Primeur vidéoclip : Nuages de Choses Sauvages

On a discuté avec eux des défis de réalisation du clip.

Depuis leur lancement, dans une salle pleine à craquer à la fin de l’été 2018, Choses Sauvages a beaucoup fait jaser. Entre leurs DJs sets en ville et une tournée conjointe avec Foreign Diplomats à travers la province, les gars ont pris le temps de se laisser désirer avant de revenir à Montréal avec un spectacle complet. À quelques jours seulement de leur grand retour au Théâtre Fairmount, nous les avons rencontré pour discuter de ce concert à venir et de leur nouveau clip pour la pièce Nuages, lancé en primeur aujourd’hui sur URBANIA Musique et réalisé par l’un de leurs guitaristes, Marc-Antoine Barbier.

Offrir quelque chose de différent

Pouvez-vous m’expliquer le concept du clip pour Nuages ? Ça sort pas mal de l’esthétique « Choses Sauvages » qu’on connaît.

Marc-Antoine : Pour les deux premières tounes, on a décidé de faire quelque chose de plus lifestyle, de presque documentaire. Pour celui-ci, on voulait faire quelque chose de différent, de plus narratif. On voulait faire quelque chose d’un peu con. Une genre d’histoire absurde et épique avec le budget qu’on avait. Vu qu’on avait du cash, on s’est dit qu’on irait à fond. Avec un T-Rex (NDLR : le véhicule à trois roues qu’on voit dans le clip), des chevaux et qu’on irait se pitcher dans une chute et faire ça gros (rires).

C’est aussi la toune la plus dark de l’album avec des paroles super personnelles qui parlent du quotidien. J’avais le goût de faire contraste à ça avec une histoire grandiose qui ressemble au trailer d’un film fantastique dans le bois.

Tout ce qui tient [le concept], c’est l’idée des nuages qui nous poursuivent. Dans la toune, Félix dit : « J’ai si peur de crever en ce moment » et c’est un peu ça qui drive tout le clip. On sent tout le temps qu’il y a une genre de tension et que quelque chose nous poursuit. On voit des situations qui ne sont pas trop claires, mais on sent qu’il y a une quête pour s’enfuir d’un genre de monstre.

Félix : C’est ben buzzé.

Avant de lire la petite description qui vient avec le clip, j’avais jamais pensé à «Nuages» comme étant une toune qui parle d’anxiété. Je pensais que c’était juste l’histoire de quelqu’un qui est pas capable de laisser une personne avec qui ça marche plus.

Philippe : C’est sur que ce sujet-là peut amener beaucoup d’anxiété. De se dire : « bon, je suis pogné [dans cette  relation], est-ce que je veux vraiment m’en aller ou je veux rester ? »

F : Je pense que l’anxiété là-dedans vient du fait de manquer de respect à quelqu’un en étant infidèle et d’avoir à vivre avec ça.

Dans le clip, ce sentiment-là d’être « pogné », c’est représenté par l’espèce d’ambiance embrumée ?

M-A : On a créé un mood avec la brume dans la forêt, les nuages, le feu. Le but, c’était d’avoir une esthétique anxieuse qui montre qu’il y a une menace.

Tommy : Je pense qu’une bonne partie de l’univers de Choses Sauvages, c’est nos insides qu’on fait. Comme avec nos Doritos qu’on fait brûler. On se fait souvent parler de ça parce que les gens savent pas trop c’est quoi, mais c’est juste des insides entre nous. L’épée [à la fin du clip] est une autre de nos insides.

Vous n’aviez pas une épée à vendre dans votre merch pendant un moment ?

M-A : Oui, c’est ça. On avait l’idée de financer notre album en vendant des épées, mais ça a pas marché (rires).

M-A : L’idée, c’était d’ajouter, dans un vraiment beau contenant, ces petites choses-là qui font vraiment partie de notre univers pour que les gens qui nous suivent depuis un bout catchent ce que c’est.

Les autres clips fittaient avec l’idée que j’ai de Choses Sauvages, mais celui-ci sort beaucoup de l’esthétique « chummy dans un party d’appart » à laquelle on aurait pu s’attendre.

F : C’est parce qu’on avait de l’argent. Quand t’as pas d’argent, tu fais « chummy appart » (rires).

