Marie-Mai au Centre Bell : bar ouvert, huîtres et Caroline Néron en pantalon cargo

Incursion dans les coulisses de la première médiatique de Marie-Mai au Centre Bell.

Le gratin du vedettariat québécois s’était donné rendez-vous au Centre Bell vendredi dernier pour exister sur Instagram, à l’occasion de la première médiatique du nouveau spectacle de Marie-Mai. Visite guidée de ce haut lieu d’opulence.

En sortant du métro Bonaventure, nous suivons notre instinct vers l’entrée V.I.P., auquel nous avons été conviés avec générosité par l’équipe des relations de presse de notre popstar québécoise préférée après Gabrielle Destroismaisons. Aux abords de la cour Rio Tinto, cette bannière indicative semble avoir été victime de la Marie-Mai mania.

À 18h20 bien tapantes, nous attendons bien patiemment l’ouverture de la zone convoitée avec des gens tout aussi fringants que nous. «Je vous demanderais de dégazer le passage», nous dit à deux reprises une employée en charge de la logistique.

Nous apercevons notre toute première vedette de la soirée : Maxim Martin.

Au passage, nous le félicitons pour son tout nouveau poste d’agent de sécurité.

Une bonne gang de raques à cintres nous fait ensuite l’insigne honneur de se faire transporter devant nous. Voyez en exclusivité les contorsions de l’équipe de professionnels du Centre Bell pour tenter de les maîtriser.

18h30 sonne, et nous passons avec succès le détecteur de métal. «OK! On y va un par un», nous lance alors un Maxim Martin autoritaire et couillu.

Le rêve est à notre portée.

Gracieusement donnés à l’entrée de la zone des élus de la société, ces bâtons de lumière promotionnels nous font chaud au coeur.

Le couloir qui mène au tapis rouge nous dévoile la collection printemps-été de Marie-Mai.

Une fois entrés dans la zone, nous découvrons la suite de la collection sur écran géant.

C’est avec une joie relative que nous apprenons l’existence d’un bar ouvert. Accueilli avec une excitation incommensurable par la plupart des gens sur place, cet hommage bien évident à l’émission déclassée de Christian Bégin provoque toutefois d’importants dilemmes aux courageux alcooliques qui traversent actuellement leur mois sans alcool (lire : moi pis genre deux autres personnes).

Les tentations seront nombreuses tout au long de la soirée, mais ensemble, nous vaincrons.

Pour oublier notre triste sort, vaut mieux profiter de ce buffet encore intouché avant que Jean-Sébastien Girard arrive.

Trop tard.

Obnubilés par tant d’aura et de charisme, nous attendons qu’arrive la prochaine grande vedette. C’est avec une stupéfaction oscillante que nous accueillons Trevor Guthrie, le chanteur de la formation pop canadienne SoulDecision qui a été populaire trois jours à l’été 1999. À ce jour, impossible de savoir si tout ceci n’était que fabulation ou bien le fruit d’un flash beaucoup trop prononcé.

Au tour de l’animatrice de Dans ma caméra de venir s’installer sous les feux de la rampe.

Est-ce Étienne Boulay ou bien un investisseur branché qui sort d’un 5 à 7 au Ping Pong Club après avoir fait des promesses à deux jeunes créatifs qui viennent de partir leur start-up dans le Mile-End?

Les paris sont ouverts.

On reprend notre souffle quelques instants à l’arrivée de Caroline Néron. Décidément, ses déboires financiers ont eu un impact direct sur son look des grandes soirées mondaines qui, en gros, se résume à un hoodie, une croix au cou comme son boy Éric Lapointe et des pantalons cargo d’armée.

La revoici dans un flou aussi vif que le plan qu’elle a soumis à ses créanciers.

Notre caméra d’iPhone traverse une période difficile, comme en témoigne cette photo très avantageuse de Chantal Lacroix et/ou Macchabée.

On profite avec une joie désopilante du spectacle capillaire de la fille qu’on voit tout le temps dans plein d’émissions sans jamais vraiment vouloir savoir c’est qui.

