Mois de l’histoire des noirs : 5 chansons québécoises à découvrir

Célébrons l'excellence noire de notre belle province.

La semaine dernière, j’ai décidé de mettre ma plume au profit du mois de l’histoire des noirs en vous partageant ces 5 petits bijoux.

Je fais à nouveau la démarche cette semaine, mais en concentrant toutes mes énergies sur la culture queb et les artistes d’ici. Encore en 2019, l’histoire officielle de la musique semble occulter la diversité, même dans la belle province. En tombant sur des listes comme celle-ci (spoiler alert : c’est un top 10 des meilleurs albums fleurdelysés ever, compilé cette année, et vous l’aurez deviné, c’est très homme et très très blanc), on a l’impression que quelque chose cloche. Les faits racontent pourtant une autre histoire : Montréal a déjà porté le titre de Nouvelle-Orléans du Nord. La preuve, des Oscar Peterson ou des Charles Biddle donnent désormais leur nom à des salles ou des concours, pendant que le rap et la scène électro d’ici s’émancipent et enthousiasment toute une jeune génération.

Avec le souci d’éveiller votre curiosité et le devoir de remettre les pendules à l’heure, j’ai choisi 5 pièces d’ici, définitives, et définitivement noires à découvrir.

Marius Cultier — Diamant

On décrit souvent Montréal comme une ville de passage où des artistes en transition viennent tenter leur chance. Si le côté « tremplin » de la métropole a fait effet sur la carrière des Mac Demarco et Grimes de ce monde, il en est de même pour Marcus Cultier, un célèbre pianiste d’origine martiniquaise. Il était déjà un artiste chouchou dans son patelin avant de venir faire un tour du côté du Québec en 1966, alors qu’il devait rester pour quelques jours à peine. Après un séjour qui aura finalement duré 8 ans, Marcus rayonne depuis en Amérique et fait des remous jusqu’en Europe. Un moment décisif : l’Expo 67, lors de laquelle une série de concerts de grande envergure ont révélé le personnage à un vaste public. Avant sa mort dans les années 80, le prodige aura béni le monde d’une pléthore de tracks à couper le souffle

Boule Noire — Et Je

En plus d’être une des figures de proue du disco et du funk québécois, Boule Noire (a.k.a. Georges Thurston) a écrit des hits pour les reines du glitter Toulouse, arrangé quelques morceaux de Robert Charlebois et Michel Pagliaro, sorti un album reggae emblématique et fondé sa propre étiquette, Magique, plateforme de rayonnement pour sa musique et celle de ses proches collaborateurs. Boule Noire, c’est au fond un p’tit gars de Saint-Jérôme à l’enfance un peu échevelée qui s’est hissé peu à peu en icône incontournable de nos années 70. Pendant des années, il nous fera danser et aimer un peu plus la vie comme lui l’a aimé.

Muzion — La vi ti-neg

Est-ce qu’on pouvait vraiment parler de la musique noire au Québec sans parler de nos Fugees nationaux, les mythiques Muzion? Au risque d’être basic, je persiste et signe : La vi ti-neg est le hit de l’été ’99. Un peu comme Tassez-vous de d’là des Colocs nous aura fait apprendre par cœur un refrain en wolof (merci El Hadji et Karim Diouf), la chanson du trio formé de DramatikImposs et J.Kyll aura mis sur les lèvres des Québécois des paroles en créole haïtien, en plus d’ajouter Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension sur la carte des quartiers névralgiques du rap. 

Ilam — Mi Soussi

Ilam veut dire « eau de l’espoir » en peule, langue qu’a choisi Abdoul Karim Tall autant qu’elle l’a choisie. Sur un répertoire qui tangue entre le blues africain et l’afro pop, le Sénégalais issu de la communauté Toucouleurs affûte ses riffs de guitare et son chant plaintif au lyrisme imprenable. Il remporte en 2016 la révélation de l’année Radio-Canada, quelques années seulement après être venu s’installer dans la province. Comme quoi l’eau de l’espoir a la cote au Québec.

Odile Myrtil — Ezili II (Mixtape)

Nous sommes en 2019. Montréal gagne peu à peu la réputation d’être la nouvelle Berlin. Le pot est légal, une ligne rose est probablement en voie d’être construite, chaque pleine lune est le prétexte à de secrètes festivités nocturnes. Ceci n’est pas un récit de science-fiction (à part pour la ligne rose), mais bien la réalité tangible d’une culture urbaine en pleine effervescence. Parmi les coupables se trouve Odile Myrtil, DJ, musicienne et figure clé des Moonshine, ces soirées mensuelles qui redéfinissent le nightlife montréalais. Les talents multiples d’Odile s’expriment autant dans ses mixtapes, que dans ses collabos ou ses œuvres originales.

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