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On a pris une bière avec Fria Moeras

L'artiste de Québec est une étoile montante de la pop.

Encore peu connue chez nous à Montréal, Fria Moeras est pourtant l’une des têtes d’affiche montantes de la nouvelle scène pop de Québec. Après un passage récent aux Francouvertes, la musicienne s’arrêtait la semaine dernière sur la Rive-Nord dans le cadre de la troisième édition du Festival Santa Teresa. On a saisi l’occasion pour aller prendre une bière avec elle et jaser de sa carrière, d’animaux, et rencontrer ses parents avec qui elle a fait la route.

Memes, musique et famille

Ce qui marque en premier chez Fria (c’est pas son vrai nom btw, mais on garde le mystère!), c’est sa facilité d’approche. La dernière fois que je lui avais jasé, c’était pour une entrevue jamais publiée lors des Nuits Psychédéliques de Québec l’an dernier et elle se souvient pourtant encore de moi, me jasant comme si j’étais un des ses grands chums. La conversation dérive d’ailleurs rapidement vers nos deux centres d’intérêts communs : les memes et la job de tech, qu’elle pratique encore comme job principale. Ça pis la musique en fait.

C’est à son père qu’elle doit une partie de ses connaissances et de sa motivation. Inscrite au secondaire en concentration musique où elle joue du saxophone, elle apprend au cégep que son paternel avait joué dans sa jeunesse du même instrument. Les deux commencent alors à s’intéresser de plus en plus à la musique, jouant et s’enregistrant de temps en temps. Fria apprendra par la suite la guitare et la voilà musicienne.

Se faire du fun

Même si elle est encore dans le début de sa vingtaine, Fria reste toujours assez lucide lorsqu’elle aborde sa jeune carrière. « Je suis déjà rendue à un moment où je veux juste me faire du fun. L’étape des concours, c’est fait, pis je peux me concentrer sur d’autres choses plus importantes maintenant. »

En effet, après seulement un EP et deux ans de carrière, la musicienne s’est lancée directement dans l’aventure des Francouvertes et du Cabaret Festif! de la Relève, où plusieurs attendent d’avoir déjà fait leurs preuves avant de s’inscrire. Loin de voir ça comme un désavantage, même si elle s’est fait éliminer au premier tour chaque fois, elle voit plutôt ça comme un défi bien relevé. « C’est rare que j’entre sur scène en sachant que tout le monde est là pour me juger et ça m’aura permis de me rendre compte de ce qui marche ou pas avec le band. Pour moi, c’est une victoire en soi. »

Habituée des festivals indépendants de Québec comme le OFF ou les Nuits Psychédéliques où elle a joué un peu plus tôt cette année, elle a visité quelques autres destinations au Québec et souhaite encore se faire voir et entendre cet été. Son passage en solo à Santa Teresa entre dans cette mission et laisse encore une fois au public l’occasion de constater son talent et son naturel. Devant la foule peu attentive et clairsemée du Saint-Graal, Fria ne se laisse pas abattre et gagne peu à peu le public à coup de blagues bien placées et d’animations détendues entre ses chansons.

L’art de bien s’entourer

Outre ses « bélugas », comme elle surnomme affectueusement ses bandmates, Fria a aussi su se monter une équipe qui sait l’épauler pour le mieux. « Je pense vraiment que si je suis rendue où je suis en ce moment, outre le talent pis ce que je fais en solo, c’est parce que j’ai rencontré les bonnes personnes. » Elle pense ici notamment à Jean-Étienne Colin-Marcoux, fondateur du Pantoum et programmateur de plusieurs festivals, ou encore à Émilie Tremblay, également du Pantoum et agente artistique. Le premier lui a offert certains de ses tout premiers shows tandis que la deuxième l’aide avec ses RP et son booking.

Ce sont aussi certains des premiers pros à avoir réellement reconnu son talent lorsqu’elle n’avait qu’une seule chanson démo enregistrée avec les moyens du bord dans le sous-sol de ses parents. C’est avec son premier EP, La peur des animaux, qu’elle viendra par contre leur donner raison et qu’elle se taillera une place de choix dans le cœur des journalistes de Québec.

Parce que c’est cliché à dire, mais tout le monde aime bien Fria. À un point où elle trouve même ça presque bizarre. « Je suis un peu tannée que tout le monde me voie comme une petite fille douce. J’ai le goût d’être bitch aussi des fois. » Et c’est d’ailleurs dans cette optique que la jeune musicienne s’est détournée peu à peu des chansons à tendance folk-pop qui l’ont fait connaître pour se lancer vers une formule beaucoup plus rock garage, avec des envolées de saxophone et des solos de guitare. On devrait pouvoir constater ce virage davantage sur les singles qui suivront cet été, ou pas. Encore une fois, le mystère plane!

Pour écouter la musique de Fria Moeras, c’est ici.

Pour suivre Fria Moeras, c’est là.

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