Pendant ce temps-là, le gars qui a fait l’excellente chanson pour encourager les Canadiens durant les séries éliminatoires de 2013 vient nous rappeler qu’il existe encore.

Tout comme nous, le gars de Crampe en masse a l’air de se demander ce qu’il fait là.

Tranquillement mais sûrement, on nous demande de quitter la zone V.I.P., car – on le rappelle – il y a un spectacle ce soir. Devant cette invitation de plus en plus pressante à sacrer notre camp, nous profitons allègrement des derniers moments du buffet.

Pas de quoi bousculer l’horaire de l’animatrice de RDS et/ou de Canal Vie, bien assise dans un divan jaune moutarde à jouer à Candy Crush.

En route vers le petit coin, nous entendons la phrase la plus percutante de la soirée : «Elle c’est Marie-Chantal Perron, mais tu peux l’appeler Minou»

Sans l’alcool comme porte de sortie, une boisson aux effets multiples toniques s’impose.

Nous regagnons nos sièges attitrés pour un spectacle qui s’annonce tout aussi palpitant que son prélude. Véritables phares dans la pénombre, nos sabres laser promotionnels ont un effet retentissant auprès de nos voisins.

Les premières notes d’Empire annoncent le début du spectacle. Malgré une amorce un peu timide, la performance laisse rapidement entrevoir de nombreuses péripéties. Capable d’exécuter des chorégraphies avec souplesse, de se pitcher d’un bord et de l’autre du stage, de chanter par terre, assis ou debout en faisant de l’aérobie, Marie-Mai témoigne d’une fougueuse polyvalence.

A plusieurs reprises, elle prend le temps de parler à ses milliers de fans avec sincérité.

«Ce soir, je décolle avec vous », dit-elle, presque sur le bord de brailler de bonheur.

«Le pouvoir, c’est l’unité et la diversité. Ceux qui utilisent mal leur pouvoir, ça m’impressionne pas!» lance-t-elle avec une vivacité incisive qui n’est pas sans rappeler celle qui animait Pierre Bourgault à l’époque où les débats politiques voulaient encore dire quelque chose.

Quelques moments forts en rafale : la guitare impétueuse de Mentir, le remaniement funky-ish de C.O.B.R.A., le moment bras/cellulaires/lightsticks dans les airs d’Encore une nuit, le remix mélancolique de Qui prendra ma place et la vente de cotons ouatés Elle à 60$…

…ainsi que cette vignette souvenir d’un des joueurs les plus importants de l’histoire de la Ligue nationale de hockey.

À la fin du spectacle, nous sommes conviés à retourner à l’espace V.I.P. pour faire à nouveau le plein de victuailles.

Nous croquons à pleines dents dans ces côtelettes bien relevées.

De plus en plus seuls à profiter de la boustifaille, nous commençons à penser à sacrer notre camp.

Mais, la fin étirée de mon petit drink à base de club soda et de jus de canneberge m’amène tout près d’un quatuor d’influenceurs venus souligner leur passage à coups de selfies. En regardant avec attention la teneur de leurs activités sociales, je remarque qu’ils sont en compagnie de la personnalité la plus charismatique de la soirée depuis le départ d’Étienne Boulay vers un bar à vin du centre-ville.

Profitant d’un timing improbable, j’intercepte donc Marie-Mai pour lui parler des vraies affaires : l’absence des chansons Il faut que tu t’en ailles, Tu t’en fous et Chante de son setlist. Pourtant, lui rappellé-je, ces trois chansons sont des piliers de sa carrière.

«Ouf… Ça doit faire 10 ans que je les joue pus, ces tounes-là», m’annonce-t-elle, comme pour briser mes rêves. «… Mais tu devrais écouter mon dernier album, y’a vraiment des bonnes chansons dessus. Fais ça demain en te levant.»

J’accepte la mission avec honneur et couronne au passage cet échange des plus fructueux avec un cliché digne des plus grands photoshoots de Hollywood PQ.

Bref, un vendredi de rêve.

Idéation et/ou photos : Olivier Boisvert-Magnen, Stéphanie Robi et Valérie Christin

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