Petit éloge des shows en région

Oui, faire 3h de char pour voir son band préféré, ça vaut le coup.

Pour citer Kaïn, « awèye embarque ma belle j’t’emmène voir des shows en région. » Alors que tout le grand Montréal s’entasse au Corona/Club Soda/Centre Bell, choisir de prendre sa fin de semaine pour aller voir un show au Sea Shack de Sainte-Anne-des-Monts, c’est choisir d’être heureux. Et c’est quelque chose que tout mélomane devrait avoir vécu au moins une fois dans sa vie. Je vais vous expliquer pourquoi.

Boire la sueur de Malajube

Même s’il faut faire la route jusqu’à Saint-Hyacinthe pour un show alors que le gaz est à 1,50 $ le litre (coucou la madame toute seule à la manifestation contre le prix de l’essence!), ça vaut vraiment le coup, puisque ça nous rapproche de l’artiste. Au Zaricot, on tient à 200 spectateurs gros max, ce qui monte la probabilité de se faire baptiser le front par la sueur et les postillons de notre idole à 100 %. C’est ce qui arriva en ce jour béni de 2011, quand les petits Montréalais que nous sommes partageâmes une expérience mémorable et quasi-religieuse avec les fluides des membres de Malajube. Le petit goût de sel restera dans nos mémoires à tout jamais.

Payer un verre à Stéphanie Boulay

En plus d’assister au spectacle nez à nez avec les bands, on profite du fait que les petites salles de spectacles ont à peu près autant de loges que de subventions pour les aider à survivre. Dans de nombreux bars, point de backstage. L’avantage, c’est que les artistes se tiennent parmi le commun des mortels plutôt que de boire du champagne en face de leur miroir à ampoules (car c’est ce que j’imagine qu’ils font à Montréal). On peut donc leur serrer la main avant qu’ils montent sur scène et leur exprimer tout notre amour d’ivrogne, au bar, pendant l’after-party. Points bonus si vous vous situez dans leur coin d’origine. C’est rafraîchissant par rapport à Montréal, où certains fans poireautent des heures derrière le MTELUS dans l’espoir de faire signer leur vinyle préféré.

Voir les baleines

Mais que seraient les shows en région, sans la magie des régions elles-mêmes? Montréalais, on oublie trop souvent qu’il y a une vie au-delà de la 40, et on redécouvre à chaque échappée tout le bien que les régions nous veulent (genre la fois où j’ai découvert le Saguenay, les yeux tout écarquillés). Partir voir un show en région, c’est une expérience qui ravit, certes, nos oreilles et nos cœurs de fans, mais aussi nos yeux avec leurs paysages, nos langues avec leurs maudits bons restaurants, et nos bouches avec les frenchs des locaux accueillants et sur le party.

Dormir dans le char

Puisqu’on n’est pas des sauvages, on ne chauffera pas saoul au petit matin en espérant arriver à l’heure à la messe. On dormira dans l’auto à quatre ou cinq, et on se réveillera en sentant la sueur et le fond de tonne, mais avec vue sur la forêt, ce qui est toujours plus beau qu’Hochelag (les plus douillets d’entre nous pourront pieuter dans un B&B ou un AirB&B). Et puis on retournera travailler dans la grand’ ville, l’âme en peine mais les poumons pleins d’air frais.

J’espère que mon éloge n’a pas sonné trop naïf et condescendant, car c’est un amour sincère que je porte aux shows plus modestes et plus loin des métropoles. Allez, comme disent encore ces grands fous de Kaïn « Embarque ma belle, voir des shows en région, on va faire les fous on va faire l’amour, pis j’te jure qu’on va vivre vieux .»

Et pour vivre tous ces beaux moments en région, pourquoi ne pas y aller en Jetta?

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