On a discuté de féminisme avec Angèle

Pour la chanteuse française, ce n'est que le début (de son féminisme ET de son histoire d'amour avec Montréal)

Son concert aux Francos dimanche dernier (qui affichait complet depuis belle lurette) a fait danser et chanter son public comme jamais. En fait, la vague Angèle a engouffré Montréal dès l’arrivée de la chanteuse quelques jours avant. À preuve : les dizaines de « Ouah tu vas rencontrer Angèle! Chanceuse!!!!!! » que j’ai reçus par mon entourage et mes collègues.

Mais la vérité c’est qu’on a toutes les raisons d’aimer la jeune chanteuse : elle sait écrire avec fougue, attitude, mais aussi avec sensibilité. Elle a une maîtrise vocale impressionnante (voir ses vidéos Instagram) et elle sait mélanger chanson française et pop avec finesse. Elle possède un sens de l’humour totalement adorable. Et enfin, son coming-out de féministe par la chanson et l’éloquent vidéoclip Balance ton quoi a ébranlé moult esprits masculinistes.

J’étais curieuse d’en savoir plus sur l’aftermath du succès de cette chanson. J’ai eu la chance de lui poser directement la question.

Qu’as-tu retiré de ton expérience par rapport à la viralité de ta chanson Balance ton quoi?

Plein de choses. D’abord, c’était vraiment un apprentissage. J’ai réalisé qu’en m’intéressant à un sujet comme le féminisme, ce n’était que le début pour moi. C’était une prise de conscience.

Ce qui est intéressant c’est qu’autant quand j’ai écrit la chanson, je le faisais de manière un peu naïve, très spontanée et assez autocentrée parce que c’était à propos de moi, autant j’ai réalisé que le sexisme que je subissais était assez ordinaire et touchait plein d’autres femmes qui subissaient elles, d’autres malaises et d’autres formes de microagressions.

« Le féminisme, ça ne peut pas être juste un féminisme qui parle de femmes blanches, hétéros, cisgenres, ça doit être un féminisme intersectionnel. »

Et quand j’ai compris ça, j’me suis dit qu’en fait il y avait encore plein de choses, plein de sujets à aborder. Et un truc que j’ai compris, c’est que le féminisme ça ne peut pas être juste un féminisme qui parle de femmes blanches, hétéros, cisgenres, que ça doit être un féminisme intersectionnel. Et ce que je trouve très cool, c’est que ça reste un sujet dont il est assez simple de se renseigner. Il y a internet, plein de livres, plein d’ouvrages qui permettent de comprendre un peu mieux les différents combats, les différentes oppressions.

Je suis en pleine déconstruction par rapport à plein de choses, donc c’est hyper constructif pour moi.

Est-ce qu’il y a eu des effets négatifs?

[…] J’ai senti une vague… pas de haine, mais de peur. Une vague qui venait surtout du côté masculin, de certains hommes qui se sentaient vraiment en danger, qui sentaient leur virilité en danger, et j’ai compris que le message n’était peut-être pas encore assez clair. Et moi je pensais en sortant le clip que tout le monde allait comprendre que c’était assez simple, assez basique et pourtant ç’a été vraiment pris comme quelque chose presque d’extrême.

J’ai compris que quand on milite de quelconque manière, on va toujours se confronter à des gens qui sont contre nos idées.

Alors je me suis dit « Ah ouais ok en fait, j’me confronte aussi à tous les haineux, tous les misogynes avertis ».

Comment t’es-tu sentie face à cette vague de peur masculine?

Au début, j’ai eu peur parce que je recevais des menaces dirigées vers moi. Mais quand j’ai compris qu’on ne s’attaquait pas à MOI, mais à la chanteuse que je suis, j’ai réussi à prendre une distance, et puis voilà. Mais pareil, ça ne m’a donné qu’envie d’en connaître davantage et de pouvoir continuer à faire passer un message pour que le plus de monde possible puisse le comprendre. Même que j’ai espoir que ça pourra vraiment changer. Mais quand même, j’ai reçu des tweets assez inquiétants…

Sinon, d’un point de vue plus général, par rapport à ton album Brol et ta tournée, qu’est-ce qui te rend le plus fière?

Ce qui est le plus cool, c’est juste de remplir des salles, en fait. C’est tellement magique de pouvoir écrire des chansons dans ma chambre le soir et puis de me retrouver à les chanter quelques mois plus tard sur une scène avec des gens qui la chantent avec moi, c’est un truc magique, assez formidable.

Et y a un côté connexion à des gens, c’est très cool.

Et puis remplir des salles, j’avoue que c’est un truc de ouf. C’est ce que j’aime le plus.

Ce qui est très cool aussi, c’est qu’Angèle a annoncé qu’elle reviendrait à Montréal le 13 décembre prochain pour ne remplir nul autre que le Centre Bell. 

Faites vite, les billets sont en vente dès aujourd’hui à midi!

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