On a fait découvrir Les Respectables à nos collègues français

25 ans de rock en accéléré

1999. Le Québec entier tombe en amour avec Les Respectables. C’est qu’après avoir lancé trois albums en anglais, le groupe de la ville de Québec embrasse pour la première fois la langue de Molière (si on oublie Hola décadence et le bout en espagnol dans Amalgame). C’est un véritable raz de marée.

Les extraits radio s’enchaînent à un rythme fou : Homme 7-Up, L’argent fait le bonheur, Plaisir, Amalgame, Cambre tes hanches… on s’enligne sans le savoir pour une bonne décennie de hits.

2018. Le groupe fêtait hier ses 25 ans de carrière au Théâtre Outremont. On rapporte dans les médias que la salle était au tiers pleine. Et ça, chez URBANIA, ça nous brise le cœur.

Un groupe ayant fait la première partie des Rolling Stones au Centre Bell ne devrait pas descendre si bas.

Un groupe avec plus de 25 extraits radio en carrière devrait avoir un anniversaire à la hauteur de ce qu’il a offert à la nation québécoise.

Alors, on a décidé de trouver de la relève. On a présenté Les Respectables à nos collègues français, dans l’espoir d’en faire des fans. (On l’avoue, il s’agissait aussi d’une façon de déterminer si, au fond, on n’avait pas été collectivement hypnotisés par les déhanchements de Sébastien Plante au point de l’élever malgré nous au rang de rock star.)

Voici ce qu’ils ont pensé du band.

Les Français à l’écoute…

Sous les écouteurs, on retrouve…

Romain, directeur des ventes et du développement : beau gosse qui connaît son hip-hop.

Maud, designer : plus cool que toi et moi.

Cyrielle, directrice de production : ni plus ni moins la femme parfaite.

Édouard, directeur de la distribution numérique et de la croissance : archétype du Français baveux qui sait coder.

Homme 7-up

C’est unanime : personne ne comprend ce qu’est véritablement un homme 7-Up. Selon Maud : « Je m’attendais à ce qu’il y ai un rapport à la boisson gazeuse, mais non. Ou alors je ne l’ai pas trouvé. A la fin je ne sais toujours pas ce qu’est un Homme 7-Up. mais ça m’a l’air d’être un rebelle gentil. »

Romain, quant à lui, est confus : « Est-ce qu’ils sont sérieux ou c’est une parodie? Je ne suis pas très sûr étant donné que c’est mon premier contact avec ce band. »

Cela dit, nos collègues français s’entendent pour dire que cette chanson pourrait être celle d’un certain band français : « À la première écoute, j’ai pensé à Zebda, le groupe toulousain qui a fait Tomber la chemise », explique Romain. Cyrielle renchérit : « Ça me fait penser à eux dans le ton et le côté déglingo comique. »

Édouard, de son côté, se la joue provocant : « Je croyais qu’Homme 7-Up, c’était Les Colocs qui avaient fait un album après la mort de Dédé… I guess que ça ressemble vaguement à Tassez-vous de d’là. »

Amalgame

Romain se lance : « Je les prends davantage au sérieux. Je trouve la chanson plus crédible, mais j’ai quand même du mal à aller au bout de l’écoute. »

Cyrielle, de son côté, s’emporte : « Le métro boulot dodo et les maîtresses aux grosses fesses… Haha tu parles d’un amalgame! Et voyons que ça chante en espagnol d’un coup. Pourquoi? »

Maud, remplie de douceur, est à contre-courant. Elle s’inquiète : « C’est un peu mélancolique comme chanson. “Ma vie est un drame” / “éternellement malade”… Il a pas l’air bien le gars. »

Hola décadence

La piste plonge Édouard dans de bons souvenirs : « J’ai découvert les Respectables au Café campus. Ce fut la trame sonore de multiples french avec des inconnues sur la piste de danse, entre deux bières à une piasse (les Soirées Dollarama, pour les intimes)… »

Maud reconnaît aussi un certain érotisme à la pièce : « Alors là, c’est la teuf au chalet ! C’est la grosse débandade. Ça ressemble aux toutes premières soirées que tu organises chez toi quand tes parents sont partis pour le week-end. »

Romain, quant à lui, décrira la scène en des mots moins élogieux : « Sexe, drogue et rock’n’roll, mais en version un peu cheap. Certaines shots du clip sont très malaisantes, notamment dans le jacuzzi. D’ailleurs, il y a présence de boobs à l’écran, c’était autorisé? Je croyais que c’était juste dans le cinéma français… En tout cas, on dirait que Brice de Nice s’est inspiré du chanteur: le t-shirt, les cheveux, son attitude avec les femmes. Tout y est. »

Cyrielle poursuit de son côté sa lancée critique : « Les quatre premières secondes, c’est clairement du The Cure, ça me plait. Par contre, le refrain sonne à mes oreilles comme un mauvais chant de supporters dans un stade en délire. »

Romain scellera le cercueil : « Le refrain est catchy, mais je n’ai pas envie de ré-écouter. »

Verdict final

Notre mission a échoué. Nous n’avons pas trouvé de quoi garnir les rangs des fans des Respectables. Comment expliquer un tel désintérêt? On laisse le mot de la fin à Maud : « Ils parlent beaucoup de fiesta et d’amour, mais c’est toujours sage. »

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