’est pas le plus beau mot de la langue française?) est nul autre que la légende Bob Dylan. On peut dire qu’il n’y est pas allé de main morte. Son vidéoclip accompagnant le succès Like a Rolling Stone, sorti il y a 5 ans (!?!) est un vaste projet expérimental né de l’imaginaire de Vania Heymann. Le clip se zappe, littéralement. Sur presque 20 faux canaux de télévision, commentateurs sports, historiens et chefs cuisiniers se partagent la tâche d’articuler les fameux mots de la chanson, avec au passage, un caméo de Danny Brown pour ajouter un peu de piquant. Le plus fou là-dedans, c’est que c’est vous qui avez le contrôle de la télécommande.

Plus récemment, Carly Rae Jepsen a fait le coup avec nul autre que Tom Hanks pour sa chanson I Really Like You en prouvant hors de tout doute (si quelqu’un était encore sceptique) que la formule fonctionne encore à merveille. En donnant un angle nouveau à une musique qu’on croit déjà connaître, ou plus simplement en permettant à des visages connus de piquer notre curiosité, la pratique de l’eltonjohnisme reste efficace aujourd’hui.

Et au Québec?

Ici aussi, les tendances eltonjohnistes sont bien en vie. Si Loud essaie de nous convaincre que toutes les femmes savent danser, une chose est sûre : en clip plusieurs d’entre elles connaissent par cœur les rimes de sa chanson. Les Trois Accords se sont également mis de la partie, il y a quelques années,  en nous donnant à voir la magnifique Les dauphins et les licornes, mise en image dans une vidéo où un quatuor de jeunes individus s’échangent des cartes à jouer en même temps que les mots du chanteur.

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