M-A : Les deux autres clips allaient vraiment ensemble. Il y en a un qui était sur la dépression hivernale, l’autre parlait d’être chaud dans les rues l’été. On voulait prendre les gens par surprise. Ils s’attendaient peut-être à un autre clip lifestyle. Même si on est dans un autre endroit, l’esthétique est pas complètement étrangère. C’est comme si on avait pris notre univers et qu’on l’avait mis dans quelque chose de plus grand.

Grandeur nature

Vous êtes allés filmer ça où ce clip-là ?

M-A : On a fait ça dans les Laurentides au début de l’automne et [les passages avec ] le T-Rex, c’était à Drummondville. Les deux autres clips sont très citadins, mais pour celui-là on avait envie de sortir de ce vibe-là et d’être en nature.

M-A : La chute c’était quand même extrême comme spot. On voulait filmer de nuit à la base, mais c’était trop difficile d’amener les lampes et tout.

P : Rendu là, tu marches sur des roches, mais tout est mouillé et c’est fucking glissant pis tu transportes de l’équipement.  

T : Marc était là, dans l’eau frette avec son wet suit

F : Pis il s’est pissé dessus !

Il faisait vraiment froid dans l’eau pis Marc il est sorti de là avec les mains gelées pis le cerveau qui commençait à geler, faque il parlait mou pis il disait : « Là, va falloir prendre un petit break parce que je commence à avoir le cerveau gelé pis j’t’en train de me pisser dessus ».

Pis, Marc, comment tu t’es senti à ce moment-là ?

M-A : À ce moment-là, je m’en câlissais pas mal (rires).

Un contenu qui discorde avec le contenant

J’ai toujours eu l’impression que dans Choses Sauvages, la musique c’est le party pis les paroles c’est le moment où le party est fini pis t’es tout seul chez vous. Est-ce qu’il y a de ça là dedans ?

F : Cet album-là, j’en ai écrit beaucoup, mais on a tous participé à l’écriture. Quand je suis arrivé avec les textes, c’était des trucs que je voulais dire, mais que je trouve qui sont dits un peu trop souvent dans la musique québécoise avec le contenant folk ou rock. Je trouvais ça le fun de pouvoir appliquer [ces choses dark] sur de la musique qui était pas déprimante.

M-A : Ça a fini par fitter avec notre quotidien où on fait le party et tout, mais où il y a quand même des issues qui sont là et dont on parle pas nécessairement ensemble.

Il y a cette dualité-là dans notre musique, qui est vraiment de party, mais où on peut aussi dire des choses plus dark.

Après avoir fait des shows un peu partout au Québec, comment c’est de revenir à Montréal avec vos fans, vos amis pour le show au Fairmount ?

T : C’est malade. Je parle pour moi, mais c’est un peu mon rêve de faire un show au Fairmount. J’en ai tellement vu de show là-bas. La vibe quand on va voir un artiste dont c’est le premier album et que c’est sold-out pis le gros party, c’est tellement beau. Que ça se passe pour nous, moi je tripe.

F : [Le projet], ça va plus loin que ce que je pensais. On pensait pas que notre lancement ce serait sold-out pis que genre 150 personnes pourraient pas rentrer.

T : On est un peu dépassés par les événements, mais c’est le fun.

Comment ça va être différent [le concert au Fairmount] d’un show de bar ?

F : On va faire une toune ou deux de plus pis on a changé le pacing (rires).

M-A : Le Fairmount, ça sonne bien, t’as un système de son qui crache pis le fait que la foule soit plus grosse, ce sera pas la même énergie qu’avec 50 personnes dans un bar.

F : La scéno compte beaucoup pour nous maintenant, ça aussi, ça change complètement le show.

M-A : On travaille avec la gagne de Pestacle, Philippe Marquis et compagnie, qui sont en train de nous monter un set-up nice. Il va y avoir plus d’éléments sur la scène…

F : Sans en dire trop, on va essayer de travailler avec la fumée aussi comme médium.

T : Des shows à l’Esco, au Divan Orange, on en a fait presque une centaine, c’est là qu’on a fait notre école. Dans une petite salle, le monde trash, ils font du body surfing, [au Fairmount] ça va être la même chose, mais à plus grande échelle.

Choses Sauvages sera en concert le 8 février prochain au Théâtre Fairmount. Pour plus d’infos, c’est ici.

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